Planète

L’interdiction du plastique non réutilisable à Bombay irrite les industriels

Par Hannibal Watchi I Publié le 23 Avril 2018

En mars, le gouvernement de l'état du Maharashtra en Inde s'est décidé pour de bon à bannir le plastique non réutilisable de son paysage. Pour les industriels, mécontents, cette mesure écologique pourrait avoir de graves répercussions économiques et sociales sur le pays.


Une plage de Bombay, en Inde, où le sable est caché sous les polluants en plastique (Crédit Photo : Creative Commons)
Une plage de Bombay, en Inde, où le sable est caché sous les polluants en plastique (Crédit Photo : Creative Commons)
Chaque jour dans l’état indien du Maharashtra, pas moins de 1200 tonnes de déchets plastiques sont générées dont 12,5 millions de bouteilles non recyclables. Conscient du fléau écologique que cela représente, le gouvernement a voté pour le bannissement de tous les produits en plastique à usage unique le 23 mars 2018.
 
Cette décision, similaire à celle du Rwanda (voir notre reportage dans We Demain n°21 ), arrive après plusieurs faits divers qui ont heurté les esprits, comme l’opération d’une vache de 6 ans qui stockait plus de 80 kg de plastique dans son ventre ou la découverte d’un requin échoué sur les côtes avec 50 kg de plastique dans l’estomac. En 2014, une étude de la revue américaine Public Library of Science Journal avait renforcé l’effroi suscité par ce désastre écologique en dénombrant 1300 milliards de morceaux de plastique flottant à la surface de l’océan indien.

Les pollueurs sont dorénavant passibles d’amendes de 5000 à 25 000 roupies (de 61 à 308 euros) pour toute fabrication, vente, possession ou utilisation de plastique non réutilisable. Une peine de trois mois d’emprisonnement peut également être envisagée dans les cas extrêmes.

Une décision qui ne plaît pas aux industriels

L’interdiction étant récente, les sanctions ne sont pas encore appliquées pour l’heure. Cependant les industriels de la filière plastique commencent déjà à s’insurger. Selon eux, cette mesure pourrait conduire à la disparition de huit mille entreprises et de deux millions d’emplois.
 
Les fédérations professionnelles de la filière ont déposés des recours devant la Haute Cour de Bombay.  Le 13 avril leurs requêtes ont été entendues et il a été décidé la suspension du dispositif pour trois mois, période dans laquelle les autorités régionales devront trouver une autre manière moins radicale pour remédier au problème.
 
Il y a toutefois peu de chance que l'interdiction du plastique non recyclable soit avortée. Une nouvelle étude a été réclamée par les industriels afin de déterminer si le plastique représente réellement un danger pour l’environnement. Nandikesh Sivalingam, l’un des responsables de Greenpeace en Inde contacté par Le Monde, se moque de la situation : « c’est comme si l’on décidait d’observer si le tabac provoque ou non des cancers ».








WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE