Société-Économie

Dominique Hubert, conseiller en informatique "éthique"

Par Emmanuelle Vibert I Publié le 5 Septembre 2018

Au sein de la coopérative Coopaname, les indépendants bénéficient (presque) des mêmes avantages que les salariés. Une nouvelle forme de travail, voire... de démocratie. Parmi les 850 membres de cette coopérative, beaucoup ont accompli un virage professionnel pour vivre en accord avec leurs valeurs. Galerie de portraits de ces explorateurs d'un nouveau monde.


Dominique Hubert. (Crédit : Dominique Hubert)
Dominique Hubert. (Crédit : Dominique Hubert)
Cet article est le deuxième d'une série de six portraits à lire dans le numéro 23 de la revue We Demain, disponible en kiosque, librairie et sur notre boutique en ligne.

Dominique Hubert, 59 ans, ingénieur et informaticien, a consacré vingt ans de sa vie à l’interface entre les clients et les développeurs. "Les utilisateurs ne savent pas parler aux informaticiens et réciproquement, je sers de traducteur", sourit-il.

En avril 2017, il crée avec un autre membre de Coopaname, Jérôme Mancini, une activité baptisée Pâquerette. Le but ? Conseiller et former les personnels d’entreprises ou d’associations à l’usage des logiciels libres. "On utilise par exemple les outils mis au point par Framasoft, l’association française du libre, réunis sous le nom de Degooglisons internet", raconte l’informaticien engagé.

Il s’agit de tableaux de note collaboratifs ou d’un agenda en ligne qui sont autant d’alternatives aux géants du web. Des logiciels qui permettent d’échapper à la main mise de Google ou Facebook sur nos vies numériques. 

Dominique est passionné par le travail collaboratif et la réflexion sur les biens communs. "Je suis à mon compte depuis 1998, j’ai testé plusieurs statuts : entreprenariat individuel, SARL, portage salarial, raconte-t-il. La coopérative est pour moi le modèle le plus juste. Elle est composée d’entrepreneurs qui créent de la richesse et se la partagent. La logique n’est pas de dégager des bénéfices, mais de vivre de son travail. Il y a une vraie démarche démocratique, avec une gouvernance partagée. Président et coprésident sont obligatoirement un homme et une femme. On ne peut pas être plus de dix ans au conseil d’administration… Ces mécanismes sont faits pour éviter la prédation. Ils montrent qu’on peut entreprendre sans exploiter les salariés."














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