Planète

Douze solutions pour économiser l'eau

Par Gérard Leclerc I Publié le 30 Décembre 2019

Parmi les objectifs définis en juillet lors des Assises de l’eau, la réduction des prélèvements de 25 % en quinze ans va nécessiter de changer notre rapport à cette ressource. Petit tour d’horizon de ce qui est fait, et de ce que nous pouvons faire, à l’échelle individuelle ou collective.



1. Recharger les nappes phréatiques

Crédit : DR)
Crédit : DR)
Découvrez la suite de ces solutions dans notre numéro d'hiver, disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne.   

Dans un laboratoire d’Orléans, un démonstrateur inédit est en chantier. Mis au point par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, il collectera l’eau présente à la surface du sol… pour la réinjecter dans le sous-sol ! Un principe qui pourrait permettre, demain, de remplir artificiellement les nappes phréatiques (comme celle en photo). Deux options pour y parvenir : creuser un puits vers l’amont de la nappe ou acheminer l’eau sur un sol propice à l’infiltration directe. Une gestion dite "proactive" de l’eau, qui permettrait de soustraire cette dernière à l’évaporation (61 % des eaux de pluie connaissent ce sort) et de prévenir certaines inondations.

Un autre projet est en cours d’expérimentation à Agon-Coutainville, dans la Manche : les eaux usées de cette station balnéaire sont purifiées par les roseaux et du sable, avant d’aller recharger la nappe souterraine côtière. Cette expérience, menée pendant trois ans dans le cadre du programme européen AquaNES, consiste à utiliser le sol et les puissants micro-organismes qui y pullulent comme réacteurs chimiques pour dépolluer les eaux et les diriger vers les nappes.

2. Chasser le gaspillage en ville

Été 2005. Dans un département des Deux-Sèvres très dépendant des eaux de pluie, après deux années de sécheresse, les habitants de Niort sont à la limite de manquer d’eau potable. De ce traumatisme va découler tout un plan d’actions. Le réseau de canalisation a été rénové pour éliminer les fuites (20 % de l’eau passant par les réseaux publics). Le prix de l’eau, lui, a été redéfini par tranche de consommation – et à un niveau élevé, car elle doit être traitée contre les nitrates et les pesticides très présents en Poitou-Charentes. Une meilleure gestion des arrosages publics et de la pédagogie ont fait le reste : les comportements ont changé, et les Niortais font aujourd’hui figure d’exemple en ayant réduit leur consommation d’eau de 40 %.

3. Arroser avec les eaux usées

La France est très en retard sur les eaux usées réutilisées. (Credit : Golf Cap d’Agde)
La France est très en retard sur les eaux usées réutilisées. (Credit : Golf Cap d’Agde)

"Arroser un golf avec de l’eau potable est un crime contre l’humanité !", s’emporte Gilles d’Ettore, le maire d’Agde, dans l’Hérault. Depuis quelques mois, les eaux usées de la commune sont traitées en station d’épuration avec un système membranaire qui filtre les résidus indésirables. Elles servent ensuite à arroser, la nuit, le golf du Cap d’Agde. 200 000 mètres cubes sont ainsi économisés par an, l’équivalent de la consommation de 3 800 personnes. Prochaines étapes, utiliser ces eaux usées pour l’arrosage des espaces verts et le lavage de la voirie.

À noter que la France est très en retard sur les eaux usées réutilisées : elles ne représentent que 60 000 mètres cubes par jour, contre 800 000 en Italie. À Singapour, des traitements permettent même de les réinjecter dans le réseau d’eau potable. Des solutions qui laissent les écologistes sceptiques : plutôt que de réutiliser l’eau et continuer à la gaspiller, mieux vaut l’économiser


4. Cesser de pisser dans l'eau potable

9 litres d’eau potable partent en moyenne à l’égout pour chaque chasse d'eau tirée ! (Crédit : Pixabay)
9 litres d’eau potable partent en moyenne à l’égout pour chaque chasse d'eau tirée ! (Crédit : Pixabay)
Une chasse d’eau, c’est en moyenne 9 litres d’eau potable qui partent à l’égout. Multipliez ça par quatre passages quotidiens aux toilettes, cela donne 36 litres par personne ! Pour stopper ce gâchis, préférez les eaux usées. Celles de la douche, en y faisant directement pipi ; ou encore les eaux de pluie, grâce à un système de récupération relié à vos WC. Plus simple, pour moins de 200 euros, investissez dans un réservoir de chasse d’eau avec lave main intégré : l’eau du lavage alimentera la chasse. Mais rien ne sera jamais plus sobre en eau que les toilettes sèches (en photo) et leur absorbant végétal. Réservé aux maisons individuelles avec jardin ? Pas forcément. La coopérative d’habitants l’Ôôôberge, à Dol-de-Bretagne (Île-et-Vilaine) inaugurera en 2020 un petit immeuble qui en sera équipé.

5. Cultiver un jardin zéro arrosage

Restrictions d’eau obligent, il va falloir "revoir notre conception du beau jardin" , prévient Olivier Filippi. À la tête d’une pépinière à Loupian, dans l’Hérault, ce botaniste est spécialiste des plantes adaptées aux conditions difficiles : celles qui résistent aux fortes chaleurs et ne nécessitent que peu (ou pas) d’arrosage. Il existe une multitude ! Pas moins de 25 000 autour de la Méditerranée – soit 1/10e de la flore mondiale – et 75 000 si on inclut toutes les régions du globe où elles sont présentes. Pour les choisir, il vous faudra connaître la nature du sol de votre jardin (argileux, limoneux, sableux…) et le type d’hiver local. Plutôt frisquet ? Plantez donc de la Lavandula x intermedia, très résistante au froid.
 











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