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Le Royaume-Uni veut désactiver le bouton "like" de Facebook pour les mineurs

L’autorité britannique de protection de la vie privée réclame des règles très strictes pour protéger les enfants sur les réseaux sociaux. Facebook ou Snapchat devront peut-être revoir leur fonctionnement... et leur système économique.

Par Albane Guichard I Publié le 17 Avril 2019


Le Royaume-Uni veut mieux protéger les données personnelles des mineurs sur les réseaux sociaux. (Crédit : Shutterstock)
Le Royaume-Uni veut mieux protéger les données personnelles des mineurs sur les réseaux sociaux. (Crédit : Shutterstock)
Imaginez Facebook et Instagram sans "like", et un Snapchat sans "flamme" (cet émoji qui indique depuis combien de jours consécutifs deux personnes s'envoient des messages).  Voilà ce qui pourrait arriver au Royaume-Uni d'ici 2021 pour les moins de 18 ans.

C'est du moins ce que propose l'Information Commissioner's Office (ICO). Cette autorité indépendante en charge de la bonne circulation de l'information a publié lundi un code de conduite à destination des réseaux sociaux et sites internet visant à mieux protéger la vie privée des mineurs et à empêcher la récupération de leurs données en ligne.

Selon l'ICO, les "like" et les "flammes" inciteraient les usagers à  rester connectés plus longtemps, et donc à partager plus de données personnelles. Plus largement, les réseaux sociaux doivent arrêter de récolter les data des moins de 18 ans, estime l'autorité. 

16 standards stricts

Pour cela, son code de conduite intitulé "Age appropriate design : a code of practice for online services" liste 16 standards très stricts à appliquer par tout service en ligne susceptible d'être utilisé par des mineurs, y compris par les jouets et objects connectés.

Entre autres : ne pas utiliser les données de l'enfant à son détriment ; désactiver par défaut le profiling (collecte d'informations relatives au comportement en ligne notamment utilisée pour la publicité ciblée) ; énoncer dans un langage compréhensible les informations relatives à la vie privée et les conditions générales d'utilisation ; désactiver la géolocalisation par défaut et indiquer clairement quand elle est active ; fournir des outils en ligne faciles d'accès pour aider les enfants à rapporter des problèmes...

Les réseaux sociaux menacés

La Commissaire à l'information, Elizabeth Denham CBE, aimerait faire appliquer ce code d'ici la fin de l'année 2020 et espère qu'il servira de référence à l'international. 

Si tel était le cas, il s'agirait d'un coup dur pour les réseaux sociaux comme Facebook dont le système économique repose en grande partie sur la collecte de données des usagers. Les géants qui refuseraient de s'y plier recevraient un ordre de cessation immédiate ou une amende, qui pourra s'élever à 17,2 millions de livres (20 millions d'euros).

Mais le code est encore susceptible d'évoluer. Les Britanniques sont en effet invités à donner leur avis jusqu'au 31 mai sur cette première version consultable en ligne. Une version définitive sera ensuite présentée devant le Parlement du Royaume-Uni.

"L'époque de l'autorégulation est terminée"

Quoiqu'il arrive, le gouvernement britannique semble en tous cas déterminé à durcir sa législation.

Lundi dernier, les ministères de l'Intérieur et du Numérique ont publié un livre blanc visant à lutter contre les "contenus dangereux" sur Internet.
Jeremy Wright, le ministre en charge du numérique, a promis que les mesures prises seraient une "première mondiale", prophétisant : "l'époque de l'autorégulation est terminée" pour les réseaux sociaux.












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