Politique

Exclu : Il répond à Nicolas Hulot en lançant une "Marche pour le Climat"

Par I Publié le 30 Août 2018

Une mobilisation citoyenne est en cours pour organiser à Paris une grande "Marche pour le climat" le 8 septembre. We Demain a retrouvé et interrogé l'initiateur de cet événement Facebook devenu viral. Et qui pourrait s'étendre à d'autres villes.


Une manifestation à Paris lors de la COP21 (Crédit :  Mark Dixon / Flickr)
Une manifestation à Paris lors de la COP21 (Crédit : Mark Dixon / Flickr)
"Est-ce que j'ai une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité [...], est-ce que j'ai une union nationale sur un enjeu qui concerne l'avenir de l'humanité et de nos propres enfants ?", s’interrogeait Nicolas Hulot au micro de France Inter, mardi 28 août.

Renvoyant dos à dos État et citoyens face à leurs responsabilités respectives dans la transition écologique, avant de claquer la porte du gouvernement.
 
Un appel qui a été entendu. Le soir même, un événement Facebook a en effet été créé, appelant à une grande "Marche pour le Climat" le 8 septembre devant l’hôtel de ville de Paris. Moins de 48 heures plus tard, 4 100 personnes affirment déjà qu'elles seront présentes et 25 000 se disent "intéressées".

Moins de 48 heures après sa création, l'événement Facebook connait un succès viral. (Crédit : We Demain)
Moins de 48 heures après sa création, l'événement Facebook connait un succès viral. (Crédit : We Demain)

"Dépassé par l'ampleur de la mobilisation"

Mais qui sont les organisateurs ? Seul indice : une page anonyme baptisée "Explore le monde" et visiblement créée pour l’occasion. We Demain a retrouvé son créateur. Contacté par téléphone, il s’explique :
 
"J'ai fait ça de façon spontanée. J’ai été touché par l’appel de Nicolas Hulot et je me suis dit qu’il fallait réagir ", explique à We Demain Maxime, cet internaute qui souhaite rester anonyme.
 
"J’ai créé l’événement Facebook mardi soir vers 18h mais je dois dire que depuis je suis un peu dépassé par l’ampleur de la mobilisation. En même temps, c’est hyper enthousiasmant."
 
Car il ne suffit pas de deux clics pour organiser une manifestation publique. Celle-ci doit au préalable être déclarée et approuvée en préfecture. Cela nécessite également un encadrement, avec des bénévoles, des services de secours et de sécurité.
 
"Je n’avais jamais organisé de marche avant cela. Je ne suis qu’un simple citoyen préoccupé par ce que je lis dans la presse, comme l’appel des 15 000 scientifiques à réagir avant qu’il ne soit trop tard", poursuit Maxime.
 
"Ça me ferait terriblement mal au cœur de devoir annoncer que c’est annulé pour de simples raisons logistiques. Et que ceux qui s’y présenteront quand même risquent de faire face à un mur de CRS et de ne pas pouvoir s’exprimer, voire d’être carrément matraqués."

Pas de récupération politique

Pour l’aider, plusieurs associations écologistes sont entrées en contact avec le jeune homme. "Je peux déjà citer 350.org, qui prévoyait ce jour-là, depuis plusieurs mois, une mobilisation pour le climat." Mais cet événement, qui a été déposé en préfecture, n'a pas été pensé pour autant de participants que ceux ayant rallié l’initiative de Maxime. De nouvelles demandes d'autorisation sont en cours.
 
"Je ne fais pas ça en mon nom car ce n’est pas l’objectif. Je ne veux pas non plus que ce soit récupéré politiquement. La crise écologique nous concerne tous  et il est urgent d’aller au delà des querelles partisanes et d’agir".
 
Quid des autres villes de France ? "Je n’arrête pas de recevoir des messages. Des gens me demandent où auront lieu les autres rassemblements. Je leur conseille de s’impliquer et de les organiser". Déjà, des habitants de Lyon, Bordeaux et Toulouse auraient répondu à son appel. La démission surprise de Nicolas Hulot signera-t-elle le début d’une véritable mobilisation populaire pour le climat ?

 

[Mise à jour au 31/08 ]
À 20 heures, l'événement Facebook parisien rassemble 8 000 participants et 48 000 "intéressés". Les associations 350 France, Attac France, Notre affaire à tous, CRID et Bloom ont rejoint l'appel. Une pétition a été lancée. Des manifestions sont aussi prévues à Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Marseille.

[Mise à jour au 03/09 ]
À midi, ce sont désormais 13 000 participants et 72 000 intéressés. Des manifestions sont aussi prévues à Avignon, Clermont, Grenoble, Lille, Metz, Montpellier, Rennes, Rouen. Ainsi qu'à Bruxelles, Genève et Montréal.













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