Tech-Sciences

Envie de devenir cobaye ? Voici le "Tinder" de la recherche

Par Anaïs Marechal I Publié le 28 Août 2018

Cobaye.io est une application qui trouve le cobaye parfait aux chercheurs travaillant sur l'humain. Accessible à partir de décembre 2018, la plateforme sera un outil de travail pour les enquêtes nécessitant des volontaires, qui permettra aux chercheurs d'économiser 300 heures de travail par an.


Vous voulez devenir cobaye humain ? L'application vous met en relation avec des chercheurs (crédits : DR).
Vous voulez devenir cobaye humain ? L'application vous met en relation avec des chercheurs (crédits : DR).
En décembre, les chercheurs auront leur propre Tinder pour rencontrer des citoyens. Mais celui-ci n'aura pas pour but de faire naitre une romance : l'application Cobaye.io aidera les scientifiques à "matcher" avec des cobayes humains. Qu'ils soient psychologues, neuroscientifiques ou sociologues, plus de 20 000 chercheurs travaillent sur l'humain, et certains sont assistés par les citoyens qui participent à des études scientifiques. Ils répondent à un simple questionnaire ou vont même jusqu'à passer à une IRM, en étant parfois rétribués.
 
Selon les fondateurs de Cobaye.io, 440 heures sont consacrées chaque année par un chercheur à recruter des volontaires. Grâce à leur plateforme numérique qui mettra en relation les chercheurs avec des citoyens intéressés, les fondateurs espèrent rapprocher la science des citoyens et permettre aux scientifiques d'économiser 300 précieuses heures de travail.

"Les chercheurs perdent trop de temps"

C'est en 2017, durant son master en sciences cognitives, que Yoelis Acourt imagine Cobaye.io "J'étais dans la rue à essayer de recruter des gens pour participer à des études scientifiques, raconte-t-il. Je me suis dit que c'était ridicule que les chercheurs perdent autant de temps !" Accompagné de William Helie-Joly, un développeur web, il se lance dans ce projet et la start-up est créée en juillet 2018. Incubés à la Paillasse, un laboratoire de recherche citoyen, ils ouvriront leur plateforme numérique en version beta dès le mois d'octobre. Une brique de plus dans l'écosystème des sciences ouvertes.
 
La plateforme est un environnement de travail complet pour les études en sciences cognitives et comportementales. 
"L'application mobile sera une sorte de Tinder où tout le monde pourra consulter les études autour de lui, et décider de participer." 
En cas de "match" – si la personne correspond aux critères définis par le chercheur – Cobaye.io s'occupera de gérer les rendez-vous et la communication, pour 1 euro à chaque participation à l'étude. Somme que les chercheurs devront débourser en plus de la rétribution versée aux volontaires.

Récompense monétaire ou culturelle

Côté participants, après s'être déplacés au laboratoire de recherche pour l'étude, ils auront le choix entre toucher l'argent ou un produit de la boutique Cobaye.io. Yoelis Acourt envisage de proposer des évènements scientifiques, comme une entrée à la Cité des Sciences à Paris.

Les volontaires feront défiler sur leur smartphone les différentes études proposées autour d'eux (crédits : Cobaye.io).
Les volontaires feront défiler sur leur smartphone les différentes études proposées autour d'eux (crédits : Cobaye.io).
"Nous voulons rapprocher les gens des sciences, établir une relation de confiance avec les chercheurs. Et surtout leur permettre de s'approprier les actualités scientifiques, via un blog qui sera alimenté par les chercheurs."
Si l'objectif est intéressant, Nicolas Stefaniak, chercheur en psychologie cognitive à l'université de Reims, souligne : "Il y a un risque que les volontaires deviennent des "professionnels". Nos volontaires ne participent pas à plus de trois études, car ensuite ils peuvent émettre des hypothèses sur l'expérience, ce qui induit un biais." Une forme d'activité qui a en effet le vent en poupe, comme l'ont bien compris les plateformes de micro-travail Foule factory  ou Mechanical turk d'Amazon.

Inadapté aux études sur les pathologies

"Nous voulons proposer de la donnée de qualité aux chercheurs, en ouvrant les études à d'autres populations que les étudiants qui sont la majorité des volontaires aujourd'hui", détaille le fondateur de Cobaye.io. Les chercheurs étudiant le grand public devraient donc y trouver leur compte. "J'étudie certaines pathologies comme Alzheimer, ce sont ces études qui nous demandent le plus de temps pour recruter des volontaires, parfois plusieurs années, avoue Nicolas Stefaniak. Dans ce cas, l'outil ne présente aucune utilité."
 
Curieux de sciences, avides de découvrir ce qui se trame dans les laboratoires de recherche autour de chez vous ? Rendez-vous sur Cobaye.io à partir de décembre, le succès de la plateforme tiendra sans nul doute au nombre de ses participants !
 













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