Société-Économie

Contraception masculine : où en est-on ?

Par Pauline Allione I Publié le 2 Janvier 2020

Boulocho, andro-switch, énanthate de testostérone… Avec ces méthodes expérimentales – et encore souvent artisanales –, des hommes reprennent le contrôle de leur fertilité. We Demain a infiltré le petit cercle des Français adeptes de la contraception masculine.


(Crédit : Ulrich Lebeuf)
(Crédit : Ulrich Lebeuf)
"Ça y est, je suis enfin contracepté !" "Yes ! Félicitations !" La nouvelle est célébrée par un check. Un mois après sa vasectomie, un spermogramme est venu confirmer la stérilité de Robin. Et cette semaine, c’est justement chez lui que ça se passe, dans l’hypercentre de Toulouse. Ce soir-là, les membres de la récente association Garcon (groupe d’action et de recherche sur la contraception) accueillent qua­tre nouveaux, curieux de la contraception masculine.
 
Autour de la table, ils sont une petite dizaine, hommes et femmes, à discuter, avec du fil et une aiguille entre les doigts. "Tu prends une chaussette de bébé, tu découpes cette partie et tu l’enroules autour du lacet", m’explique Thomas, joignant le geste à la parole.

​Un slip contraceptif DIY

Comme les autres, il fabrique sur mesure un slip contraceptif. Surnommé "boulocho" ou "remonte-couilles toulousain" (alias RCT, à ne pas confondre avec le Rugby Club Toulonnais…), ce sous-vêtement mis au point dans les années 1970 par le Dr Roger Mieusset, andrologue au CHU de Toulouse, repose sur la méthode thermique.
 
Il est conçu de façon à remonter les testicules dans la poche inguinale où ils gagneront 2° C supplémentaires, soit les 37° C du corps humain. Porté quotidiennement pendant quinze heures, le slip freine la production de spermatozoïdes pour tomber sous le seuil de fertilité (1 million de spermatozoïdes par millilitre de sperme pour une concentration supérieure à 15 millions/ml en temps normal).
 
Des spermogrammes réguliers permettent de surveiller la spermatogenèse et le bon suivi du protocole. Efficace après trois mois, réversible et naturelle, la méthode n’est pas reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et ne peut être prescrite que par le Dr Mieusset.
 
Voilà trois ans qu’Erwan, à qui l’on doit l’importation de ces ateliers couture à Toulouse, a adopté le slip contraceptif, dans une version simplifiée baptisée jock-strap
    
"Je le porte comme n’importe quel autre sous-vêtement, simplement je vais enfiler mon boxer par-dessus pour éviter que la verge ne frotte sur le pantalon. On le sent au début puis on l’oublie très rapidement."
     
Comme lui, Valentin s’est habitué à l’andro-switch au point d’oublier qu’il le porte. Basé sur le même protocole médical que le slip, cet anneau pénien en silicone est fabriqué artisanalement par la start-up Thoreme, dans la région bordelaise, et commercialisé sur internet.
 












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