Débats, opinions

"La jeunesse du monde a des rêves et compte bien tout mettre en œuvre pour les réaliser"

I Publié le 12 Août 2018

TRIBUNE. Par Laurène Veyries, directrice du développement pour bynativ.


(Crédit : Pixabay)
(Crédit : Pixabay)
La jeunesse est souvent à l’origine de bouleversements et de petites révolutions au sein d’un pays. Cette génération Y, qui représentera 75% de la population active en 2025*, est capable de soulever une nation toute entière par la seule force de ses convictions, de ses rêves et de ses aspirations. Si une seule journée ne suffit pas à la mettre à l’honneur, bynativ souhaite célébrer la jeunesse à l’occasion de « la Journée internationale de la Jeunesse  ». Pour cela, elle est partie interroger ses conseillers de voyage locaux qui, s’ils connaissent parfaitement les moindres recoins de leur pays, connaissent davantage encore sa population, ses enjeux sociétaux et les subtilités de sa culture.
Une chose est certaine ; quel que soit le pays, le regard porté sur cette nouvelle génération est toujours plein de bienveillance et rempli d’optimisme !

AVOIR 20 ANS : UN CAP QUI PEUT ÊTRE LOURD DE SENS

Avoir 20 ans, c’est un cap lourd de sens pour certains pays. En Colombie par exemple « avoir 20 ou 30 ans, cela sous-entend ne pas avoir connu les pires moments de l'histoire colombienne et avoir, de ce fait, une volonté de changer les mentalités et les pratiques au quotidien : les jeunes veulent un avenir meilleur et faire table rase des clichés du passé. », raconte François, agent de voyage local à Bogota.

En Équateur, c’est l’opposition de deux jeunesses : si à cette période, certains vivent les plus belles années de leur vie et souhaitent expérimenter un maximum de choses ; les autres, plus nécessiteux, ont un quotidien parfois bien difficile à vivre et ne peuvent pas poursuivre les mêmes rêves que la jeunesse dorée. Paola précise : « Dans cette deuxième catégorie de jeunes, il y a malheureusement encore beaucoup de grossesses chez les très jeunes femmes. C’est alors une autre vie qui commence. Une décision importante s’impose à elles : terminer leurs études ou décider de les arrêter par manque de temps et de moyens ? »

AVOIR 20 ANS : FORMATION, EMPLOI, FECONDITE, DES MONDES SI DIFFERENTS !

Quel que soit le pays dont les conseillers sont originaires, un fil commun les relie : la jeunesse doit perpétuellement relever de nombreux défis et de nouveaux challenges. Karla et Giovanni, au Mexique, soulignent la difficulté de la nouvelle génération à faire la différence entre ce qui est facile de faire et ce qui est juste. Outre la corruption qui a gangréné le pays pendant longtemps, c’est également la délinquance qu’ils sous-entendent ici.

Cet aspect se retrouve également dans les propos de Julian, conseiller de voyage local en Argentine, qui affirme que « l’insécurité est toujours une réalité ». Il précise en disant que « c’est la première difficulté à laquelle se heurte la jeunesse de mon pays. »  

Le Costa Rica, quant à lui, insiste sur le manque de travail. « Ici, pour avoir un bon travail, il faut avoir eu une très bonne formation primaire et secondaire. », précise Carolina. Même discours pour Elena, conseillère voyage pour la Grèce : « Les jeunes peinent à trouver un emploi après leurs études et, qui plus est, un travail qui corresponde aux études qu’ils ont effectuées. Trouver un emploi en Grèce est difficile et décourageant. Une partie des talents grecs est allée vivre à l’étranger … Ceux qui n’ont pas pu partir tentent de trouver un emploi bien payé. »

Au contraire, aux États-Unis, trouver un emploi est plutôt aisé. En revanche, l’accès aux études supérieures est un vrai parcours du combattant, source d’un endettement faramineux. Maya précise : « Les étudiants ont une dette étudiante nationale de 1,5 milliard de dollars, ce qui est énorme ! La plupart des américains débutent leurs carrières avec des dettes très importantes, et ont des difficultés à emprunter. Environ 70% des étudiants ont 1 ou plusieurs petits " boulots" pour pouvoir se nourrir, et payer leurs factures. »

L’accès difficile aux études supérieures résonne jusqu’au Népal où les étudiants doivent aller vivre dans la capitale Katmandou ou dans d'autres grandes villes pour poursuivre leurs études. Chitiz ajoute qu’il « n'est pas facile d'être étudiant au Népal parce qu'il est difficile de trouver des chambres et des logements. Vivre en couple hors mariage n'est pas acceptée par la société et le travail à temps partiel n'est pas toujours disponible pour les étudiants. Ils dépendent donc financièrement de leur famille. »

Au Japon, les défis à surmonter sont plus d’ordre sociétal. Quentin insiste notamment sur la question préoccupante du ratio fécondité/vieillesse. « Il faudrait trouver un moyen pour encourager les jeunes adultes à avoir des enfants, tout en essayant d'améliorer la place des femmes au Japon. », suggère-t-il, « Car cela risque de devenir réellement catastrophique si on continue comme ça. Certaines études prévoient tout de même une chute de la population de quasiment 50% d'ici 2050. »

DES ASPIRATIONS FORTES POUR LEUR PAYS

Mais loin de se reposer sur ses lauriers, la jeunesse du monde a des rêves et compte bien tout mettre en œuvre pour les réaliser. A la question « Qu’est-ce que souhaitent les jeunes pour l’avenir de leur pays ? », une meilleure éducation et des actions environnementales sortent en tête du panel de réponses données par nos conseillers locaux. Les mexicains, par exemple veulent « avoir accès plus facilement à l’éducation et avoir la meilleure possible ». Au Sri Lanka, Nadeera confirme en disant  « qu’il faut des jeunes bien éduqués qui peuvent continuer à pousser le pays vers le haut pour le développer au maximum. »

Du côté de l’Équateur, Paola met l’accent sur la conscience écologique de la nouvelle génération et sur leur volonté de tendre vers un pays durable : « Certains font la promotion de l’économie solidaire, à travers l’échange de biens ou de services au moyen du troc qui est encore une pratique courante dans le monde indigène mais oublié par la population métisse. Des projets de potagers « bio » dans des quartiers résidentiels et au cœur de la ville voient le jour à chaque instant. ».     

La politique est, bien entendu, un point de débat important chez les jeunes. Giovanni souhaite un pays sans corruption ni impunité pour la jeunesse mexicaine ; tandis que Maya, conseillère aux États-Unis, pointe du doigt « le port d'arme et l'accès facile aux armes à feu qui est aussi un vrai sujet sensible auprès des jeunes américains ! ». En Colombie, « les jeunes font partie d'une génération qui n'a pas vraiment connu la violence ni les privations », nous raconte François, « si bien que leurs attentes politiques ou sociales sont très éloignées des générations plus anciennes. Bientôt cette jeune génération sera majoritaire en Colombie et leur vote sera le levier de changements importants. »

Au Népal, cette nouvelle génération est liée à de nouvelles opportunités. Chitiz, conseiller de voyage local en Himalaya, nous confie qu’il a voté pour la première fois l’année dernière seulement. « Pendant 20 ans, il n’y a pas eu d’élections locales et l’année dernière, 80 % du pays a voté. Après tant d’années d'instabilité politique dans le pays, il y a un nouvel espoir de développement économique rapide pour le Népal. » Les jeunes népalais (très majoritaires dans le pays) ont donc de fortes aspirations pour leur nation qu’ils espèrent voir prospérer !

AVOIR 20 ANS : DEJA MAJEUR ?

Le passage à l’âge adulte varie selon les pays. L’Amérique Latine comme le Pérou, la Colombie, l’Argentine, l’Equateur ou le Mexique, ont fixé la majorité à 18 ans.

Mais autre continent autre culture : au Japon, la majorité est établie à 20 ans et ce depuis 1945. Et l’on ne présente plus les Etats-Unis, où les jeunes accèdent à leurs droits d’adulte par palier. « A partir de 16 ans, les jeunes peuvent passer leur permis et conduire seuls dans la plupart des états américains. A 18 ans, ils accèdent au droit de vote. Et à 21 ans, c’est  bien connu, ils peuvent consommer de l’alcool et entrer dans les casinos », nous explique Maya, qui travaille dans l’agence américaine partenaire de bynativ.

*Source 3Hcoaching.com http://www.3hcoaching.com/generation-y/les-21-statistiques-surprenantes-de-la-generation-y-et-leurs-impacts-pour-lentreprise/
 
 

À propos de l'auteure :
Après avoir travaillé plusieurs années sur des problématiques digitales et marketing dans l’industrie du voyage, Laurène Veyries rejoint bynativ dès sa création en 2012 pour se charger de son développement stratégique et opérationnel. Son rôle : s’assurer que bynativ atteigne ses objectifs de croissance, manager les équipes et définir l’orientation de l’entreprise.





wedemain.fr sur votre mobile