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L’architecture comme "arme d’émancipation"

Par Alice Pouyat I Publié le 16 Mai 2018

Et si l’architecture était un outil "d’empowerment", d’émancipation des citoyens ? Tel était le thème du concours "Global award for sustainable architecture", qui récompense chaque année des projets qui contribuent à un développement plus durable. Focus sur les cinq équipes lauréates.


Une cuisine éphémère, le Pop-up ‘‘Kitchen Monument’’ de Raumlabor à Liverpool (Crédit : Raumlabor)
Une cuisine éphémère, le Pop-up ‘‘Kitchen Monument’’ de Raumlabor à Liverpool (Crédit : Raumlabor)
"Empowerment". Le terme n’a pas vraiment d’équivalent en Français mais pourrait se traduire par "émancipation des citoyens", thème de l'édition 2018 du Global award for sustainable architecture, le prix mondial de l’architecture durable. Fondé en 2006 par l'architecte et professeure Jana Revedin, ce prix distingue chaque année des pionniers de la construction éco-responsables.

Un thème pour rappeler que le développement durable passe d'abord par un développement social et plus d’équité locale.

Lundi 14 mai, ce sont donc cinq équipes, dont une française, qui ont été récompensées à la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris, organisatrice du prix. Cinq équipes qui toutes à leur façon valorisent "le savoir et le pouvoir-faire des habitants".

Kantana Institute, en brique artisanale©Dr
Kantana Institute, en brique artisanale©Dr

Soutenir l'artisanat de la brique

En plein XXIe siècle, le Thaïlandais Boonserm Premthada cherche à rétablir une économie artisanale de la construction. Il remet à l’honneur l’utilisation de la brique, "un matériau pas cher, durable et solide" (de la terre argileuse et de l’eau), façonné traditionnellement sur place "à la main et aux pieds". Son objectif : soutenir le développement local, mais aussi proposer des constructions en harmonie avec le patrimoine thaïlandais. Ses créations jouent avec la nature et la lumière.

L'architecte valorise aussi l'industrie du bois local. ©Spaceshift Studio
L'architecte valorise aussi l'industrie du bois local. ©Spaceshift Studio


Rendre les tours plus vivables

Les Français Lacaton & Vassal et Frédéric Druot aiment faire du neuf avec de l’ancien. Au lieu de raser les tours et barres des années 1970, ils proposent de conserver cet héritage, et de le transformer. Selon eux, "il est aberrant de détruire autant alors que nous manquons de logement". La rénovation, souvent moins couteuse, permet aussi d’éviter à des centaines de personnes de quitter leur quartier, font-ils valoir. Les architectes ont notamment métamorphosé la tour Bois Le Prêtre, à Paris, en ajoutant aux façades des logement une loggia, qui fait tampon thermique et apporte lumière et espace aux habitants. Ou ajouté des jardins d’hiver à trois immeubles de la cité de Grand-Parc à Bordeaux, métamorphosés.

Voici "l'avant" et "l'après".

Tours du Grand Parc à Bordeaux, avant rénovation © Lacaton & Vassal, Frédéric Druot, Christophe Hutin
Tours du Grand Parc à Bordeaux, avant rénovation © Lacaton & Vassal, Frédéric Druot, Christophe Hutin

Tours Grand Parc à Bordeaux, après rénovation © Lacaton & Vassal, Frédéric Druot, Christophe Hutin
Tours Grand Parc à Bordeaux, après rénovation © Lacaton & Vassal, Frédéric Druot, Christophe Hutin

Semer des écoles dans la jungle

L’italienne Marta Maccaglia, fondatrice de la coopérative Semillas, a choisi d’exercer son métier au Pérou. Elle s’est attelée à la construction d’écoles, d’abord dans un bidonville de Lima, puis dans la jungle amazonienne. A chaque fois, elle cherche à s’adapter aux contraintes et aux connaissances locales, aux matériaux disponibles, à travailler avec les habitants dans des ateliers participatifs.

Ecole, Chuquibambilla, Pérou ©Dr
Ecole, Chuquibambilla, Pérou ©Dr
 Son objectif : que ces populations s’approprient les écoles, qu’elles s’y attachent pour qu’elles deviennent des centres de vie, de culture et donc d’émancipation locale. Marta Maccaglia était déjà finaliste du prix Oscar Niemayer en 2016.

Ecole, Chuquibambilla, Pérou ©Dr
Ecole, Chuquibambilla, Pérou ©Dr

A Berlin, l'appropriation de l'espace public par les habitants

Installé à Berlin, Raumlabor est un collectif de neufs activistes-architectes-artistes. Fondé en 1998, le collectif se voit récompensé en tant que "parrain de la scène européenne participative en architecture". Le collectif travaille peu sur commande mais impulse des projets urbains qui impliquent les citoyens, et qui encouragent l’appropriation de l’espace public par les habitants : pépinières développées avec des refugiés, potagers urbains, cuisine pop-up ou saunas dans des espaces désaffectés...
 

Ce sauna atypique a été construit dans l'ancien port industriel de Göteborg, avec un vestiaire et une passerelle d'accès © raumlabor
Ce sauna atypique a été construit dans l'ancien port industriel de Göteborg, avec un vestiaire et une passerelle d'accès © raumlabor

Une cuisine-bulle, éphémère, sous un pont à Duisbourg (Crédit: Raumlabor)
Une cuisine-bulle, éphémère, sous un pont à Duisbourg (Crédit: Raumlabor)


L'affirmation d'une identité namibienne

L’architecte namibienne Nina Maritz s'attache à la "création d'environnements bienveillants, positifs, qui agissent plutôt en addition qu'en atteinte à la vie des gens". Dans un pays confronté à la pauvreté et à la sécheresse, elle cherche non seulement à construire des édifices écologiques, low tech, mais aussi à inscrire ces bâtiments dans la nature, jusqu’à les y fondre pratiquement. Elle impose ainsi un style "100% namibien", original, d'où se dégage une singulière sérénité.

Vue extérieure du centre des visiteurs de Twylfelfontein ©Nina Maritz
Vue extérieure du centre des visiteurs de Twylfelfontein ©Nina Maritz
Des projets là aussi participatifs qui mobilisent les populations et les matériaux locaux. C’est le cas par exemple du Centre des visiteurs Wyfelfontein, un site d’art rupestre classé au Patrimoine mondial, au cœur du désert namibien, avec des matériaux recyclés et toujours frais, grâce à des courbes qui évacuent l’air chaud vers le haut.

Vue intérieure du centre des visiteurs de Twylfelfontein © Nina Maritz
Vue intérieure du centre des visiteurs de Twylfelfontein © Nina Maritz

 





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