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Cette coque d'iPhone détecte les armes

Par Claire Commissaire I Publié le 8 Juin 2018

Baptisée "Sword", cette coque de téléphone portable est capable de scanner et détecter à plusieurs mètres de distance si un individu porte une arme.


(Crédits : capture d'écran Youtube)
(Crédits : capture d'écran Youtube)
Les coques d’iPhone, vous en connaissez plusieurs : il y a celle rigolote en forme de licorne, celle dans laquelle vous pouvez glisser votre carte de crédit, celle qui recharge votre téléphone… Et si demain, elle pouvait détecter les individus portant une arme ? C’est tout l’objectif d’un projet baptisé Sword, lancé par la start-up Royal Holdings.



On s’en doute : l’idée vient des Etats-Unis, touchés à répétition par les tueries de masse. Ainsi, simplement en pointant son smartphone vers un individu ou même une foule, Sword serait capable de détecter une arme (pistolet, couteau ou explosif) même contenu dans un sac ou une valise, ou encore d’identifier un individu recherché... . Pour ce faire, Sword exploite le système des ondes radio via des antennes intégrées dans l'étui, qui fonctionne grosso modo comme un sonar. Le but ? Se passer des dispositifs de contrôle souvent longs et fastidieux, comme on en trouve dans les aéroports ; mais aussi, en déployer là où il n’y en avait pas, comme dans les écoles par exemple.


Ondes radio, intelligence artificielle, machine learning... Comment ça marche ce truc ?

La recette allie une dose de fréquences radio, un zeste d’Intelligence Artificielle et un soupçon de Machine Learning. En clair : avec ses 18 antennes intégrées dans l’étui, Sword envoie un signal dans l’environnement, qui lui est retourné, de manière différente selon l’objet rencontré. 

Chaque objet possède ses propres caractéristiques au niveau de la résonance de ces ondes - c’est ce qu’on appelle la "signature" d’un objet. En la comparant à une base de données où sont répertoriées des centaines d’autres, Sword est capable d’identifier s’il s’agit d’une arme, ou non (car votre sèche-cheveux a lui aussi une signature, comme vos valises et vos vêtements), et le cas échéant, de préciser le type d’arme (taille, forme, matériau). Une image en 3D est alors envoyée sur l’application aux agents de sécurité qui décident de la marche à suivre - le délai entre le scan et l'alerte se comptant en millièmes de seconde.

Mais ce n’est pas tout. Sword devrait aussi offrir un système de reconnaissance faciale : vous voulez black-lister un individu de votre casino, ou encore éviter que les personnes fichées "Wanted" n'entrent dans votre établissement ? Pas de problème : il suffira de charger les photos des personnes indésirables sur votre propre base de donnée. Si l'une d'elles se trouve dans une pièce ou dans une foule scannée, Sword alertera les agents de sécurité.

 

8 000 pré-commandes, le Département de la Défense déjà intéressé

Le premier prototype devrait être présenté en août, mais l’objet fait déjà de nombreux intéressés : l’entreprise rapporte avoir déjà reçu 8 000 pré-commandes de la part d’entreprises privées de securite, de casinos, de la part du milieu scolaire… et susciterait même l’intérêt du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Prix pour acquérir ce dispositif : 1 250 $, plus un abonnement mensuel de 30$ pour l'appli - pas à la portée de tout le monde donc. De plus, il n'est compatible qu'avec l’iPhone 8 Plus et le Google Pixel 2XL. Toujours est-il que cela reste moins onéreux, mais surtout plus discret que les énormes dispositifs de détecteurs de métaux dans les aéroports par exemple. 

Ce n'est d’ailleurs pas la première fois qu’une entreprise veut rendre les systèmes de détection d’armes moins invasifs. Toujours aux Etats-Unis, le Westgate Las Vegas Resort and Casino a par exemple noué un partenariat avec une société canadienne pour tester un petit détecteur, à disposer dans les murs ou au plafond. Fonctionnant également sur le principe des micro-ondes radio, cet outil permettrait de sécuriser ces lieux où se concentre un large nombre de clients, et où les allers et venues sont fréquentes. Ironie du sort, à quelques pas du Westgate, se trouve le Mandala Bay… l’hôtel depuis lequel Stephan Paddock a tiré sur la foule d'un festival et provoqué la mort de 58 personnes en octobre 2017. Une fouille de sa chambre après le drame avait permis de retrouver quelque 23 armes à feu…

Aujourd'hui habitués aux multiples caméras de surveillance, faudra-t-il bientôt se faire à l'idée d'être scanné partout, parfois à notre insu ? Entre sécurité des populations et surveillance abusive et permanente, la limite est parfois ténue. Et puis, peut-être la meilleure solution serait-elle de simplement de limiter le port d'armes à feu, qui sait ?


 








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