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Société-Économie

Dégoûté d’Uber ? Voici Wulo, une alternative associative et sans commission

Par Juliette Mantelet I Publié le 23 Janvier 2018

Regrouper les taxis et les VTC sur une même plate-forme avec 0 % de commission pour améliorer le quotidien des chauffeurs, c’est le défi de l’association United Drivers…


L'application Wulo met en relation chauffeurs et particuliers avec 0 % de commission (Crédit : Thomas O'Brien)
L'application Wulo met en relation chauffeurs et particuliers avec 0 % de commission (Crédit : Thomas O'Brien)
Alors que le PDG d'Uber prédit des voitures volantes d'ici dix ans, d'autres entrepreneurs s'attaquent aux problèmes de fond du modèle des VTC, notamment celui de la rémunération des chauffeurs. C'est le cas de Manfred Touron, un jeune développeur passé par l'école 42, qui lance Wulo, une alternative éthique à Uber et 100 % française.  

We Demain l'a rencontré. Arborant fièrement un sweat à l’effigie de sa plateforme, Manfred Touron raconte, entre deux rangées d’ordinateurs et sous les néons futuristes de l’école de Xavier Niel, comment lui est venue l’idée de créer Wulo. Son but est clair, contrer Uber, la société qu’il déteste le plus après Monsanto.
 
Après de nombreuses discussions avec des chauffeurs sur leurs conditions de travail chez Uber (peur d’être espionnés, de se faire licencier), le développeur s’est rendu compte qu’il était en fait très simple de créer une plateforme pour mettre des gens en relation, et que rien ne justifiait de prélever 25 % de commission pour le faire. C’est ainsi qu’est née United Drivers, l’association à l’origine de Wulo, composée en majorité de jeunes de l’école 42. 

Manfred Touron dans les locaux de l'école 42 (Crédit : We Demain)
Manfred Touron dans les locaux de l'école 42 (Crédit : We Demain)

0 % de commission

Alors qu’offre Wulo ? "C’est une plateforme de mise en relation entre particuliers et chauffeurs, taxi ou VTC, associative, sans but lucratif" explique son fondateur qui insiste bien sur le côté associatif. C’est grâce à ce critère qu’il espère convaincre les chauffeurs de les rejoindre.

En effet, en fondant une association à but non lucratif, lui et ses collaborateurs assurent par une garantie légale qu’ils ne pourront jamais toucher d’argent ou de bénéfices et qu’ainsi, ils resteront désintéressés. L’intérêt des chauffeurs passe en premier et ce sont d’ailleurs eux qui, petit à petit, fixeront eux-mêmes les prix des courses. 
"On veut faire passer le message que l’on est une association et que l’on ne veut pas décider à leur place ou les escroquer" - Manfred Touron
L’application, lancée début janvier, affiche pour le moment des prix alignés sur les tarifs des concurrents, mais avec une commission de 0 %. Seuls les frais bancaires sont à la charge des chauffeurs, leur permettant ainsi de gagner plus en travaillant moins. "Deux courses chez Wulo, c’est l’équivalent de trois courses chez Uber au niveau financier" précise Manfred Touron.

Sur Wulo, les taxis peuvent également s’inscrire et ainsi bénéficier de l’avantage d’avoir une vraie application et de ne pas devoir payer un "abonnement coûteux pour s'affilier". L’objectif étant aussi de réconcilier taxi et VTC en leur offrant d’apparaître sur un même marché.

Pour les clients, l’application reprend le concept de notation des chauffeurs, avec en plus la possibilité pour les utilisateurs de ne voyager qu'avec des chauffeurs ayant une note au-dessus de 4,5 par exemple. On peut aussi bénéficier de l'option siège bébé, préciser que l’on voyage avec un animal et choisir son mode de paiement.
 
En ce qui concerne la sécurité, Wulo applique les mêmes garanties officielles que les autres applications et rajoute l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge. "On demande régulièrement des photos récentes des papiers officiels de nos chauffeurs" précise le fondateur.

Les taxis pourront eux aussi être présents sur l'application (Crédit : Thomas O'Brien)
Les taxis pourront eux aussi être présents sur l'application (Crédit : Thomas O'Brien)

Valoriser le métier de chauffeur

En plus de l’application, Manfred Touron veut aussi organiser des événements qui permettront la discussion entre conducteurs et clients, afin de réfléchir à l’avenir du métier.
 
C’est le défi de l’association, pérenniser le métier de chauffeur. Comment ? En augmentant leur salaire, ou en leur offrant de faire moins d’heures pour le même salaire. Mais aussi, en amenant au gouvernement des propositions basées sur les discussions avec les chauffeurs lors des événements et sur leurs statistiques. Et à terme, leur assurer des droits sociaux, notamment une retraite. 
"J’espère apporter un peu d'espoir, pour que chauffeur reste une profession d'avenir"
- Manfred Touron

Lutter contre les dérives de l'économie collaborative

Manfred Touron espère en tout cas faire passer un message fort aux consommateurs en remettant l’idée de partage et d’échange au cœur de son service, plutôt que la notion d'argent. Il souhaite déclencher une véritable prise de conscience chez les utilisateurs.
"Lorsque quelqu’un entre dans un Uber j’aimerais bien désormais qu’il sache que les 25 % qu’il verse vont à une boite qui ne paye même pas ses impôts en France, et non au chauffeur qui travaille et en a vraiment besoin."
Wulo s’inscrit donc dans un mouvement plus large de remise en cause de l’économie collaborative. D’autres initiatives ont aussi vu le jour pour contrer un autre géant de cette économie, Airbnb, comme la plate-forme GuesttoGuest qui permet d’échanger sa maison sans échange d’argent via une monnaie virtuelle que l’on accumule en prêtant son logement. 
Bientôt la fin d'Uber ? (Crédit : Wikimedia Commons)
Bientôt la fin d'Uber ? (Crédit : Wikimedia Commons)






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