Planète

"Effondrement", la mini-série qui nous plonge en plein chaos

La série réalisée par Les Parasites et diffusée à partir du 11 novembre sur Canal+ imagine une société post-effondrement où chacun doit lutter pour sa survie. Un tableau noir, et glaçant de réalisme...

Par Pauline Vallée I Publié le 6 Novembre 2019


Dès le 11 novembre sur Canal+, bienvenue dans la fin du monde ! (Crédit : William Dupuy pour Canal+)
Dès le 11 novembre sur Canal+, bienvenue dans la fin du monde ! (Crédit : William Dupuy pour Canal+)

Les collapsologues le prédisent pour 2020, 2030 ou à l'horizon 2050. Si l’effondrement se produisait vraiment si tôt ou même demain, comment réagirions-nous ? C’est la question à laquelle tente de répondre Effondrement, une mini-série glaçante réalisée par Les Parasites, co-produite par Et Bim et Canal+.

Chacun des huit épisodes se déroule dans un lieu différent et met en scène des individus en prise avec l’effondrement de notre civilisation industrielle. À la station service, les conducteurs se battent pour les dernières gouttes d’essence. Au supermarché, des clients errent dans des rayons quasi-vides. Moins spectaculaire, mais tout aussi poignante, cette immersion dans une maison de retraite où des soignants ne savent plus comment nourrir leurs pensionnaires…

"La série ne précise pas en quoi consiste exactement cet effondrement. L’idée était qu’il se produise assez rapidement pour se concentrer sur ses conséquences et susciter un sentiment d’urgence", précisent Bastien Ughetto, Jérémy Bernard et Guillaume Desjardins du collectif Les Parasites (auxquels on doit aussi le corrosif documentaire La Boucherie Éthique).


Dans ce monde post-effondrement où l’État a perdu toute forme d’autorité, seule prévaut la loi du plus fort. Les plus riches s’en sortent, les autres sont contraints de se débrouiller et de coopérer avec plus ou moins de réussite - la raréfaction des ressources transformant tout un chacun en pilleur ou meurtrier potentiel.

Les Parasites se défendent pourtant de tout cynisme. Leur série montre, il est vrai, des êtres davantage portés vers l’entraide que d’autres classiques post-apocalyptiques comme Mad Max ou The Road. Les réalisateurs se référent plus volontiers au film Les Fils de l’homme, notamment sur le choix du plan-séquence qui souligne l'absence de toute échappatoire : "Il est impossible de sortir du plan comme il est impossible de sortir de l’effondrement. Pour nous, il est déjà enclenché et notre seule option est de choisir comment y faire face."
 

À lire aussi : Collapsologie : Et si on s’organisait pour la fin du monde  ?


Le sujet intéresse les Parasites depuis longtemps. En octobre 2018, ils réalisent notamment pour la chaîne YouTube Thinkerview un entretien croisé entre un des fondateurs de la collapsologie Pablo Servigne et l’astrophysicien Jacques Blamont (une petite référence au scientifique s’est d’ailleurs glissée dans le dernier épisode). Avec cette série, ils entendent frapper plus fort les esprits.
 

"Nous voulons interpeller et faire réagir. Produire des oeuvres en demi-teinte ne conduit qu’à des politiques en demi-teinte..."

 

Car pour ces réalisateurs engagés, il est temps de cesser de faire l’autruche face à la menace climatique. Le dernier épisode de la série incrimine d'ailleurs sans détours la "politique des petits pas" que dénonçait déjà l'ex-ministre de l'Écologie Nicolas Hulot lors de sa démission...













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