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Ces projets Blockchain toujours plus disruptifs

I Publié le 16 Juin 2016

Stockage de fichiers, musique, transport de personnes… De nombreuses start-up exploitent déjà ce système d’échange affranchi de toute autorité centrale. Voyage au cœur de la blockchain, dont chaque utilisateur est un maillon.


Rarement une technologie aura suscité autant d’intérêt (Illustration : Benjamin van Blancke; DR)
Rarement une technologie aura suscité autant d’intérêt (Illustration : Benjamin van Blancke; DR)
Rarement une technologie aura suscité autant d’intérêt. Au cours des derniers mois, elle a fait la couverture des magazines les plus respectés de la presse économique anglo-saxonne.

Microsoft l’a ajoutée à son offre logicielle, quarante des plus grandes banques mondiales en ont testé différentes variations, Hitachi et Philips lui ont ouvert des centres de recherche dédiés, l’émirat de Dubaï lui a créé un "Conseil global", regroupant une trentaine d’agences gouvernementales et entreprises multinationales, et, en France, l’Assemblée nationale lui a consacré un colloque, tandis que le ministre de l’Économie annonçait vouloir la tester.

La blockchain, surgie de la vaste boîte de Pandore ouverte par Bitcoin, est partout, sur toutes les lèvres et, semble-t-il, dans tous les agendas. Pourtant, derrière ce mot un peu obscur, en passe de devenir un mot-valise, se cachent différentes réalités, et une grande diversité – d’acteurs, de technologies et, surtout, d’usages.

Plus de 600 crypto-monnaies et autant de blockchains indépendantes

Les blockchains existantes émanent aussi bien de communautés de passionnés ou d’ambitieuses start-up que de grandes entreprises. Si la principale blockchain, aujourd’hui, demeure celle de Bitcoin – un fichier d’une soixantaine de Go, partagé par des milliers d’ordinateurs dans le monde pour former le réseau Bitcoin et valider les transactions dans la monnaie éponyme –, elle n’est pas la seule.

On dénombre actuellement plus de 600 crypto-monnaies – et donc autant de blockchains indépendantes – apparues dans la foulée de Bitcoin, cotées sur les marchés, formant des flux financiers et informationnels permanents et démontrant au quotidien la puissance et l’intérêt du concept. D’autres apparaîtront, pouvant être publiques (comme celle de Bitcoin) ou privées, émanant d’entreprises ou même de gouvernements.

La principale blockchain, aujourd’hui, demeure celle de Bitcoin – un fichier d’une soixantaine de Go, partagé par des milliers d’ordinateurs dans le monde. (Crédit : DR)
La principale blockchain, aujourd’hui, demeure celle de Bitcoin – un fichier d’une soixantaine de Go, partagé par des milliers d’ordinateurs dans le monde. (Crédit : DR)
Au plan technologique, une blockchain est une chaîne formée de blocs de données liés les uns aux autres, sécurisée en peer-to-peer, de façon pérenne et réputée infalsifiable. Différents algorithmes cryptographiques peuvent être utilisés, mais aussi différentes méthodes pour récompenser les utilisateurs participant à la sécurisation de la chaîne.

La blockchain Bitcoin (et beaucoup d’autres) repose sur des calculs complexes nécessitant une forte puissance informatique : les ordinateurs concourant à valider les transactions et à assurer l’intégrité de la chaîne sont récompensés par l’attribution de bitcoins nouvellement créés (un processus appelé "minage").

Plus un utilisateur "bouge", mieux il participe à sécuriser la chaîne

C’est le principe de "Proof of Work" (PoW), jugé peu économe, voire peu écologique, car impliquant des ordinateurs calculant sans relâche. Pour autant, il serait simpliste de dire que toute blockchain repose sur le calcul. Une centaine des crypto-monnaies existantes s’appuient sur le "Proof of Stake" (PoS) : le simple fait de posséder une monnaie donnée suffit pour participer à sécuriser sa blockchain, qui fonctionne donc sans "travail informatique".

Du reste, d’autres méthodes pour valider les blocs ont été imaginées. On a même vu des blockchains reposant sur l’effort physique : via une appli mobile, plus un utilisateur "bouge", mieux il participe à sécuriser la chaîne ! Un jour, peut-être, votre mobile – ou votre frigo – servira à sécuriser des échanges sur une blockchain, dont il sera l’un des maillons.

Dans leur formidable diversité, les blockchains ouvrent donc des possibilités quasi illimitées; (Crédit : DR)
Dans leur formidable diversité, les blockchains ouvrent donc des possibilités quasi illimitées; (Crédit : DR)
Les blockchains ne sont pas seulement des bases de données distribuées, décentralisées et sécurisées. Elles forment aussi une armature sur laquelle développer des applications innovantes, elles-mêmes décentralisées.

Ainsi, si plusieurs des crypto-monnaies dites de "deuxième génération", comme Ethereum, NXT, NEM ou BitShares, sont des blockchains, elles constituent en fait de véritables environnements de développement logiciel, d’un genre inédit, autorisant par exemple la création de "contrats malins" (smart contracts) : des transactions programmables, dont les données sont inscrites de façon immuable dans une blockchain, mais qui ne sont déclenchées (de façon automatique) que si des critères préétablis sont respectés.

Dans leur formidable diversité, les blockchains ouvrent donc des possibilités quasi illimitées, avec des applications dans tous les domaines, bien au-delà du seul champ financier. Quelques familles d’applications émergent déjà. Suivez le guide…

Des contenus monétisés et non censurables

Pour l’internaute, l’aspect le plus visible de la "révolution blockchain" prendra la forme de services innovants en matière de distribution des contenus numériques. Décentralisation et micropaiements ouvrent la perspective d’un Internet redistribué, impossible à censurer et, peut-être, dépourvu de publicité.

Comme Alexandria, basé sur Bitcoin et Florincoin, le projet suisse veut devenir une plateforme décentralisée pour diffuser tous types de contenus – blogs, ebooks ou vidéos –, les auteurs étant directement rémunérés par les lecteurs. DATT ou Synereo entendent, eux, décentraliser les réseaux sociaux via l’utilisation de blockchains gérant les interactions entre utilisateurs et mesurant leur influence. Avec Joystream se diffusent déjà des fichiers BitTorrent, chaque téléchargement étant payé en bitcoins. 

Plusieurs projets comptent bien "réinventer l’industrie musicale", comme Ujo (Ethereum), Peertracks (Muse) ou BitTunes (Bitcoin) : tous se caractérisent par une rémunération directe des artistes par leurs fans, et parfois une gestion très fine (et automatisée) du paiement des royalties aux ayants droits.

Le cloud virtualisé

Et si nous n’avions pas besoin des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) pour stocker nos données ? Les blockchains permettent de décentraliser le stockage de données, d’internaute à internaute. Les données stockées sont découpées et encryptées, seul leur émetteur possédant la clé pour les déchiffrer.

Les utilisateurs forment ainsi un cloud virtuel entièrement décentralisé et sécurisé, offrant une capacité de stockage quasi illimitée. Plusieurs solutions, s’appuyant sur leurs propres blockchains, s’affrontent sur ce terrain convoité. La plus avancée, 
Storj, a dépassé le seuil de 2 Po (deux millions de Go) de données stockées, tandis que la solution concurrente Sia stocke déjà 270 000 fichiers.

Et l’on peut aller au-delà du cloud : 
ZeroNet, s’appuyant sur les blockchains Bitcoin et Namecoin, veut constituer un Internet alternatif, avec un "web sans serveur", où toutes les informations circulent en peer-to-peer.
Lire la suite de l'article dans la revue We Demain  n°14.





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