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Du Pôle Nord à la salle de classe : ce maître-chien réenchante les sciences à l'école

Par Paola de Rohan-Csermak I Publié le 27 Février 2018

Sébastien Dos Santos Borges a renoncé en 2018 aux expéditions polaires et aux courses mythiques de traîneau à chiens pour intervenir, avec sa meute, dans une cinquantaine d’écoles et collèges. Au programme : cours de sciences, d’éducation civique et gros câlins.


Découvrir les chiens de traîneau à l'école avec l'explorateur Sébastien Dos Santos Borges (Crédit : Pixabay)
Découvrir les chiens de traîneau à l'école avec l'explorateur Sébastien Dos Santos Borges (Crédit : Pixabay)
Lundi 12 février, aucun des enfants de l’école d’Abilly, près de Tours, n’a manqué la classe. Un explorateur du Grand Nord, reporter et musher (meneur de chiens de traîneau), Sébastien Dos Santos Borges, doit passer la semaine dans l’établissement.

Il est accompagné d’une assistante et de sa Polar Team, quatre chiots et vingt-deux chiens, tous adoptés à la SPA en France ou au Canada entre 2009 et 2016, ou nés de ces chiens adoptés. Les enfants les connaissent un peu déjà...

En effet, d’octobre à janvier, les enfants de la maternelle au CM2 ont pu suivre à distance, sur le site de Sébastien, l’entraînement sportif de vingt d’entre eux dans les montagnes près d’Annecy, en prévision de l’Iditarod, la plus grande course de traîneaux à chiens du monde que Sébastien compte disputer en mars 2019, 1757 km de neige et de glace en Alaska. Ils ont vu des images de la Yukon Quest, la course mythique à laquelle Sébastien a participé en 2016 et en 2017 qui emprunte les routes de la ruée vers l’or, du Canada à l’Alaska. 

Des héros qui ont du chien

"La présence de ces champions dans l’école est pour eux une sorte de miracle, commente Aurélie Alvarez, directrice de l’école d’Abilly. Leurs photos, leurs exploits sont devenus réalité. Le décalage entre les performances formidables des bêtes et leur petite taille suscite une multitude de questions sur l’homme et l’animal, quel que soit l’âge de l’enfant. "
Au fil des croquis de Sébastien, les élèves se mettent dans la peau de leurs héros à quatre pattes, et découvrent pourquoi l’air froid qu’ils respirent ne refroidit pas leur corps, pourquoi certains sont plus sensibles que d’autres à la lumière, et pourquoi ces marathoniens sont capables de parcourir 100 à 150 km par jour, en tirant des charges de plusieurs centaines de kilos parfois, sans se geler les pattes. 

Sébastien Dos Santos Borges, le reporter du Grand Nord (Crédit : Sébastien Dos Santos Borges)
Sébastien Dos Santos Borges, le reporter du Grand Nord (Crédit : Sébastien Dos Santos Borges)
Les rôles que le musher (le pilote de l’attelage) répartit entre eux, suivant la personnalité de chacun, lead dog (chien de tête, rôle dévolu aux plus percutants), swing dog (suppléant, en seconde position), team dog (moteur du traîneau), ou enfin wheel dog (chien de queue, pour les plus costauds), amènent à comparer les normes de la société des hommes à celles de la société des chiens : la hiérarchie, la parité – un chef de meute est souvent une cheffe de meute -, la complémentarité, par exemple.
"Une loi a été votée le 16 février 2015 qui reconnaît aux animaux le statut d’êtres doués de sensibilité. Les chiens ont une personnalité, ils ont une vie sociale et ils jouent un rôle dans la nôtre. Peu de gens s’intéressent vraiment aux animaux domestiques, à leur pays d’origine, aux terres auxquelles ils appartiennent", regrette Sébastien. 

Les enfants sont ravis d'en apprendre plus sur les chiens de traîneau (Crédit : Sébastien Dos Santos Borges)
Les enfants sont ravis d'en apprendre plus sur les chiens de traîneau (Crédit : Sébastien Dos Santos Borges)

Aborder la géographie et la physique autrement

Quand il présente un à un ses co-équipiers, Malamute de l’Alaska, Husky d’Alaska ou Husky de Sibérie, cet aventurier qui a fait le tour du monde sur le cercle polaire arctique improvise un cours de géographie sur le Grand Nord, en cassant au passage le mythe du grand méchant loup (il n’est pas rare qu’un chien de traîneau, comme le personnage de dessin animé Balto, soit mi-chien, mi-loup). Il souligne aussi les dégâts causés par le réchauffement climatique dans ces régions où l’on doit pouvoir compter sur la glace pour se déplacer l’hiver.

Entre deux câlins aux chiens, les enfants peuvent examiner le matériel : traîneau, sacs, réchaud, manteaux et bottines pour chien. Ils s’initient à la physique, pour comprendre comment le musher allège les charges de son équipe pendant la course, l’aide dans les montées et les tournants, de manière à ce que chaque coureur n’ait que cinq kilos maximum à tirer. 
"C’est une expérience unique pour eux, conclut Aurélie Alvarez. La présence des chiens dans l’établissement leur procure à tous du bien-être. Ils apprennent tant de choses, tout en rêvant d’aventures possibles et de nouveaux horizons." 

Le tour de France ne fait que commencer

Entre 2015 et 2017, la polar team – presque la même - avait déjà visité quelques établissements scolaires et avait pu juger de l’intérêt que suscitaient ses interventions. Aussi Sébastien a-t-il renoncé à la Yukon Quest 2018 pour faire le tour de France des écoles, une cinquantaine à visiter jusqu’au mois de juillet. Avant cette semaine à Abillly, il avait passé deux jours dans un collège d’Aix-en-Provence. Du 19 au 24 février, il doit se rendre à Anet (Eure et Loire), puis à Restigné (Indre et Loire), et à Dhuizon (Loire et Cher), avant de se diriger vers le nord. 












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