Société-Économie

Julie-Lou Dubreuil, une bergère dans la ville

Par Emmanuelle Vibert I Publié le 4 Septembre 2018

Au sein de la coopérative Coopaname, les indépendants bénéficient (presque) des mêmes avantages que les salariés. Une nouvelle forme de travail, voire... de démocratie. Parmi les 850 membres de cette coopérative, beaucoup ont accompli un virage professionnel pour vivre en accord avec leurs valeurs. Galerie de portraits de ces explorateurs d'un nouveau monde.


Julie-Lou Dubreuil, bergère urbaine. (Crédits : Bergers Urbains)
Julie-Lou Dubreuil, bergère urbaine. (Crédits : Bergers Urbains)
Cet article est le premier d'une série de six portraits disponibles dans le numéro 23 de la revue We Demain en septembre 2018.

Berger urbain, cela a quelque chose d’un oxymore. "Les bergers sont d’habitude très solitaires, explique Julie-Lou Dubreuil. Nous avons choisi d’être au milieu de la ville, au contact des autres : des explorateurs ! On invente quelque chose." Après des études inachevées d’architecture, Julie-Lou est devenue chef de chantier, a fait de la concertation avec les habitants… Depuis six ans, elle est bergère urbaine au sein de l’association Clinamen. Avec trois collègues, elle prend soin du troupeau, de 30 brebis et 28 agneaux, installé dans le parc Georges-Valbon à La Courneuve. Ils proposent leurs services aux entreprises, aux collectivités qui préfèrent les moutons aux tondeuses à gazon. 

Depuis trois ans à Coopaname, Julie-Lou se paye 600 euros par mois. Les Bergers urbains (voir We Demain n°18) sont encore à la recherche de leur modèle économique. "Le salariat ne me convenait pas, poursuit la bergère des villes. Entrepreneuse, ça n’est pas non plus ce que je voulais être. J’ai choisi Coopaname. Je pourrai y tester peut-être d’autres activités. Je suis d’une génération où on a envie de toucher à tout, de décloisonner. Je sais très bien faire la cuisine, par exemple, peut-être que j’en ferai quelque chose." 

La vie à Coopaname, Julie-Lou suit ça de loin, mais la trouve essentielle. "C’est une façon de réinventer notre démocratie. La démocratie au sein de l’État-nation n’a plus cours. Il faut expérimenter des unités démocratiques à des niveaux territoriaux, au sein d’entités économiques, utiliser les armes de l’entrepreneuriat pour créer des structures démocratiques. Comme au moment où on a inventé les mutuelles et les syndicats. On est allés au bout d’un système. On est en train d’en inventer un nouveau."
 














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