Politique

Huawei : le géant du smartphone est-il un espion ?

L’insolente avance technologique prise par Huawei sur nos futures communications 5G inquiète les États-Unis. Le groupe chinois a été visé par de lourdes sanctions, dont notamment une suspension de sa collaboration avec Google.

Par Gabriel Thierry I Publié le 5 Juin 2019


Fondée il y a trente ans, Huawei va-t-elle permettre à la Chine de s'infiltrer dans nos communications ? (Crédit : Georgia Perry / Wired)
Fondée il y a trente ans, Huawei va-t-elle permettre à la Chine de s'infiltrer dans nos communications ? (Crédit : Georgia Perry / Wired)

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En cette fin de matinée, ce samedi 1er décembre, le vol Cathay Pacific CX 838 amorce sa descente vers l’aéroport de Vancouver après douze heures au-dessus de l’océan Pacifique. Les passagers s’impatientent tandis que l’équipage annonce la météo locale, fraîche après celle de Hong Kong, le point de départ du long-courrier. Parmi les passagers, Meng Wanzhou. Pour cette Chinoise de 46 ans aux longs cheveux noirs de jais, Vancouver n’est qu’une étape avant sa destination finale, Mexico.

L’itinéraire, avec cette escale canadienne, n’est pas le plus direct. Mieux vaut changer à San Francisco ou à Dallas pour rejoindre au plus vite la capitale du Mexique depuis l’ancienne colonie britannique. Mais ce n’est sans doute pas un hasard si la directrice financière de Huawei, premier équipementier télécom du monde et deuxième vendeur de smartphones, fait un détour. La quadragénaire, qui n’a pas remis les pieds aux États-Unis depuis mars 2017, se doute-t-elle qu’elle est traquée par la justice américaine ?

À sa sortie de l’avion, des officiers de l’agence des services frontaliers canadiens scrutent attentivement les passagers, photos en main. Ils n’ont pas à attendre longtemps, puisqu’elle est parmi les premiers à sortir de l’appareil. “Madame Meng Wanzhou ? Veuillez nous suivre s’il vous plaît.

La correspondance en Colombie britannique de la directrice financière de Huawei n’a pas échappé aux autorités américaines. In extremis, la veille de son arrivée, elles se sont empressées de transmettre au Canada une demande d’extradition. Dans les bureaux de la police des frontières, elle est aussitôt délestée de son ordinateur, un Mac Book Air, et de ses deux téléphones, un Iphone 7plus et un Huawei Mate 20.
 

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Ce même 1er décembre, les présidents Donald Trump et Xi Jinping venaient pourtant tout juste d’annoncer une trêve commerciale après un dîner de travail de plus de deux heures en marge du G20 à Buenos Aires. En froid après l’arrestation canadienne, les deux pays se sont depuis rapprochés sur la question épineuse des droits de douane.

Que reproche-t-on à Meng Wanzhou ? La justice américaine la soupçonne d’avoir fraudé en vue de contourner les sanctions américaines contre l’Iran et d’être impliquée dans le vol de secrets industriels de l’opérateur américain T-Mobile. Surtout, en demandant son extradition, l’accusation vise le géant chinois des télécommunications au cœur. Car la directrice financière de Huawei n’est autre que la fille aînée du fondateur de l’entreprise, Ren Zhengfei.













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