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Du mobilier urbain conçu à partir de mégots de cigarettes recyclés

Par I Publié le 24 Mai 2018

Petits de quelques centimètres, on ne compte plus les mégots que l’on voit sur le sol. Pourtant, chacun d’eux pollue jusqu’à 500 litres d’eau. Pour sensibiliser et éviter cette pollution, l’entreprise MéGo les collecte et les transforme en mobilier urbain.


Un mégot met une quizaine d'années à se dégrader naturellement. (Crédit : Pxhere)
Un mégot met une quizaine d'années à se dégrader naturellement. (Crédit : Pxhere)
8 millions, c’est le nombre de mégots jetés chaque minute dans le monde. Les deux tiers terminent dans la nature, les caniveaux ou les trottoirs. Ces déchets représentent une menace importante pour l’environnement sachant qu’un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau !
 
Pour sensibiliser les fumeurs et éviter cette source de pollution, l’entreprise bretonne MéGo collecte ces déchets et les transforme en mobilier urbain depuis mars 2017. Son unité de valorisation trie, dépollue et thermocompresse les filtres de cigarettes afin d'obtenir de la matière plastique.
    
"On se sert du recyclage comme effet de levier sur les comportements", explique Bastien Lucas, le fondateur.

5 000 mégots pour un banc

MéGo est la première unité de recyclage et de valorisation des mégots en France. En effet, ces derniers "se recyclent très difficilement", explique le gérant de l’entreprise.
 
Une cigarette contient plus de 4 000 composés chimiques écotoxiques tels que la nicotine, des pesticides, des métaux lourds et même de l’arsenic… Ces composants restent imprégnés dans le filtre. Un mégot met ainsi 15 ans pour se dégrader naturellement.

Pour fabriquer ce banc, MéGo transforme entre 4 000 et 5 000 mégots de cigarettes. (Crédit : MéGo)
Pour fabriquer ce banc, MéGo transforme entre 4 000 et 5 000 mégots de cigarettes. (Crédit : MéGo)
"Nous recyclons 80 % de la biomasse du mégot. Après avoir dépollué la matière, on s’en sert pour fabriquer des bancs assis-debout. La base est en acier et tout le reste en mégots", développe Bastien Lucas.
    
Pour concevoir un banc, la TPE transforme entre 4 000 et 5 000 mégots. Les petites et grandes entreprises, tout comme les particuliers et les associations qui souhaitent recycler leurs mégots, peuvent s’inscrire sur le site internet de l’entreprise. MéGo propose des offres à partir de 45 €.
   
"On part du principe pollueur égal payeur", justifie le fondateur.
   
Ce qui fait écho à la feuille de route sur l’économie circulaire présentée fin avril par le gouvernement, qui stipule la volonté de faire payer les fabricants de cigarettes quant à la gestion de leurs déchets.

Sensibiliser les fumeurs

Le recyclage est plutôt destiné aux organisations ou aux entreprises d’une taille assez importante. Ces dernières reçoivent un kit pour créer une zone fumeur avec des cendriers, des marquages au sol et le banc conçu à partir de mégots.
     
"Dans cette zone nous expliquons au fumeur que le banc est construit avec des mégots, ce qui l’incite à le jeter dans le cendrier", raconte le gérant de la TPE

La TPE a déjà collecté 5 tonnes de mégots en un an. (Crédit : MéGo)
La TPE a déjà collecté 5 tonnes de mégots en un an. (Crédit : MéGo)
L’entreprise renvoie ensuite les filtres de cigarettes récoltés à MéGo. Les bancs restent la propriété de la TPE qui assure le service après vente et le recyclage.
    
"On ne veut pas les vendre pour qu’ensuite ils soient jetés et redeviennent un déchet. On garde possession sur la matière et on s’assure qu’elle sera recyclée dans les normes", développe Bastien Lucas.
     
Le banc sera présenté lors de l’inauguration officielle du site pilote de Bourg Blanc, près de Brest, le 5 juin. Des entreprises et des villes travaillent déjà avec MéGo pour collecter leurs déchets.
 
Depuis la création de l’entreprise il y a environ un an, ce sont entre 4 et 5 tonnes de mégots qui ont été collectés. C’est-à-dire plus de 2 000 000 de déchets de cigarettes et 2 000 000 m3 d’eau non polluée.
 




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