Débats, opinions

De Rugy remplace Hulot : l'écologie victime de la politique

Par I Publié le 6 Septembre 2018

C'est finalement François De Rugy, ancien ministre et jusqu'ici président de l'Assemblée nationale, qui remplacera Nicolas Hulot. Un choix qui présente de nombreux avantages politiques pour Emmanuel Macron. Mais aucune garantie quant à la politique environnementale qui sera menée.


François de Rugy quitte la présidence de l'Assemblée nationale pour le ministère de la Transition écologique et solidaire (Crédits : Wikipédia/bruno perroud)
François de Rugy quitte la présidence de l'Assemblée nationale pour le ministère de la Transition écologique et solidaire (Crédits : Wikipédia/bruno perroud)
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Le président de l’Assemblée nationale faisait partie des favoris pour ce "ministère de l’impossible", selon le titre d’un livre de son premier occupant, Robert Poujade, et où se sont succédé pas moins de 14 ministres en 20 ans.
 
François de Rugy n’a pas la notoriété ou la popularité de Nicolas Hulot. Il n’a pas l’envergure de Pascal Canfin, ancien ministre et directeur du WWF, ou de Laurence Tubiana, grande prêtresse de la COP 21. Leurs noms avaient été avancés, mais ils réclamaient des garanties sur la politique écologique qui sera menée, notamment en matière de transition énergétique, d’agriculture durable et de défense de la biodiversité, les trois priorités où, selon Nicolas Hulot, bien peu de choses ont été faites depuis 15 mois.

La nomination François de Rugy présente trois avantages pour Emmanuel Macron. Premièrement c’est un écologiste, même s’il se revendique réformiste et pragmatique, - "de droite" diront ses détracteurs. À moins de 20 ans, il milite déjà à Génération Écologie, avant d’adhérer chez les Verts en 1997. Il grimpe rapidement les échelons : conseiller municipal puis maire adjoint de Nantes à 27 ans, député à 33 ans, président de l’Assemblée 10 ans plus tard. Et connaissant bien les dossiers environnementaux.

"Pas les états d’âme ou l’intransigeance d’un Nicolas Hulot"

Deuxième avantage pour Macron, c’est un politique ambitieux et aguerri, qui n’a pas les états d’âme ou l’intransigeance d’un Nicolas Hulot. Il saura accepter les arbitrages donc les compromis indispensables quand on appartient à un gouvernement dirigé par un président et un premier ministre qui n’ont pas vraiment la fibre écologiste. François de Rugy a quitté les  Verts en 2015, accusant Cécile Duflot de dérive gauchiste : elle venait de rompre avec François Hollande. Celui-ci a préféré nommer ministres Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé. François de Rugy a rejoint Emmanuel Macron après son élimination au premier tour de la primaire de la gauche. Il en est aujourd’hui récompensé.
 
Enfin, en quittant la présidence de l’Assemblée, ce qu’en principe il s’était engagé à faire à mi-mandat, il laisse le perchoir à Richard Ferrand qui en rêve depuis longtemps !

François de Rugy ne semble pas avoir mis de conditions à sa nomination, sinon, comme il l’a écrit sur sa page Facebook, "d’avoir la possibilité d’agir dans la durée"...












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