Société-Économie

Europacity, Notre-Dame-des-Landes… Cartographie des "grands projets inutiles"

Le média Reporterre, l’ONG Le Mouvement et le Youtubeur Partager c’est sympa ont créé une carte collaborative des luttes contre les "grands projets inutiles et imposés" : extension d'hypermarchés, de complexes touristiques ou de fermes intensives....

Par I Publié le 8 Novembre 2019


Après l'abandon du projet Europacity cette semaine, ou de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, quel sera le prochain grand projet à tomber à l'eau ?

Ferme des mille vache, tunnel dans la montagne, extension d'hypermarché... En France, de nombreux méga-chantiers suscitent l'opposition d'une partie de la population pour des raisons sociales ou environnementales. Les actions peuvent être variées, de la pétition au recours en justice en passant par la création de ZAD.

Autant de luttes regroupées sur cette carte interactive, créée par le média Reporterre , l’ONG de mobilisation citoyenne Le Mouvement et le youtubeur Partager c’est sympa.

Précisément, Reporterre a recensé ce qu'il appelle de  "grands projets inutiles et imposés" (GPII). Une expression explicitée sur le site : "Nous nous sommes fondés sur la définition des GPII  adoptée lors du Forum social mondial de Tunis en 2013. Il est question de projets constituant un ‘désastre écologique, socio-économique et humain’ qui n’intègrent pas ‘la participation effective de la population à la prise des décisions’. ‘On parle de fuite en avant vers le plus grand, plus vite, plus coûteux, plus centralisateur avec des études d’impact souvent fondées sur des hypothèses fausses’".

Faciliter la mobilisation des citoyens

Au total, plus d’une centaine de luttes ont été comptabilisées, sous sept catégories : bétonnage, transport, énergie, industrie, agriculture, déchets, commerce. Cette carte est collaborative, il suffit de remplir ce formulaire en renseignant quelques informations pour la compléter. 

L’objectif : que la carte serve "d’outil de mobilisation afin d'inciter celles et ceux qui veulent s'engager à rejoindre ces collectifs", peut-on lire sur la page web.

Et Reporterre estime que ces luttes ne concernent pas seulement les écolos convaincus. Il cite en exemple Jean-Claude, un chasseur "pas vraiment écolo" qui fait partie d’un collectif de lutte contre un poulailler industriel en Vendée : "Il faut faire bouger les mentalités. Il faut dire stop à la maltraitance animale et à la malbouffe", s’insurge le chasseur...

Un outil pour les municipales

Ce recensement s'adresse aussi aux futurs candidats aux municipales de 2020. "Le temps des élections est une occasion unique parce que les maires sortants et les candidats sont obligés d’être à l’écoute de la population. Nous souhaitons les forcer à prendre position sur ces sites polluants", explique Elliot Lepers, du Mouvement, sur le site du média partenaire.
 
La cartographie a en effet été créée dans le cadre d’une campagne plus globale, baptisée "SuperLocal", visant les prochaines élections, en collaboration avec l’association Notre affaire à tous. Cette dernière propose une aide juridique aux collectifs citoyens ou aux collectivités en lutte et devrait publier prochainement un guide pour mettre en lumière les recours possibles au niveau local.
 
"Avec cette campagne, on va changer d’interlocuteur, et s’attaquer directement aux rouages du système qui broient l’humain et la nature, aux fermes-usines, aux aéroports, aux incinérateurs, aux supermarchés. On n’a pas besoin de ces sites, il est temps de les arrêter, partout", fustige Chloé Gerbier, de Notre affaire à tous.












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