Planète

COP24 : le dernier avertissement des ONG

Du 2 au 14 décembre prochain, la COP 24, conférence internationale pour le climat, aura lieu à Katowice, en Pologne. Depuis la publication en octobre dernier du rapport alarmant du GIEC, l’urgence est claire : les États ont une décennie pour agir.

Par Louise Bugier I Publié le 29 Novembre 2018


Des marches pour le climat sont prévues dans le monde entier au moment de la COP 24 (Crédit : Jeanne Menjoulet)
Des marches pour le climat sont prévues dans le monde entier au moment de la COP 24 (Crédit : Jeanne Menjoulet)

Selon les ONG, la France ne peut certainement pas se placer en donneuse de leçons par rapport aux autres pays pendant la COP 24 (Crédit : torange.biz)
Selon les ONG, la France ne peut certainement pas se placer en donneuse de leçons par rapport aux autres pays pendant la COP 24 (Crédit : torange.biz)

La France, mauvais élève parmi les cancres

Ce lundi se tenait une conférence de presse organisée par le Réseau Action Climat où différentes ONG ont poussé un énième cri d'alarme. Parmi les 7 représentants d’ONG présents autour de la table (Oxfam, WWF, Secours Catholique Caritas, GreenPeace…), tous s’accordent pour dire que la France part à la COP24 sans aucune crédibilité. "L’augmentation des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre est la seule décision récente du gouvernement", ironise Jean-François Julliard de GreenPeace, en référence au dépassement du volume maximum d'émissions de gaz à effet de serre.
 
"La France comme l’Europe ne font que repousser leurs objectifs mais si le rapport du GIEC montre une chose, c’est qu’il n’y a plus de temps », rappelle Célia Gautier, responsable climat-énergie à la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), « et ce sont les populations les plus démunies qui payent le prix".

Une transition juste

Ces injustices, les États doivent absolument les prendre en compte selon les ONG, "parce qu’il ne suffit pas de faire une transition écologique, il faut une transition juste", insiste Pierre Cannet du WWF. La violation des droits humains, l’accaparement des terres, les dangers pour la santé, les atteintes aux droits des peuples autochtones… les menaces d’une transition déraisonnable sont nombreuses. Pour Émilie Both d’Oxfam France, "il faut que les pays développés affichent une solidarité financière avec les États en voie de développement et envoient des signaux forts de solidarité climatique".
Les biocarburants, par exemple, pourraient représenter un danger pour les forêts dans l'état actuel des choses (Crédit : NASA)
Les biocarburants, par exemple, pourraient représenter un danger pour les forêts dans l'état actuel des choses (Crédit : NASA)

Au sein même du pays, l’actualité démontre d’un manque d’accompagnement de l’État : "le gouvernement ne répond pas à la colère et à l’incompréhension, notamment des Gilets Jaunes, et nous, on a de plus en plus de mal à faire comprendre le besoin de transition écologique aux Français", regrette Célia Gautier de la FNH. Car la réponse à la crise sociale est indispensable, "la transition écologique ne se fera qu’avec un pays fort et des citoyens qui comprennent", insiste-t-elle.

Les enjeux de l’Accord de Paris

Lors de la COP24, un défi de taille attend les États participants : adopter un corpus de règles pour inciter les pays à appliquer l’Accord de Paris, négocié en 2015. La crédibilité de l’accord est en jeu puisqu’il s’agit de démontrer que les décisions prises à la COP21 ne resteront pas sans lendemain.
 
"L’enjeu est d’autant plus important que c’est à la mode en ce moment de sortir de l’Accord de Paris", soupire Célia Gautier, en référence au retrait des États Unis de Donald Trump, que promet également Jair Bolsonaro au Brésil. "Il devrait y avoir des sanctions. Lorsqu’il y a des problématiques de droits humains, les États peuvent se permettre de mettre en place des répercussions commerciales, alors pourquoi pas pour le dérèglement climatique ?", conclut-elle.
La COP 21, en 2015, avait abouti sur l'Accord de Paris, réunit 196 pays (Crédit : COP Paris)
La COP 21, en 2015, avait abouti sur l'Accord de Paris, réunit 196 pays (Crédit : COP Paris)

Ces deux semaines de conférence internationale sont donc décisives : les États y seront, plus que jamais, mis face à leur responsabilité quant au climat. Et les citoyens attendent leurs dirigeants au tournant. Comme en 2015, de nombreuses manifestations auront lieu, notamment samedi 8 décembre dans des centaines de villes à travers le monde. Un nouveau cri d’alarme, qui se fait de plus en plus pressant.












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