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Politique

Le plan de Macron pour reconnecter les Français à l’Europe

Par Paola de Rohan-Csermak I Publié le 1 Février 2018

En septembre 2017, Emmanuel Macron a émis le souhait que l'Europe soit "refondée par et avec le peuple" d'ici 2024. Mais quelle est sa stratégie pour rapprocher les électeurs de l’Europe ?


Le Président dispose d’un an et quatre mois pour trouver les moyens de mobiliser les Français pour les européennes 2019. (Crédit : static.kremlin.ru)
Le Président dispose d’un an et quatre mois pour trouver les moyens de mobiliser les Français pour les européennes 2019. (Crédit : static.kremlin.ru)
Que l’Europe en 2024 ait été "refondée par et avec le peuple", c’est l’un des vœux exprimés par Emmanuel Macron les 7 et 26 septembre 2017, dans des lieux hautement symboliques : sur la Pnyx, la colline d’Athènes où fut fondée la démocratie, et à l’université de la Sorbonne dont le fondateur, Pierre de Sorbon, avait pour idéal la vie collégiale.

Au-delà des symboles et des mots, le Président dispose d’un an et quatre mois pour trouver les moyens de mobiliser les Français pour les européennes 2019. Quelle est sa stratégie pour rapprocher les électeurs de l’Europe ? 

1er pilier : "un débat ouvert, libre, transparent, européen" en 2018

Dans son discours à la Sorbonne, Emmanuel Macron a annoncé "des conventions démocratiques", "de vastes débats,  pour identifier les priorités, les préoccupations, les idées qui nourriront notre feuille de route pour l’Europe de demain".

Qui pourra participer à ces débats ? Comment seront-ils menés ? Que fera-t-on de toutes les données recueillies ? Ce que l’on en sait à ce stade, c’est ce qu’en a dit le président Macron dans son discours en septembre. Y participeront "tous les citoyens de l’Union", "dans tous les pays qui le souhaitent".

Ils seront "organisés autour des mêmes questions", selon "une feuille de route partagée par les principaux gouvernements qui seront prêts à aller en ce sens". Un "groupe de la refondation européenne" sera chargé d’analyser et de transmettre les propositions aux dirigeants.

Selon le député des Français hors de France, Pieyre-Alexandre Anglade (LREM), "au moment du sommet européen informel du mois de février on devrait avancer sur le sujet. En France en tout cas elles seront menées dans les circonscriptions". Ces conventions permettraient de "donner un contenu et un enjeu [aux] élections européennes de 2019", a précisé Emmanuel Macron. 

Emmanuel Macron a annoncé "des conventions démocratiques", "de vastes débats,  pour identifier les priorités, les préoccupations, les idées qui nourriront notre feuille de route pour l’Europe de demain". (Crédit : Wikimedia)
Emmanuel Macron a annoncé "des conventions démocratiques", "de vastes débats, pour identifier les priorités, les préoccupations, les idées qui nourriront notre feuille de route pour l’Europe de demain". (Crédit : Wikimedia)

2nd pilier : les européennes en 2019

Plus d’un Français sur deux ne s’est pas déplacé pour élire ses représentants au Parlement européen lors des dernières européennes en 2014, alors que le Parlement est la seule institution européenne au sein de laquelle les citoyens sont directement représentés. Dans certaines villes l’abstention a atteint les 70%.

"On ne peut pas se satisfaire d’un si faible taux de participation, qui mine la légitimité des députés européens et finalement [qui provoque] l’affaiblissement de la démocratie", déclarait Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, auditionnée par la commission des lois, le 17 janvier.

Un projet de loi a été adopté par la commission des lois le 31 janvier 2018, pour lever les freins créés par des procédures électorales trop complexes et, en vue de la campagne, produire les conditions d’un débat clair, centré sur des intérêts communs aux pays de l’UE et non sur des intérêts locaux.

Si le texte de loi est définitivement adopté la circonscription électorale unique sera rétablie. Ainsi chaque parti politique présentera, devant les électeurs français, son programme pour l’Europe et une liste de candidats pour le mettre en œuvre (il y aura sur chaque liste autant de candidats que de sièges à pourvoir au Parlement européen). Cela assurerait une meilleure représentation de toutes les sensibilités politiques "et une meilleure parité", selon le député du Calvados Alain Tourret (LREM), rapporteur.

À son initiative, un amendement propose qu’en cas d’égalité le candidat le plus jeune soit élu et non le plus âgé. La loi modifiera aussi la répartition du temps d’antenne (les partis les plus représentés à l’Assemblée seront plus entendus) et l’augmentera d’une heure que le CSA répartira entre les listes en fonction "de [leur] représentativité et de [leur] contribution à l’animation du débat électoral", selon le texte du projet de loi. 

3ème pilier potentiel : plus d’Europe aux européennes à venir

Emmanuel Macron a relayé la proposition d’une circonscription supplémentaire, à dimension européenne. Si elle est adoptée par le Conseil de l’UE, les Français pourront voter aux européennes futures pour une deuxième liste, une des huit listes constituées par les huit groupes politiques européens au Parlement (le groupe qui rassemble la droite, celui qui rassemble la gauche, les Verts, etc.).

À la suite du Brexit 73 sièges seront vacants : une partie pourrait être réservée aux députés de cette circonscription transnationale. D’ores et déjà tout citoyen de l’UE résidant en France peut voter et même faire partie des candidats des listes nationales. Mais les listes transnationales "permettront aux européens de voter pour un projet cohérent et commun" assure Emmanuel Macron.
 
Le succès de sa stratégie se mesurera fin mai 2019 au taux d’abstention lors des européennes. Dernier problème, seulement 25% des Français font confiance aux députés européens, selon une étude du CEVIPOF, publiée le 30 janvier 2018 dans Les Echos. Comment rapprocher citoyens et députés d’ici mai 2019 ? Quelle stratégie pour cela ? 




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