Connectez-vous S'inscrire
We Demain, une revue pour changer d'époque
Débats, opinions
Gérard Leclerc
Éditorialiste politique à We Demain. Il a notamment travaillé pendant une vingtaine d'années à... En savoir plus sur cet auteur

Fin du groupe Vert à l'Assemblée : la rupture est consommée entre réformistes et radicaux

Par I Publié le 20 Mai 2016

CHRONIQUE. Par Gérard Leclerc, éditorialiste politique à We Demain.


Deux antilopes à la lutte (image d'illustration / Crédits : Wikimedia Commons / Papphase)
Deux antilopes à la lutte (image d'illustration / Crédits : Wikimedia Commons / Papphase)
"Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre", dit l’adage. Les Verts avaient tout pour réussir.

L’environnement, la préservation de la planète et le développement durable qu’ils ont porté à bout de bras sont aujourd’hui repris par tous, ou presque. Un accord électoral avantageux, négocié avec Martine Aubry, leur a permis de pouvoir constituer pour la première fois un groupe à l’Assemblée, et d’entrer par la grande porte au gouvernement : Cécile Duflot obtenant le logement pour ne rester cantonnée à l’environnement.

Mais ils ont transformé l’or en plomb.

Comme souvent à gauche, les Verts ont du mal à assumer le pouvoir. Les compromis inévitables sont vécus par certains comme des compromissions. Très vite, le groupe EELV (Europe–écologie-Les-Verts) se scinde en deux : 9 réformistes, clairement ancrés dans la majorité derrière François de Rugy et Barbara Pompili cohabitant avec 9 radicaux, tournés vers le Front de Gauche.

Le groupe parlementaire devient un bateau ivre

En 2014, Cécile Duflot, qui espère récupérer les déçus de François Hollande et se positionner pour la présidentielle de 2017, décide seule de quitter le gouvernement. "Un coup de force" pour François de Rugy.

Les tensions et règlements de comptes s’exacerbent. Le groupe parlementaire devient un bateau ivre, la moitié des députés votant pour les textes gouvernementaux ou s’abstenant, les autres votant contre, et n’hésitant pas à préparer une motion de censure contre le gouvernement.
 


Gérard Leclerc (DR)
Gérard Leclerc (DR)
Le fragile équilibre des deux co-présidents du groupe est rompu après l’affaire Baupin : Cécile Duflot twitte qu’elle est désormais seule présidente, François de Rugy ayant succédé à Baupin à la vice-présidence de l’Assemblée. En fait, tout ce petit monde se déteste. Les réformistes sont soupçonnés de privilégier la soupe gouvernementale, et les radicaux sont accusés de dérives sectaires.

Voilà donc six réformistes qui rejoignent le groupe socialiste, et les dix autres, derrière Duflot, à la recherche éperdue de cinq députés pour créer un nouveau groupe. Ce qui n’est pas gagné.

Les écologistes nous avaient déjà surpris, en préférant par exemple pour la présidentielle de 2012 Eva Joly à Nicolas Hulot. Là ils se surpassent et se sabordent...



WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE