Tech-Sciences

Biomimétique, imprimé en 3D, recyclé, connecté... voici le pneu du futur

I Publié le 19 Mars 2018

L'entreprise Goodyear a présenté un nouveau pneu durant le Salon international de l’automobile qui s’est tenu du 8 au 18 mars à Genève. Ce prototype est capable, selon ses concepteurs, de purifier l'air de nos villes grâce à la mousse végétale qui le compose.


Le pneu végétal Oxygène n'est encore qu'à l'état de prototype (Crédit : Goodyear)
Le pneu végétal Oxygène n'est encore qu'à l'état de prototype (Crédit : Goodyear)
Dimanche 18 mars s’est clôturé le Salon international de l’automobile 2018 à Genève. Durant cet événement, l'entreprise américaine Goodyear a fait sensation en présentant "Oxygene". Un pneu d'un nouveau genre composé de mousse végétale et visant à dépolluer l'air de nos villes.
 
Selon la firme, la mousse présente dans le pneu est capable par photosynthèse de nettoyer l’air en libérant de l’oxygène dans l’air et en absorbant du CO2. D’après l’entreprise, si les 2,5 millions de véhicules circulant dans Paris étaient équipés avec leur pneu, il y aurait une production d’environ 3 000 tonnes d’oxygène et l’absorption de plus de 4 000 tonnes de dioxyde de carbone chaque année. 

Si l’entreprise s’intéresse de très près au secteur de la ville, c’est que ce dernier est un gros enjeu pour les industries automobiles. La part de la population mondiale migrant vers les mégalopoles augmente en continu. Et d’ici 30 ans, près des deux tiers de la population humaine vivront en ville. Ceci dit, le pneu n’absorbe pas toute la pollution émise par les voitures à essence.

(Crédit : Goodyear)
(Crédit : Goodyear)
Pour que la mousse ne se dessèche pas et continue à réaliser la photosynthèse, il lui faut de l’eau. Pour répondre à ce problème Oxygene est composé d’une bande de roulement particulière qui absorbe l’humidité de la route. Cette humidité circule ensuite jusqu’à la zone constituée de mousse naturelle. Cela offre en plus une meilleure adhérence sur un sol humide qu’avec un pneu classique.
 
Mais ses capacités vantées ne s’arrêtent pas là. Ce pneu serait capable de générer de l’électricité, toujours par photosynthèse même si le procédé n'a pas été dévoilé dans les détails. Le pneu produirait, selon Goodyear, assez d'énergie pour alimenter ses capteurs et une bande lumineuse personnalisable censée envoyer des signaux d’information aux autres usagers et aux piétons, comme le font les clignotants.
 
Oxygene est doté par ailleurs d’un système de communication LiFi (communication par lumière visible) qui permet un échange de données, par exemple entre deux véhicules qui se croisent ou entre un véhicule et la route.

Le pneu innove sur un autre aspect. Il n’est pas fabriqué de façon classique mais par impression 3D, à partir de poudre issue de pneus recyclés. Résultat, le pneu est léger et ne nécessite pas, en principe, d'être remplacé aussi souvent que les pneus traditionnels.
 
Pour l'entreprise, la présentation de ce prototype fait partie d'une stratégie de stimulation de créativité pour ses équipes. Ce projet, que l'entreprise développera dans les prochaines années, est aussi une manière selon la firme de provoquer un débat autour de la mobilité intelligente et durable.

Mais si Goodyear met en avant la dimension écologique et technologique de son pneu, il ne dit rien à propos de l'énergie grise nécessaire à sa fabrication. D'ailleurs, si les voitures ne roulaient pas du tout, il y aurait encore moins de pollution, avec ou sans ce pneu.













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