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Grâce à des bactéries, cette start-up va éclairer nos villes sans électricité

Par I Publié le 14 Avril 2016

La jeune pousse Glowee a été sélectionnée par la revue du MIT parmi les innovateurs de moins de 35 ans de l'année 2016. Son invention : des bactéries qui renferment les gènes d'animaux marins bioluminescents.


Image de synthèse de Glowee (Crédit : Glowee)
Image de synthèse de Glowee (Crédit : Glowee)
Algues, méduses, calamars, poissons, crevettes… Tous ces animaux marins ont en commun de posséder un gène code leur permettant d’être bioluminescents : en présence d’une enzyme, la luciférase, ils génèrent naturellement une lumière colorée (en général bleue ou rouge). Cette production naturelle est pour la start-up parisienne Glowee  l'une des ressources de demain.
 
Ses dix employés utilisent cette propriété, possédée par 90 % des organismes marins, pour générer une nouvelle source de lumière. Une idée pour laquelle CEO, Sandra Rey, 26 ans, titulaire d'un master en design industriel, a été retenue par la revue du Massachussetts Institute of Technology (MIT) parmi les "Innovateurs de moins de 35 ans France" 2016, dont la cérémonie de remise des prix a eu lieu à Paris, mercredi 13 avril.

"Nous voulons repenser la manière de produire et de consommer la lumière en proposant une matière première vivante, lumineuse, douce, cultivable, qui ne nécessite ni électricité, ni infrastructure d’installation pour fonctionner", y a-t-elle expliqué devant un parterre de scientifiques et d'entrepreneurs.


(Crédit : Glowee)
(Crédit : Glowee)
Pour y parvenir, son équipe scientifique utilise les gènes codant pour la bioluminescence et les insère dans des bactéries non pathogènes et non toxiques. Une fois les bactéries modifiées, elles sont couplées à une solution nutritive, puis encapsulées et cultivées dans une coque en résine organique aux formes variables "selon les besoins des clients", précise Geoffroy De Berail, le directeur financier de Glowee. Des coques dans lesquelles les bactéries disposent de tout ce dont elles ont besoin pour se développer.

L'objectif : commercialiser ces coques dès 2017 pour illuminer les vitrines des magasins, dont l’éclairage de nuit est interdit depuis un décret de juillet 2013. 

 
"Nous ne voulons pas concurrencer les autres sources d'éclairage, mais bien diversifier l'offre. Et permettre ainsi à nos clients d'utiliser nos bactéries pour mettre en valeur leurs boutiques, notamment quand l'électricité est coûteuse et difficile à installer", ajoute Sandra Rey.

"19 % de la consommation mondiale en électricité est utilisée pour l'éclairage, et cela génère 5 % des émissions de CO2 à travers la planète", renchérit Geoffroy De Berail. Avec leurs coques légères et leur matière première qui se crée elle-même, ces bactéries "sans noyau" se reproduisant naturellement, l'équipe de Glowee espère contribuer à l'émergence d'une véritable alternative écologique.


Seul bémol - la durée de vie de ces microrganismes, qui, à ce jour, ne dépasse pas 72 heures en continu, "alors que les entreprises changent leurs vitrines au moins une fois par semaine", explique Geoffroy De Berail.

Mais Glowee travaille activement à l'amélioration de la technologie. Et ses ambitions ne s'arrêtent pas là. Dès 2018, la fondatrice de l’entreprise, Sandra Rey, entend intégrer ses bactéries luminescentes dans le reste du paysage urbain : bâtiments, signalétique, mobilier urbain…

Pour financer leur développement et leur production industrielle d'ici là, Glowee vient de lancer une importante levée de fonds.

 
"En 2015, nous avons collecté en six semaines 42 000 euros grâce aux 500 contributeurs de notre campagne de financement participatif sur Ulule. Cette année, nous ouvrons notre capital au grand public et espérons parvenir à un million d'euros", précise le directeur financier de la start-up.

Une somme qui devrait lui permettre d'atteindre son lumineux objectif : éclairer nos villes grâce à la biodiversité des mers.




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