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Les Français sont attachés à la démocratie, mais veulent la rénover : voici comment

Par I Publié le 29 Septembre 2016

Tout en la critiquant, plus de neuf Français sur dix restent viscéralement attachés à la démocratie. C'est ce que révèle une étude Viavoice. Elle fait émerger leurs propositions (parfois étonnantes) pour l'améliorer.


(Crédit : Besopha/FlickR)
(Crédit : Besopha/FlickR)
Régulièrement critiqué, il reste important pour plus de neuf Français sur dix (91 %) : le régime démocratique. C’est ce que révèle une étude de l’Observatoire de la démocratie Viavoice, publiée jeudi 29 septembre, à moins de neuf mois de la présidentielle, pour la Fondation Jean Jaurès, La Revue Civique, France Inter, LCP et la presse régionale. 
 
Important, mais en danger. Pour une écrasante majorité (72 %) d’entre eux, l’idée de démocratie pourrait être "remise en cause dans les années à venir". En cause, diverses menaces, au premier rang desquelles l’extrémisme politique : Ils sont 23 % à considérer que la démocratie pourrait être remise en cause par "certains élus Front National ou droitisants, s'ils avaient la maîtrise de l'exécutif" ou "par un parti d'extrême-droite, à cause du laxisme des dirigeants actuels".

La seconde menace, pour 19 % des Français, viendrait... du peuple et des citoyens eux-mêmes, sous la forme d'une révolution ou d'un mouvement populaire. Spontanément, ces derniers imaginent que la démocratie pourrait être mise à mal par "le peuple, s'il se réveille, en diminuant le nombre de politiques et en les contrôlant mieux", par "la révolution comme en 1789", par "les agriculteurs, les syndicats, les jeunes" ou encore, tout simplement, par "un ras-le-bol général".

Extrémismes religieux et pratiques politiques abusives

Viennent ensuite seulement la menace des extrémismes religieux (terrorisme, islamisme, intégristes) : 14 % des Français pensent que le régime démocratique français pourrait être malmené "en se pliant devant les intégristes", à cause de "la peur imposée par les attentats" ou de leur crainte d'une "islamisation de la France".  

Moins de deux Français sur dix (14 %) craignent plutôt les pratiques politiques abusives et "contraires à la volonté générale". Ces dernières se manifestent principalement, selon eux, par des "prises de position de nos gouvernants qui vont en sens inverse de la démocratie", "un autoritarisme [qui] s'installe progressivement sous couvert de l'état d'urgence", ainsi que "des pratiques politiques qui [font passer] des lois en force".

Extrait de l'étude. (Crédit : Viavoice)
Extrait de l'étude. (Crédit : Viavoice)

Éviter les dérives des élus politiques

Ceci étant, les citoyens français ont des idées pour faire évoluer la démocratie vers un fonctionnement "plus moderne, citoyen, participatif et exemplaire". Ce, principalement grâce à des mesures permettant aux citoyens de participer plus activement à la vie politique. Pour échapper aux menaces précédemment citées, ils espèrent en effet un renouveau du dialogue entre le "peuple" et ses institutions, ainsi que plusieurs mesures pour "refaire société"

Parmi elles, vient en premier le non-cumul chez les parlementaires avec un mandat exécutif local. Plus de huit Français sur dix déclarent être pour la loi de 2014 qui entrera en vigueur lors des prochaines élections législatives, en mai 2017. 74 % des citoyens sont même pour l'interdiction de tout cumul de mandats, "quel qu'il soit", et 86 % d'entre eux pour la limitation du nombre de parlementaires en général. Pour éviter les dérives de leurs élus, 64 % des Français jugent aussi qu'il serait utile de "permettre à une assemblée de citoyens" de les démettre.

Autre extrait de l'étude. (Crédit : Viavoice)
Autre extrait de l'étude. (Crédit : Viavoice)

Participer au débat public

Six Français sur dix considèrent en outre qu'il serait utile de promouvoir l'engagement politique citoyen "en dehors des partis traditionnels". Un engagement qui pourrait aussi se faire grâce à davantage de démocratie directe : Les trois quarts d'entre eux (75 %) proposent de recourir plus fréquemment à des référendums d'initiative populaire, un outil introduit dans le cadre de la révision constitutionnelle de 2008, mais jamais utilisé à ce jour. 71 % considèrent aussi que de simples consultations, notamment en ligne, pourraient permettre de régénérer le système démocratique.

Des outils qui leur permettraient de s'exprimer en priorité sur l'aménagement du territoire (64 %), les politiques sociales (63 %), l'éducation et la santé (62 %), ou encore les décisions de la France au sein de l'Union européenne (58 %).

Une envie de participer au débat public qui se retrouve aussi dans leur volonté de s'engager dans un mouvement hors parti (32 %) ou dans une association, une ONG ou un syndicat (37 %). En revanche, seuls 15 % des Français sont prêts à militer dans un parti politique. À bon entendeur...





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