Connectez-vous S'inscrire
Gérard Leclerc
Éditorialiste politique à We Demain. Il a notamment travaillé pendant une vingtaine d'années à... En savoir plus sur cet auteur

Emploi, terrorisme, climat, mœurs... Quel sursis pour le clivage droite gauche ?

Par I Publié le 4 Mai 2016

TRIBUNE. Par Gérard Leclerc, éditorialiste politique à We Demain.


L'Assemblée nationale réunie au Palais Bourbon (Crédits : Wikimedia Commons / Richard Ying et Tangui Morlier)
L'Assemblée nationale réunie au Palais Bourbon (Crédits : Wikimedia Commons / Richard Ying et Tangui Morlier)
C’est le débat à la mode, porté par Emmanuel Macron et Nathalie Kosciusko-Morizet. Dans un passé pas si lointain, quand on demandait au philosophe Alain si ce clivage droite/gauche avait encore un sens, il répondait que "celui qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche !" Traditionnellement, droite et gauche opposaient leurs valeurs : Identité, autorité, responsabilité pour la première, justice, égalité et solidarité pour la seconde. Et - comme les vaches ! - les électeurs étaient bien gardés !

La droite se réclamait depuis la révolution française de la tradition et la conservation, la gauche du progrès et du mouvement. Ces frontières se sont brouillées, jusqu’à parfois déboucher sur une confusion générale. La gauche lutte contre les déficits et pour la restauration de la compétitivité des entreprises, rôle qui traditionnellement incombait à la droite. Et celle-ci a admis le Pacs et bientôt le mariage pour tous et ne parle plus de privatisation des retraites ou de la santé.


Gérard Leclerc (Crédit : DR)
Gérard Leclerc (Crédit : DR)
Le Front national fait du coup ses gorges chaudes de "l’UMPS". Un sondage TNS-Sofres révèle que près d’un jeune sur 2 se dit "ni de droite ni de gauche", et l’on voit Cohn-Bendit prêt à voter Juppé et Renaud avouer sa sympathie pour Fillon !

En fait de nouveaux clivages sont apparus, qui divisent la droite et la gauche : l’Europe, l’environnement, ou des questions sociétales comme l’instauration d’un revenu universel… Par ailleurs, la gauche de la gauche, hier révolutionnaire, s’est crispée sur la défense des acquis sociaux, et donc la conservation : code du travail, travail le dimanche, concurrence, modernisation : elle s’est repliée sur une vision sclérosée du monde et de la société, rejetant toute adaptation à la mondialisation, à la numérisation et à la demande d’autonomie des individus…

Alors la fin du clivage droite/gauche ? On n’en est pas là, mais les défis qui nous sont posés - emploi, terrorisme, réchauffement climatique, inégalités -  et l’impuissance politique devraient pousser les uns et les autres à sortir de leurs tranchées. Que tous ceux qui préfèrent que rien ne bouge se rassurent. Nicolas Sarkozy souhaite plus de nucléaire et moins d’énergie renouvelable, et Jean-Luc Mélenchon vante encore le Venezuela au bord de la faillite…
 





Réservé aux abonnés du site.
Accédez à l'intégralité du n°16 de la revue WE DEMAIN

Pas encore abonné ?
Inscrivez-vous gratuitement !





WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE