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Société-Économie

Des balades en triporteur pour faire s'évader nos aînés

Par Séverine Mermilliod I Publié le 21 Juin 2018

L’association "À vélo sans âge" propose des promenades en vélo triporteur aux personnes dépendantes. Un concept solidaire importé du Danemark, qui s’est développé dans toute la France depuis trois ans.


Une sortie à Cap Breton pilotée par Ditte Jakobsen © An Lalemant Photography
Une sortie à Cap Breton pilotée par Ditte Jakobsen © An Lalemant Photography
Une à deux fois par semaine, Philippe Bouillé se rend dans l’Ehpad voisin, sort le vélo triporteur qui y est garé et part pour une promenade d'une heure en compagnie d’un ou deux résidents installés à l’avant de l’engin. Un moment d’échanges apprécié aussi bien par le pilote que par les personnes âgées qui retrouvent ainsi la possibilité de respirer au grand air.

Cet ingénieur de cinquante ans est bénévole au sein de l’antenne lannionaise de l’association "À vélo sans âge " qui propose de redonner à nos aînés une deuxième jeunesse grâce à des promenades en vélo triporteur. Le concept est né en 2013 dans la tête d’un danois, Ole Kassow, sous le nom de "Cycling without age". Le succès est vite au rendez-vous et depuis, quelque 37 pays l'ont décliné, dont la France.

Le concept fait des adeptes

Ditte Jakobsen est à l'origine de la première antenne française, qu'elle a montée à Cap Breton dès 2015. Depuis, quinze autres sections se sont créées grâce au concours de 70 volontaires. Celle de Lannion compte une dizaine de bénévoles. "En été, on peut faire jusqu’à trois ou quatre sorties par semaine !", assure Philippe Bouillé, qui organise des promenades entre deux établissements.

La première antenne d'"À vélo sans âge" a été ouverte à Cap Breton © Ditte Jakobsen
La première antenne d'"À vélo sans âge" a été ouverte à Cap Breton © Ditte Jakobsen
En général, des conventions sont passées avec des Ehpad ou des foyers pour personnes âgées, et le triporteur peut même passer à domicile dans les petites villes qui ne disposent pas de ce type de structures. "Chaque antenne est portée par une personne qui a eu un coup de cœur, relate Ditte Jakobsen. Parfois, les collectivités soutiennent un peu le projet". Car un triporteur coûte quand même 5 600 euros.

Recréer le lien social

Soizic le Tallec, elle, est en passe d’ouvrir une antenne à Boulogne-Billancourt. La mère de cette jeune retraitée étant en Ehpad, elle se sent vite concernée par le projet. Après une demande de subventions auprès de la Ville et d'une fondation, elle va être financée pour plusieurs triporteurs. Le premier devrait être reçu en juillet : "Cela me permettra de faire connaître l'association. Je souhaite aussi travailler sur les seniors isolés, en lien avec les maisons de quartier".

Des retraitées profitent des fleurs lors d'une promenade à Trégastel © Philippe Bouillé
Des retraitées profitent des fleurs lors d'une promenade à Trégastel © Philippe Bouillé
Une approche intergénérationnelle chère à l’association. "Les personnes âgées aiment bien s’arrêter boire un coup, manger une crêpe, confie Philippe Bouillé. Parfois aussi, elles aiment bien qu’on les ramène dans leur ancienne maison, voir leur jardin..."

Le triporteur est souvent laissé dans l’établissement d'accueil pour que les familles comme le personnel puisse l’utiliser : "On souhaite que chacun ait plaisir à partager, même si au début on ne se connaît pas, souligne Ditte Jakobsen. Ce moment commun, on s’en souvient toute notre vie !"

S'aérer, c'est bon pour la santé

À l’international où les sorties peuvent même s’étendre sur plusieurs jours, l’association constate des bénéfices sur la santé des patients : la qualité de leur sommeil et leur moral s’améliorent, et ils auraient besoin de moins de médicaments.

Alors, si Soizic Le Tallec confie avoir eu du mal à démarrer son projet, elle est persuadée que le concept va durablement s’implanter en région parisienne : "La mayonnaise est en train de prendre ! Aujourd’hui, j’ai des demandes de la part de personnes âgées mais aussi de bénévoles qui commencent à se manifester. J’envisage de proposer des balades sur les quais de Seine, au bois de Boulogne... Et même pourquoi pas pédaler jusqu’à la Tour Eiffel !"









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