Société-Économie

Johan, réparateur de vélo itinérant : "J'en avais marre d'être employé"

Par Anaïs Marechal I Publié le 3 Août 2018

Johan Guillotin s’est lancé cette année dans l’aventure de la mobilité : il répare les vélos au domicile de ses clients parisiens. Rapide, maniable et écolo, son biporteur rutilant ne passe pas inaperçu.


Un biporteur Bullit équipé d'une caisse de 300 litres permet à Johan Guillotin de transporter son matériel de réparateur de vélos (crédits : Anaïs Marechal / We Demain).
Un biporteur Bullit équipé d'une caisse de 300 litres permet à Johan Guillotin de transporter son matériel de réparateur de vélos (crédits : Anaïs Marechal / We Demain).
Si les travailleurs français ne sont que 2 % à utiliser la petite reine pour se rendre au travail, certains entrepreneurs comme Johan Guillotin parient sur ce mode de transport : "La France est très en retard. Le marché du vélo va exploser, j’en suis sûr." Le trentenaire s’est lancé en janvier 2018 dans l’aventure de la réparation de vélos, au domicile de ses clients de l’ouest parisien grâce à son "Atelier Qui Roule ". Une nouvelle façon d’entreprendre dans les services à la personne, comme l’ont bien compris une quinzaine d’autres professionnels parisiens, de l’artisanat à la restauration, réunis dans le collectif "Les boites à vélo ". Sur son biporteur rutilant, Johan croit en la réussite de sa petite entreprise, qui ne connaît pas la crise.

Installés sur un pied d'atelier, les vélos sont réparés par Johan sur le trottoir en bas de chez vous (crédits : Fanette Boisot).
Installés sur un pied d'atelier, les vélos sont réparés par Johan sur le trottoir en bas de chez vous (crédits : Fanette Boisot).

"Mon vélo fait ma propre publicité"

Six mois après ses premiers clients, l’agenda de Johan est complet et son téléphone sonne toutes les 30 minutes. "J’en avais marre d’être employé, ça m’a fatigué du métier." Après dix ans d’expérience dans la vente et la réparation de vélos, il investit 12 000 euros dans un biporteur électrique, équipé d’une caisse de 300 litres, et son matériel de réparateur. "Aujourd’hui, j’enchaine quatre à cinq rendez-vous par jour, tous les jours sauf le dimanche après-midi." Un investissement de temps et d’argent qui lui permet de vivre confortablement de son commerce : chaque déplacement se fait en moyenne pour une cinquantaine d’euros de réparation, déplacement compris.

Grâce à son biporteur, Johan fait de n’importe quel bout de trottoir son garage à lui. "
Le vélo fait ma propre publicité, les gens s’arrêtent souvent lorsqu’ils me voient travailler."  La rue permet un contact privilégié avec les passants, mais aussi avec le client d’après Johan : "Je peux prendre du temps avec eux, leur donner des conseils. C’est quelque chose qui s’est perdu dans les grandes enseignes comme Décathlon."  Rien d’étonnant pour cet entrepreneur au contact facile : il a fait le choix d’abandonner une carrière naissante chez les pompiers pour sa deuxième passion, le sport. Pas sur les circuits mais bien au contact du client, qu’il retrouve également sur les marchés le week-end.
"Le seul inconvénient, c’est la météo ! Mais j'arrive toujours à m'adapter."

Le service à la personne est aujourd’hui sur tous les fronts, et s’adapte aux vies remplies des actifs. "En venant chez eux, j’enlève une épine du pied à mes clients."  Plus besoin de se déplacer chez le réparateur, qui s’occupe de votre monture pendant que vous vaquez à vos occupations. Et en plus, c’est écolo. "Le vélo me permet d’être rapide, et l’écologie me tient à cœur." Et fait un excellent argument de vente, confie-t-il à demi-mots. Tout comme son apparence soignée, loin du cliché du mécanicien plein de cambouis.

Un savoir-faire nécessaire

Pour se lancer dans l’aventure, Johan a pu compter sur son savoir-faire. Il l’a acquis pendant sa carrière de vendeur-réparateur, qui l’a trainé dans des boutiques de Grenoble, Annecy ou encore à Versailles. "Beaucoup de gens pensent que réparer un vélo, c’est simple. Moi j’en apprends encore tous les jours !"  Même si, pendant notre entretien, il refusera poliment de se déplacer chez quelqu’un le sollicitant pour ... regonfler un pneu.

"Les gens préfèrent changer de vélo, je leur conseille toujours de le faire réparer."  À l’heure où les modes de consommation semblent prendre un autre virage, avec notamment la fin des grandes surfaces  , l’heure de la durabilité a-t-elle enfin sonné ?








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