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"Fédérons-nous ! La France ne doit pas perdre la bataille du numérique"

I Publié le 21 Septembre 2016

TRIBUNE. Par Grégory Pascal, directeur et fondateur de l'entreprise Sensiolabs.


(Crédit : kai Stachowiak/Public Domain Pictures)
(Crédit : kai Stachowiak/Public Domain Pictures)
Nous vivons actuellement dans un monde ultra-connecté, dans lequel notre quotidien est lié au numérique. Les objets que nous utilisons deviennent, les uns après les autres, des "objets connecté" : Smartphone, Tablette, montre, collier pour chien etc. C’est une véritable économie du numérique qui s’est créée au fil des dernières années, et comme toutes les économies, elle recèle différents enjeux qu’il est nécessaire de prendre en compte afin d’y prospérer.

Les acteurs de cette économie ne sont pas tous de la même taille ni de même nature. En effet, les enjeux liés au numérique concernent aussi bien les entreprises que les Etats. Or, un pays qui souhaite devenir un acteur à part entière dans cette nouvelle économie doit soutenir ses entreprises, c’est la toute la complexité à laquelle ils sont désormais confrontés.

Des enjeux stratégiques pris en compte très tôt par certains acteurs :

Désormais, presque tout et tout le monde est connecté, c’est un flot de données ininterrompu qui gravitent, s’échangent, se vendent et traversent les continents chaque seconde de chaque jour et ces données sont précieuses…

Le numérique permet un accès instantané à des données financières, météorologiques, boursières et même personnelles, en bref des données stratégiques pour les entreprises et pour les pays. Les entreprises cherchent à récolter ces données mais se battent également pour ne pas qu’on accède aux leurs.

Les États-Unis et leurs entreprises excellent dans ce nouveau jeu car leur stratégie numérique fut mise en place au lendemain de la guerre froide. Celle-ci a pour objectif de faire des Etats-Unis la superpuissance du numérique.

Encourager les entreprises françaises

Aujourd’hui vous créez un compte Google (entreprise américaine) avec votre nouveau téléphone Apple (entreprise américaine) tout en étant sur votre Twitter ou votre Facebook (entreprises américaines là aussi). Lors de cette situation, paraissant anodine, vous transmettez énormément de données parfois extrêmement personnelles sur vous et potentiellement sur votre entreprise.

Or, ce sont ces mêmes entreprises américaines qui utilisent ces données dans leurs intérêts ce qui a parfois fait l’objet de scandale entre les États-Unis et l’Europe (comme l’affaire Snowden par exemple). Ne préfèreriez-vous pas avoir le choix ? Entre un Facebook français et américain ne préfèreriez-vous pas soutenir le projet français plutôt que la plateforme américaine qui transmet vos informations aux services de renseignements américains au nom, officiellement, de la lutte anti-terroriste ? D’autre part, nous passons quasiment tous par Google pour effectuer nos recherches internet.

En d’autres termes, nous trouvons comme résultat ce que Google accepte de nous donner. Si des informations, disponibles et échangeables numériquement, vont contre les intérêts de Google, pensez-vous qu’elles apparaîtront à la première ligne de la première page de ce moteur de recherche ? C’est pourquoi, dans ce monde qu’est le numérique, il faut encourager nos entreprises, soutenir notre stratégie pour ne pas être dépendant d’autres acteurs étrangers.

Les atouts français sont nombreux :

La France s’est clairement fixé comme objectif de favoriser l’émergence des talents et des start-up françaises de demain, de les aider à se développer à l’international et de promouvoir l’écosystème français à l’étranger.

Par ailleurs, la France est une nation qui innove dans le secteur du numérique. La preuve en est qu’elle dispose d’un véritable arsenal de combat : des ingénieurs reconnus mondialement pour leurs compétences, des domaines d’expertise et des politiques en sa faveur, comme la FrenchTech.

La stratégie française est lancée, l’enjeu est désormais de la soutenir en encourageant nos entreprises afin d’en faire des fleurons et ainsi retrouver une indépendance numérique.

Un acteur majeur du numérique au niveau mondial

Il apparaît que certaines entreprises françaises ont d’ores et déjà pris en compte tous les enjeux liés au numériques et s’efforcent de prospérer dans cette économie. Le combat est rude car ces dernières sont dispersées et font face à des géants qui souhaitent tous imposer leur vision et ainsi régir la norme actuelle et future. 

Il est primordial de fédérer les acteurs français du numérique, surtout au vu du caractère vital des enjeux liés à cette économie, pour rééquilibrer le combat. Il est donc nécessaire de soutenir et d’ériger des fleurons industriels français du numérique et ne pas réitérer les erreurs du passé qui se sont avérées extrêmement dures d’un point de vue stratégique (perte de la branche la plus fructueuse d’Alstom rachetée par une entreprise américaine). 

L’État et les entreprises doivent avancer de concert, servir les mêmes intérêts pour tirer leur épingle du jeu. Les atouts sont présents, nous ne manquons pas de talents, loin de là, il suffit de les rassembler, de les fédérer autour d’un objectif commun : faire de la France un acteur majeur du numérique au niveau mondial.

Gregory Pascal.

Grégory Pascal. (Crédit : DR)
Grégory Pascal. (Crédit : DR)

Gregory Pascal est le directeur et fondateur de l'entreprise Sensiolabs créatrice du "framework" Symfony. Sa vision : la conquête collective de marchés étrangers en s’appuyant sur le réseau français, notamment institutionnel. Ce, grâce à une équipe française du numérique pour représenter et défendre les intérêts français à l’étranger. Cette équipe aura pour mission selon lui, de permettre à la France d’être un acteur majeur dans le monde du numérique en appréhendant tous les enjeux qui s’y rapportent.






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