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L'humusation, une alternative écologique à l'enterrement

L’humusation, la transformation des corps en compost, est un nouveau rite funéraire qui repose sur un processus naturel et non polluant. L’idée est encore illégale, mais progresse peu à peu. A l’approche de la Toussaint, explications.

Ophélie Nguyen I 30 Octobre 2018


L'humusation répond à une quête d'enterrement plus écologique. (Crédit : Fondation Métamorphose)
L'humusation répond à une quête d'enterrement plus écologique. (Crédit : Fondation Métamorphose)
Seriez-vous prêt à être transformé en compost après votre décès ? Voilà le principe de l’humusation, une idée encore illégale mais défendue avec ferveur par la fondation belge "Métamorphose, mourir puis donner la vie", co-présidée par Francis Busigny, ingénieur en traitement  des eaux,  et Isabelle de  Fraipont, thérapeuthe jungienne.
 
De but en blanc, le principe peut sembler peu attractif, mais la fondation et les personnes, de plus en plus nombreuses, qui souhaitent être "humusées", ont des arguments à faire valoir. 

​Le rite funéraire " le plus écologique"

Pour l’instant, l’enterrement et l’incinération sont les deux seules options légales... Et les deux sont polluantes et onéreuses. L’enterrement implique un cercueil, des frais de caveau, d’embaumement (avec ajout de produits chimiques), souligne la fondation. L’incinération, elle, implique des rejets toxiques dans l’atmosphère. 

Face à ce constat, les funérailles écologiques ont le vent en poupe. Il existe notamment des cimetières naturels, des cercueils biodégradables. Ou cette idée d’humusation, qui se pose comme une troisième voie, naturelle et "excellente pour l’environnement", destinée à "protéger la terre coûte que coûte". 

​Comment se déroulerait une humusation ?

Tout d’abord, le corps serait enveloppé dans un linceul biodégradable, sans embaumement, le plus naturellement possible, explique la Fondation. Il serait ensuite déposé sur un lit de broyats et de copeaux à même le sol, dans un espace dédié. Le tout serait ensuite recouvert d’une épaisse couche de copeaux humidifiés. 
 
Une chaleur naturelle d’environ 70° se dégagerait alors de cette substance, permettant de tuer les germes pathogènes et d’éloigner les charognards. Au bout de trois mois, les chairs et autres matières molles du corps auraient disparu et ce serait le moment où la substance aurait le meilleur rapport carbone, azote, phosphore pour assurer une bonne décomposition. 
 
Les molécules chimiques accumulées au cours de notre vie dans notre corps se décomposeraient du même coup. 
 
Enfin, un an plus tard, grâce à l’action de l’air, des micro-organismes, des bactéries, des champignons et des vers, nous obtiendrions environ un mètre cube d’humus… soit de quoi fertiliser une centaine d’arbres. 
 

Le texte ci-dessus est rédigé au conditionnel. Et pour cause, l’humusation n’est pour l’heure qu’un projet. Elle doit, avant d’être mise en pratique, être reconnue par les autorités et bénéficier d’un cadre légal –ce pour quoi se bat la Fondation Métamorphose depuis plusieurs années.

Mais l'idée progresse : une pétition en ligne a recueilli 14.000 signatures et l'Université catholique de Louvain vient d'être subsidiée par la Région wallonne pour tester l'humusation sur deux porcs. Les résultats sont attendus pour 2020.

  • Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les funérailles écologiques, rendez-vous au Salon Marjolaine.  Samedi 3 novembre 2018 : de 17h à 18h30 se tiendra la Ciné-Conférence "Les funérailles écologiques : pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète".


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