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Je pars à la rencontre des peuples les plus touchés par le réchauffement climatique

I Publié le 11 Juin 2016

RÉCIT. Par Anne-Sophie Roux, porteuse du projet Wānanga Trek.


Sur la route des Andes péruviennes dans la région de Puno, lors d'un précédent trek en 2015 (Crédit : DR)
Sur la route des Andes péruviennes dans la région de Puno, lors d'un précédent trek en 2015 (Crédit : DR)
De Nouvelle-Zélande au Bhoutan, du Pacifique à l’Himalaya, le Wānanga Trek est un reportage solidaire mené par Anne Sophie, étudiante en sciences politiques de 21 ans. Chaque mois, elle racontera ses aventures à We Demain.

Fonte des glaces, montée du niveau des océans, déforestation massive, exploitation massive des ressources naturelles et de la biodiversité : ces phénomènes globaux issus des dérèglements climatiques sont le plus souvent relatés sur un ton alarmiste plutôt que sous l’angle des solutions existantes.

Mon projet de trek solidaire a pour postulat que la perception des plus concernés par ces conséquences du changement climatique a énormément à nous apprendre. Durant ce voyage je m’investirai via des ONG ou directement au sein de communautés locales, et réaliserai des reportages (écrits, photos et vidéos) des solutions alternatives qu’elles bâtissent à leur échelle.

En juillet, Anne-Sophie Roux quittera Paris pour les Philippines (Crédit : DR)
En juillet, Anne-Sophie Roux quittera Paris pour les Philippines (Crédit : DR)

"Je m’impliquerai dans les communautés villageoises"

La première étape de mon trek, où je me rendrai dès juillet 2016, se situe aux Philippines, dont les sept mille îles en font un pays des plus menacés par la montée des eaux. Sur celles de Negros et Bantayan, à environ cinq cent kilomètres au Sud de Manille, je m’impliquerai dans les communautés villageoises afin d’identifier des sources de revenu alternatif issu du tourisme solidaire et de l’économie circulaire, en coopération avec l’agence Make A Difference Travel.

Pendant deux mois je voyagerai de village en village entre ces deux îles, apportant mon aide via l’association Gawad Kalinga, fondée par Tony Meloto. Mon séjour aux Philippines se terminera sur l’île de Malapascua, au Nord-Est de Bantayan. Avec l’association People and the Sea, je m’intègrerai au sein de communautés insulaires ayant fait de la protection de la biodiversité marine un axé clé de leur développement.
 

Le Lac Blanc, entre sommets et reflets, dans le massif des Aiguilles Rouges (Chamonix) (Crédit : DR)
Le Lac Blanc, entre sommets et reflets, dans le massif des Aiguilles Rouges (Chamonix) (Crédit : DR)

En octobre, direction la Nouvelle-Zélande, où l’Université d’Auckland m’accueille en tant qu’étudiante invitée jusque la fin du semestre pour y mener des recherches sur la résilience et les luttes environnementales māories. Ce sera également l’occasion de rencontrer des chercheurs spécialisés sur les questions climatiques autant que des communautés māories sur l’île du Nord.

À partir de janvier 2017, cap au Nord en passant par Tuvalu et le Vanuatu, deux îles du Pacifique dont la surface émergée ne dépasse pas cinq mètres au-dessus du niveau des océans. Des contacts sont en cours pour déterminer la fin du voyage en Asie du Sud-Est entre le Vietnam, le Laos, le Cambodge et le Bangladesh.

L’ultime étape de mon trek rejoint ma principale passion, la montagne, et pas des moindres : l’Himalaya. Le Bhoutan est un pays symbole de ma démarche : extrêmement menacé par les risques d’inondations provoqués par la fonte des glaciers, la protection de l’environnement est un impératif national. Il est le premier pays au monde à se convertir entièrement à l’agriculture biologique et à calculer sa richesse non sur le PIB mais sur le BNB, le bien-être et le bonheur de ses habitants.
 

Après l'Asie du Sud Est, Anne-Sophie Roux mettra le cap sur le Bhoutan (Crédit : DR)
Après l'Asie du Sud Est, Anne-Sophie Roux mettra le cap sur le Bhoutan (Crédit : DR)

Une campagne de crowdfunding pour aller au Bhoutan

Financement J’organise ce projet seule depuis plus d’un an maintenant, et l’auto-finance dans sa quasi-totalité grâce à des jobs étudiants, à Sciences Po et dans un bar parisien, des emplois freelance dans la traduction ou des tournages publicitaires ; ainsi qu’un prêt étudiant.

Toutefois la législation bhoutanaise imposant une taxe touristique très élevée pour un étudiant, je lance une campagne de financement participatif pour me permettre de terminer mon reportage des solutions aux changements climatiques dans le pays où ils sont une clé de voûte de la société et de ses politiques.

Cette campagne servira également, grâce aux contreparties, à faire vivre le commerce local bhoutanais et l’économie circulaire en remerciant les contributeurs avec des objets artisanaux locaux comme des darchok, drapeaux de prières artisanaux, des statuettes bouddhistes ou encore des bijoux.

"Penser les transitions de nos sociétés à une échelle plus large"

Convaincue que la coopération horizontale est la base de tout développement durable et inclusif, je porte mon projet avec une grande détermination à relayer les initiatives des plus concernés en montrant comment une multitude de solutions locales peuvent nous aider à penser les transitions de nos sociétés à une échelle plus large !

Les articles et comptes-rendus de ces solutions seront publiés mensuellement sur We Demain et les sites des éditions Viatao, de l’organisation Open Diplomacy de la revue Sens Public ainsi que sur le site Wānanga Trek.



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