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Travailler demain

De 1906 à 2020, cinq dates qui ont bouleversé la vie de bureau

Par Armelle Oger I Publié le 3 Septembre 2020

LA REVUE. En imposant le télétravail, la crise sanitaire a chamboulé comme jamais nos façons de travailler, ouvrant un nouveau chapitre dans la longue histoire du bureau. Voici cinq grandes dates qui ont chamboulé l'organisation de cet espace de travail.


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1906 : L'avènement des cols blancs

(Crédit : DR)
(Crédit : DR)
Construit cette année-là par Franck Llyod Wright à New York, démoli un demi-siècle plus tard, le Larkin Building a accueilli sous son grand atrium 1 800 employés d’une société de vente de savonnettes par correspondance. Il a introduit de nombreuses innovations aujourd’hui caractéristiques de l’espace de travail "moderne" : air conditionné, murs insonorisés, chaises à roulettes mises au point par l’architecte lui-même – mais aussi disposition "scolaire" des employés, pour une parfaite supervision par leur supérieur hiérarchique.

Avec l’ère industrielle, la constitution de grands groupes et l’explosion du tertiaire, banques et assurances installent leurs sièges dans d’imposants immeubles. La vie de bureau se conjugue verticalement pour les cols blancs, qui se doivent de souscrire à la "culture familiale" de leur entreprise.

1920 : Et Taylor fut !

(Crédit : Bettman/Getty Images)
(Crédit : Bettman/Getty Images)
Dactylos du service courrier d’une entreprise américaine. En 1889, avec "l’organisation scientifique du travail", l’ingénieur Frederick Winslow Taylor a lancé une profonde mutation, à la recherche d’une efficacité optimale pour une productivité maximale.

Déplacements, temps imparti à chaque tâche : tout est mesuré et chronométré, l’activité se fait à la chaine et le salaire au rendement. Division du travail entre conception et exécution oblige, les cadres ont des bureaux fermés tandis que les "espaces de production intensive" doivent accueillir le maximum d’employés.

1985 : L'open space

(Crédit : David Reed/Corbis/Getty Images)
(Crédit : David Reed/Corbis/Getty Images)
Réputé créatif, l’open space made in USA, ici mis en pratique dans l’entreprise britannique JCB en 1985, devient dans les années 2000 l’espace de travail d’une majorité de salariés. Bruyants, mal aérés, impersonnels, les immenses plateaux collectifs sont au fil de la décennie remis en cause par des employés souffrant de ne pas pouvoir s’isoler et d’être sous le contrôle constant et stressant les uns des autres. Un sentiment qu’on pourrait résumer par le titre de l’essai à succès d’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber : L’open space m’a tuer  (Hachette, 2008).

2016 : Génération Coworking

(Crédit : WeWork)
(Crédit : WeWork)
Canapés comme à la maison, baby-foot et cours de yoga pour se détendre, cafétéria végane, les espaces de coworking se veulent d’abord des lieux de vie – à l’image de ceux de l’américain WeWork, numéro 1 mondial du secteur, qui s’installe en 2016 à Paris. Dédiés à l’origine aux start-up, ils accueillent aujourd’hui salariés et indépendants. En Île-de-France, leur nombre a été multiplié par dix entre 2012 et 2017.

2020 : Boom du télétravail

(Crédit : Stéphane Allaman/SIPA)
(Crédit : Stéphane Allaman/SIPA)
Pratiqué par près de 40 % des salariés du secteur privé pendant le confinement, le télétravail est une des révélations de l’ère post-Covid : selon une enquête Malakoff Humanis publiée en juin, 84 % des salariés voudraient en effet poursuivre l’expérience.