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Delphine Batho, Emily Loizeau, Alex Vizorek : tous contaminés par le glyphosate

Par I Publié le 6 Avril 2017

L’ONG Générations Futures a fait analyser les urines de trente personnes. L’étude révèle la présence de glyphosate, un herbicide classé "cancérigène probable" par le CIRC, dans 100 % des échantillons.


Le glyphosate, un herbicide classé "cancérigène probale" par le CIRC (Crédit : Chafer Machinery / Flickr)
Le glyphosate, un herbicide classé "cancérigène probale" par le CIRC (Crédit : Chafer Machinery / Flickr)
Quel est le point commun entre la députée et ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho, la chanteuse Emily Loizeau, la journaliste et animatrice radio Charline Vanhoenacker ou encore l’humoriste Alex Vizorek ?

Leurs urines contiennent toutes des résidus de glyphosates, une substance classée "cancérigène probable" par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). C’est notamment la molécule active du RoundUp de Monsanto, l’herbicide le plus vendu au monde.

Tous contaminés par le glyphosate

C’est ce qu’a rappelé aujourd’hui l’ONG Générations Future, qui a fait analyser les urines matinales de trente personnes des deux sexes, âgées de huit à soixante ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable, biologique ou non, végétarienne ou non.

Résultat : 100 % des échantillons analysés contiennent du glyphosate à une concentration supérieure à la "valeur minimale de quantification" du test, soit 0,75 ng/ml d’urine, précise Générations Futures dans un communiqué. En moyenne, la concentration de glyphosate relevée est de 1,25 ng/ml d’urine. La valeur la plus faible étant de 0,09 et la plus élevée de 2,89... soit 32,11 fois plus élevée que la valeur la plus faible !
 

"Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde : nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate, s’alarme François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, Il est vraiment temps que les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir".
 
Avis que partage Delphine Batho, : "L'Europe s'obstine à ne pas reconnaître sa toxicité pour la santé humaine, sous la pression de puissants lobbies […] Protéger la santé publique est un impératif, à commencer par celle des agriculteurs qui manipulent directement ce produit sans avoir toujours conscience des risques."

UE : une bataille autour du renouvellement de la licence du glyphosate

Le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l'Union européenne en 2016, rappelle l’AFP.  Fin juin, la Commission européenne a prolongé pour dix-huit mois l’autorisation de la substance — en attendant que l’Agence européenne des produits chimiques publie son avis —  tout en restreignant ses conditions d’utilisation.

La Commission a justifié cette décision par le refus des États-membres de "prendre leur responsabilité sur le sujet", rapporte Le Monde. En Mars, à la différence du CIRC, les experts de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont estimé que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérigène.

Une ICE pour bannir les glyphosates

"Tout n’est pas joué. Nous pouvons encore stopper l’autorisation de cette substance, estime François Veillerette,  Nous invitons donc les citoyens à s’emparer de ce sujet et à rejoindre les européens qui ont déjà signé l’Initiative Citoyenne Européenne demandant notamment l’interdiction de cette molécule dangereuse." À ce jour, l’initiative a recueilli environ 646 066 signatures dans l'UE.




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