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En traduisant en temps réel, ces oreillettes pourraient effacer la barrière des langues

Par I Publié le 30 Mai 2016

Connectées à une appli mobile, elles traduisent quatre langues en temps réel, aussitôt les mots prononcés. Une dispositif disponible à partir de 2017, qui pourrait permettre de communiquer avec un étranger sans apprendre sa langue.


Image d'illustration (Crédit : Waverly Labs)
Image d'illustration (Crédit : Waverly Labs)
Souvenez-vous, Lost in Translation. Comme dans le film de Sofia Coppola, peut-être vous est-il déjà arrivé de vous sentir perdu dans un environnement complètement étranger, sans possibilité de communiquer.
 
Pour vous éviter cela lors de votre prochain voyage dans un pays dont vous ignorez la langue, ou dans votre ville, avec un touriste en détresse, la start-up new-yorkaise Waverly Labs affirme avoir la solution.

Pilot - c'est son nom - est une paire d'oreillette en précommande sur la plateforme de financement participatif Indiegogo depuis le 25 mai. S’il s’avère aussi efficace que le prétend l'entreprise, ce dispositif permettra, dans un premier temps, de traduire l'anglais, l'espagnol, l'italien, et le français. Le tout en temps réel.

La start-up assure que d'ici deux ans, des idiomes tels que l'hindi, l'arabe, et d'autres langues africaines, slaves et asiatiques seront à leur tour disponibles. Sans compter certains dialectes, pour lesquels les utilisateurs devront payer un supplément. Les fondateurs de Pilot affirment ainsi vouloir créer "un monde sans barrières de langues".

Une perspective visiblement jugée crédible par les internautes. Waverly Lavs a déjà levé près d'1,8 millions de dollars, pour un objectif de 75 000 dollars.  Prix unitaire du dispositif : 115 euros, contre 250 euros après sa sortie.

Pour utiliser ce traducteur nouvelle génération, il suffirait, selon ses concepteurs, de placer un écouteur dans votre oreille, et un autre dans celui de votre interlocuteur. Interrogé par le quotidien britannique Daily Mail sur le fonctionnement de Pilot - qui n'est pas précisé sur la page Internet de la start-up -, l'entreprise s'est contentée d'évoquer une "technologie de traduction" qui permet " à deux personnes de parler des langues différentes tout en se comprenant très clairement l'une et l'autre." 

Élément essentiel pour relier les deux oreillettes : un smartphone, sur lequel une application permettra de télécharger les différentes langues disponibles. Des algorithmes de reconnaissance vocale sont censés faire le reste. Le tout, même hors connexion, afin de ne pas entraîner de frais supplémentaires de données Internet lorsque l'utilisateur se trouve à l'étranger.

Et les créateurs de Pilot annoncent déjà plancher sur une seconde génération de leur produit, qui pourra traduire les mots d'un interlocuteur dépourvu d'oreillette.

Les écouteurs disponibles en trois couleurs (Crédit : Waverly Lab)
Les écouteurs disponibles en trois couleurs (Crédit : Waverly Lab)
L'annonce de la sortie de ce dispositif (dont une partie est brevetée et l'autre issue de l'open-source) a suscité l'engouement des médias en ligne. Pour autant, ni son PDG, Andrew Ochoa, qui raconte avoir imaginé ce concept après être tombé amoureux d'une jeune française, ni les cinq employés de Wawerly Labs ne se targuent d'avoir créé une technologie qui permettrait une traduction parfaite et 100 % simultanée entre deux personnes. 
 
"Nous ne voulons pas faire des promesses du type que tout aura lieu en temps réel et qu'avec notre oreillette vous vous débrouillerez sans problème au milieu de Tokyo. Ce n'est pas le message que nous voulons faire passer", a insisté Andrew Ochoa auprès du pure-player technologique Wareable.

Verdict dès l'arrivée des premiers Pilot sur le marché, en 2017.  

En attendant, les curieux pourront se rabattre sur le Skype Translator, la technologie de reconnaissance vocale de Microsoft, grâce à laquelle les utilisateurs peuvent d'ores et déjà se comprendre dans 50 langues par écrit, et dans sept langues à l'oral.

Le tout, en s'armant de patience : lancé en octobre 2015, le dispositif enregistre les paroles de l'orateur, convertit le fichier en texte grâce à des algorithmes, puis le relaie à travers une boîte vocale robotique à son interlocuteur... avec certaines imperfections, interférences, ou retards.

Pas de quoi refroidir le responsable de la prospective de Microsoft UK, Dave Coplin, pour qui nous n'en sommes qu'aux débuts d'une nouvelle ère de communication. Interrogé par le Times Business , ce dernier a récemment déclaré que dans les cinq prochaines années, cette technologie de pointe permettra à ses utilisateurs de converser librement et de manière fluide avec n'importe quel habitant du monde, avec pour unique traducteur un smartphone placé entre eux.

Une vision qui soulève d'ores et déjà, chez certains experts, la question de l'utilité de l'apprentissage des langues étrangères dans le futur...
 



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