Société-Économie

Bonheur, vision de l'avenir, pouvoir d'achat... Qui sont les Gilets jaunes?

Quatre mois après le début du mouvement social, l'Institut Montaigne et le cabinet Elabe publient les résultats d’une enquête menée auprès de Gilets jaunes, précisant leurs profils et leurs revendications.

Par Pauline Vallée I Publié le 27 Mars 2019


Sur les 10 000 personnes interrogées par Elabe, environ 2 000 se sont définies comme "Gilets jaunes". (Crédit : Wikipedia)
Sur les 10 000 personnes interrogées par Elabe, environ 2 000 se sont définies comme "Gilets jaunes". (Crédit : Wikipedia)

Les manifestations des Gilets jaunes s’enchaînent tous les samedis depuis le 17 novembre 2018, une longévité inédite pour un mouvement social, encore soutenu par 53 % des Français.

Qui sont au juste ces manifestants et quelles sont leurs attentes ? Occupants de ronds-points, manifestants aux Champs-Élysées, partisans du Référendum d’initiative citoyenne (RIC) ou défenseurs du diesel... La couleur jaune rassemble des profils et des revendications qu’aucun parti politique ou syndicat n’a pour l’instant réussi à fédérer.

Pour mieux cerner le mouvement, l’institut Montaigne et le cabinet d’étude Elabe ont donc réalisé une vaste enquête sociologique. Sur les 10 000 personnes interrogées entre le 14 décembre et le 8 janvier dernier, environ 2 000 se sont déclarées “Gilets jaunes”, soit 21%. Un pourcentage qui semble très important, si l'on considère les chiffres des manifestations (282 000 personnes le 17 novembre selon le ministère de l'Intérieur... soit 0,55% de la population française majeure vivant en métropole).

Que nous enseignent les résultats de cette étude, publiée le 21 mars ?


UNE POPULATION PRÉCAIRE

D’abord qu’il s’agit d’un mouvement mixte (53 % d’hommes, 47 % de femmes), impliquant essentiellement les plus de 50 ans.

La majorité des répondants appartiennent aux catégories socioprofessionnelles les plus précaires : un Gilet jaune sur quatre est ouvrier, un sur cinq est employé. 50 % d’entre eux n’ont pas le bac.

S'ils sont 57 % à occuper un emploi, leur situation économique est un sujet de préoccupation constant. “La moitié des Gilets jaunes cherchent systématiquement les prix les plus bas lors des courses alimentaires et les deux tiers lors de l’achat de vêtements et de chaussures”, précise l’étude.

Un Gilet jaune sur deux déclare également se retrouver régulièrement à découvert, en moyenne dès le 17 du mois.


L'EXIGENCE DE PLUS DE JUSTICE SOCIALE

Parmi les sujets qui préoccupent le plus les Gilets Jaunes, le pouvoir d’achat arrive en tête (cité par 50 % des sondés), suivi – dans l'ordre – des retraites, de l'emploi, de l’immigration et des inégalités.

L’écart entre les hauts et les bas salaires, les inégalités et la fraude fiscale sont les trois sujets qui suscitent le plus "l’indignation" des sondés.
 

À lire aussi : Colère des Gilets jaunes : regardons les inégalités en face


La majorité se montre très pessimiste sur sa situation actuelle et à venir, traduisant un fort sentiment de déclassement. 69 % estiment ainsi que leurs parents vivaient mieux qu’eux au même âge. Ils sont aussi moins nombreux que la moyenne des Français à se déclarer heureux (64 % contre 73 %). 


DÉFIANCE VIS-À-VIS DES REPRÉSENTANTS POLITIQUES

Ils ont souvent été assimilés aux électeurs d’extrême-droite ou aux militants de la gauche radicale. 33 % des Gilets jaunes ayant répondu à l’enquête se considèrent pourtant comme apartisans, bien devant les 19 % se déclarant proches du Rassemblement National et les 10 % de sympathisants de La France insoumise.


(Crédit : Elabe)
(Crédit : Elabe)

La crise confiance des Gilets jaunes envers la classe politique touche cette dernière dans son intégralité. Les trois quarts se méfient des partis, un sur deux de son député. Le président de la République est la figure la plus critiquée : 80 % des interrogés déclarent ne pas lui faire confiance.

Une défiance qui s'exprime aussi à l'encontre des institutions européennes, et pourrait ainsi influer sur les élections de mai prochain. Environ 60 % des Gilets jaunes considèrent que l’appartenance de la France à l’Union européenne induit plus d’inconvénients que d’avantages...
 

Retrouvez ici le détail des résultats de l'étude













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