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Ma maison demain

"L'architecture doit rendre la ville plus sobre, joyeuse et collective"

Par Alice Pouyat I Publié le 5 Décembre 2018

Où et comment vivrons nous dans le futur ? Des architectes visionnaires confient à We Demain leurs rêves et leurs projets. Première rencontre de notre série Archi Demain : Nicola Delon, fondateur du collectif Encore Heureux, qui représentait cette année la France à la Biennale d'architecture de Venise, avec l'exposition "Lieux infinis"…


L'architecte Nicola Delon, à la Biennale d'architecture de Venise. (Crédit : A.Pouyat)
L'architecte Nicola Delon, à la Biennale d'architecture de Venise. (Crédit : A.Pouyat)
We Demain : Quel est le rôle de l'architecte de demain ?

Nicola Delon : Nous pensons qu'au cœur de l'architecture doit se poser la question de l'usage. A quoi sert-elle ? Elle ne doit pas être là uniquement pour être belle, pour être une lubie de son concepteur. Elle doit être au service de ceux qui vont l'habiter, la vivre. C'est ce que nous montrons dans notre exposition. Il nous semblait plus intéressant de parler de lieux, plutôt que de parler uniquement de bâtiments, d'enveloppes, d'une architecture d'objet posée dans la ville.
 
Quels rôles jouent les dix tiers-lieux, baptisés lieux "infinis", que vous avez choisi de montrer ?

Aujourd'hui, notre société fait face à des crises immenses, climatiques, politiques, du vivre-ensemble. Les lieux infinis sont des pionniers, des bâtiments abandonnés et réactivés qui essayent de répondre à ces défis à leur échelle, d'inventer de nouvelles façons d'habiter, de travailler, de construire avec moins de matériaux. Ils explorent ces alternatives nécessaires, et sont ouverts à la surprise. Ils sont à la fois très forts, mais aussi très fragiles, car ils reposent sur des structures de décision très collectives.
 
À quels problèmes doit répondre l'architecture aujourd'hui?

Notamment à l'inégalité territoriale. Nous avons des centres villes qui concentrent la richesse et des zones périurbaines et plus rurales qui se sentent abandonnées. Une des solutions pour résorber ces écarts, pour éviter les catastrophes annoncées et pour contrer les effets néfastes de la mondialisation, est de se ré-ancer territorialement. Il faut recréer des dynamiques locales, se reconnecter à ce que nous avons dans nos assiettes, à la façon dont nous sommes liés à un écosystème…

Quel est votre prochain projet ? 

Entre autres, nous venons de remporter un concours enthousiasmant pour un lycée à Mayotte. L'enjeu est de faire un bâtiment qui forme les jeunes en charge de la construction de l'île, en réactivant la la tradition de construction en brique et terre crue. En métropole, nous participons aussi à un projet de réseau de tiers-lieux en milieux ruraux et périphériques, les Îles Prairies.

Quel est votre rêve en tant qu'architecte ? 

Des rêves ou plutôt des besoins, nous en avons énormément. Entre 6 et 7 millions de personnes vivent dans des conditions indécentes. En tant qu'architecte, nous devons essayer de répondre à cette urgence. Nous sommes aussi à un moment où les matériaux sont en train de s'épuiser, donc nous devons œuvrer pour la transition écologique, le remploi, l'économie circulaire. Mais globalement, ce qui nous intéresse est d'intervenir dans des contextes. Nous ne sommes pas des architectes de papier qui rêvons de construire un stade ou un opéra. Nous pensons que le plus intéressant est d'arriver dans des situations, de s'en imprégner et de proposer des dispositifs qui vont transformer ces situations pour les rendre plus sobres, plus joyeuses, plus collectives !




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