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Lecture de rentrée : Bullshit Jobs

I Publié le 31 Août 2018

​Bullshit Jobs, par David Graeber.


​Bullshit Jobs, par David Graeber. (Crédit : Pixabay)
​Bullshit Jobs, par David Graeber. (Crédit : Pixabay)
"Avez-vous l’impression que le monde pourrait se passer de votre travail ? Avez-vous déjà pensé que vous seriez plus utile dans un hôpital, une salle de classe, un commerce ou une cuisine que dans un open space situé dans un quartier de bureaux ? Passez-vous des heures sur Facebook, YouTube ou à envoyer des mails perso au travail ?"
 
Si la réponse est oui à une ou plusieurs de ces questions, c’est que vous faites partie de ces gens qui occupent un bullshit job ou "job à la con", un de ces emplois vides de sens, inutiles ou superficiels qui concerne de plus en plus de travailleurs dans une société reposant sur l’aliénation du plus grand nombre.
 
L’avènement et la multiplication des technologies devaient libérer les hommes des tâches de production réputées ingrates, répétitives ou humiliantes. En 1930, Keynes estimait dans une fiction futuriste qu’on pourrait se contenter de travailler quinze heures par semaine un siècle plus tard (voir We Demain n° 22).
 
Mais un tel temps libre donné aux travailleurs a été jugé dangereux par les "esprits gouvernants". Ils ont créé de nouvelles industries, des "métiers de service" afin de combler le temps gagné (ou perdu ?). Pire, nombreuses sont les industries secondaires qui ont été créées dans le seul but de subvenir aux besoins de ces salariés "de service". Ce nouveau mille-feuille sociétal – succession de tâches administratives ou managériales inutiles, le plus souvent prestigieuses et bien payées – révèle l’orientation politique et sociale dans laquelle notre société s’est engouffrée. Nous sommes devenus une civilisation fondée sur le travail non plus productif, mais dénué de sens, voire contre-productif.
 
L’auteur, David Graeber, est docteur en anthropologie et économiste américain de re­nom. L’un de ses derniers ouvrages, Dette : 5 000 ans d’histoire (éd. Les Liens qui Libèrent, 2013) un best-­seller international. Son article sur le phénomène des bullshit jobs, dans le magazine Strike a été lu plus de 10 millions de fois. Auparavant, il fut l’un des leaders du mouvement "Occupy­WallStreet" et auteur du slogan :"Nous sommes les 99 %"…

Bullshit Jobs, par David Graeber, éd. Les Liens qui Libèrent, 405 pages, 19 euros. Sortie le 5 septembre.













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