Planète

L'Asie du Sud-Est ne veut plus être la poubelle des Occidentaux

Retour à l'envoyeur. Plusieurs pays asiatiques refusent désormais de recevoir les déchets plastiques des Occidentaux, et renvoient les conteneurs vers leur pays d'origine. Une véritable crise du recyclage, qui touche aussi la France.

Par Albane Guichard I Publié le 21 Août 2019


En Malaisie, les déchets plastiques envoyés par les pays occidentaux terminent souvent dans des décharges à ciel ouvert (Crédit : Rich Carey / Shutterstock)
En Malaisie, les déchets plastiques envoyés par les pays occidentaux terminent souvent dans des décharges à ciel ouvert (Crédit : Rich Carey / Shutterstock)
La Chine, puis la Malaisie, les Philippines, et maintenant l'Indonésie. Les pays d'Asie du Sud-Est refusent un à un d'être la poubelle de l'Occident, depuis que Pékin a mis fin à l'importation des déchets en janvier 2018.

Résultat ? Des conteneurs transportant des milliers de tonnes de détritus à recycler sont renvoyés vers leurs pays d'origine : les États-Unis, le Canada, l'Australie, l'Allemagne mais aussi... la France. L'Hexagone est le 16ème plus gros exportateur de déchets plastique au monde, selon un rapport de Greenpeace

Que deviennent les déchets exportés ?

Si les déchets triés sont envoyés en Asie dans le but d'être recyclés, les emballages plastiques des Français finissent bien souvent dans des décharges sauvages, en pleine nature comme en zone riveraine, comme l'avait montré Konbini dans un reportage en juin 2019. 



Face à l'augmentation du nombre de déchets reçus, les usines de retraitement du plastique se sont mises à en brûler une partie. Les riverains, en plus de subir la pollution visuelle des décharges, se retrouvent intoxiqués par les fumées nauséabondes de ces emballages plastique venus d'ailleurs. 

Depuis que la Chine a durci ses conditions d'importation de déchets, d'autres pays d'Asie, notamment la Malaisie, se retrouvent submergés. 

Retour à l'envoyeur

Certains ont suivi l'exemple de la Chine et renvoient aux pays occidendaux les poubelles dont ils se sont débarrassées. Fin mai 2019, la Malaisie a retourné 3 000 tonnes de déchets à 14 pays expéditeurs, dont la France.

La ministre de l'Énergie, de la Technologie, de la Science, de l'Environnement et du Changement climatique, Yeo Bee Yin, avait alors demandé aux pays développés "de revoir leur gestion des déchets plastiques et de cesser d'expédier des déchets vers les pays en développement."

Quelques jours plus tard, le 31 mai, l'Indonésie suivait en renvoyant au Canada 69 conteneurs de déchets reçus il y a plusieurs années. Le ministre des Affaires étrangères avait même tweeté une photo du cargo, avec comme légende "Bye bye comme on dit".
 
Fin juillet, c'était au tour de l'Indonésie de réexpédier des conteneurs vers la France et Hong Kong. Certains des détritus étaient classés comme dangereux et ne respectaient pas les règles d'importation, selon le gouvernement indonésien. Quelques semaines plus tôt, l'Australie et les États-Unis voyaient également leurs déchets revenir d'Indonésie. 

Quelles solutions ?

Les pays developpés produisent énormément de déchets mais ne sont pas capables d'en assumer intégralement le recyclage. En 2016, la France a ainsi exporté 700 000 tonnes de déchets plastique dans le monde, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Si désormais les pays asiatiques refusent de servir de poubelles, que va-t-il se passer ? Aux États-Unis, certaines villes ont tout bonnement arrêté de recycler, incapables de prendre en charge de nouveaux déchets. 

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En France, Emmanuel Macron a annoncé que 100 % des plastiques seraient recyclés d'ici 2025. Mais selon actu-environnement, la France a une capacité de recyclage des déchets plastique de 400 000 tonnes, pour une production de 900 000 tonnes. D'importants investissements dans l'industrie du recyclage paraissent nécessaires, mais l'argent risque de manquer... 

Reste une solution : consommer moins de plastique, tout simplement.












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