Planète

Les Kogis peuvent nous apprendre à vivre mieux

Par I Publié le 25 Juin 2018

En Colombie, une commaunauté de 12 000 hommes et femmes évolue aux antipodes du monde moderne, en harmonie avec la nature et eux-mêmes. Leur boussole : "les liens du vivant". Cette notion, oubliée par nos sociétés, inspire aujourd'hui des sociologues, des médecins, des formateurs, des chefs d'entreprise, qui nous invitent à découvrir ce "peuple-racine" pour bâtir une société plus humaine et responsable.


Article publié dans le numéro 2 de We Demain (octobre 2012)

C’est l’histoire d’une rencontre. Celle d’un jeune Français, guide de haute montagne, géographe de formation, et d’un peuple héritier d’une civilisation quatre fois millénaire. Nous sommes en 1985, dans le massif de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie. Victime d’un œdème pulmonaire sur les hauts sommets, Éric Julien ne se doute pas que ceux qui vont le recueillir, le soigner – lui "sauver la vie", expliquera-t-il plus tard – l’inspireront à ce point. Le jeune homme découvre alors une société coupée du monde, quasi dépourvue de biens matériels, qui diffère en tout point de son Europe engouffrée dans la course effrénée au progrès et à la mondialisation.

Sans monnaie, sans papiers d’identité, sans écriture, les Kogis pratiquent une langue vernaculaire – le koguïam – et passent le plus clair de leur temps dans la nature, à cultiver, tisser, méditer, pratiquer des rituels chamaniques. Le plus subjuguant, c’est que cette communauté respire l’harmonie et même... le bonheur. Descendants directs des Tayronas, qui bâtirent il y a quatre mille ans l’une des plus grandes sociétés précolombiennes d’Amérique du Sud, les Kogis partagent pourtant l’histoire tragique des communautés indiennes de Colombie. Depuis l’arrivée sanglante des conquistadors au XVIe siècle, leurs ancêtres n’ont cessé de voir leur territoire fondre. Aujourd’hui en proie à la déforestation, au narcotrafic, à la guérilla ou encore au pompage des sources d’eau en altitude, la communauté – environ 12 000 individus – s’est repliée sur les hautes vallées, où elle a développé une culture singulière.

Ils ont choisi de posséder le minimum indispensable de biens matériels, afin d’éviter la convoitise des êtres dits “civilisés” ", explique l’anthropologue colombienne Alicia Dussan de Reichel. Les matières précieuses de leurs ancêtres se sont trouvées délaissées au profit d’objets rituels en bois, en pierre. "Cet héritage conceptuel se révéla plus précieux que leurs objets en or, garantissant d’une autre manière la force de leur culture", poursuit la chercheuse. Une force qui trouve son accomplissement dans un rapport étroit à la nature, au cœur d’un massif montagneux culminant à 5800 m, à seulement 42 km de la mer des Caraïbes. Riche d’une variété unique de climats et d’écosystèmes, la Sierra Nevada ne représente que 1,48 % du territoire colombien, mais abrite 35 % des espèces d’oiseaux du pays et 7 % de celles vivant sur la planète.

Eric Julien et un indien Kogi (Crédit : Eric Julien)
Eric Julien et un indien Kogi (Crédit : Eric Julien)
Avant de quitter les Kogis, Éric Julien leur assure qu’en retour il les aidera à retrouver les terres fertiles dont ils ont été chassés. Promesse honorée une décennie plus tard. En 1997, le géographe fonde "Tchendukua – Ici et ailleurs", une association qui vise à aider la communauté à se réinstaller sur des terres cultivables, à recréer des villages et à y poursuivre ses traditions, tout en veillant à l’équilibre de la biodiversité. Grâce au soutien financier de quelque 5000 contributeurs, plus de 2000 hectares ont ainsi pu être restitués.

Pour sensibiliser le public à la cause kogie, l’association mise sur la venue en France de quelques représentants de la communauté tous les trois ans. La prochaine tournée, programmée cet automne, est l’occasion de collecter des fonds pour restituer aux Kogis, parcelle après parcelle, la vallée de Mendihuaca, une terre "chaude" de 100 km2, qui leur permettra de retrouver une plus grande diversité de cultures ainsi que d’avoir de nouveau accès à des sites sacrés ancestraux et à la mer.

Trois membres de la communauté sont du voyage. Hommes d’âge mûr, ils comptent parmi les "Kogis frontières", chargés d’assurer l’interface avec le gouvernent colombien. Des conférences animées par des chercheurs auront lieu en leur présence, non pas dans l’idée de brandir les Kogis comme une curiosité anthropologique, mais bien de nous inviter à élargir notre regard sur les problèmes que traverse notre société, grâce à la compréhension de la manière dont eux règlent les leurs. Il ne s’agit évidemment pas de transposer des solutions toutes faites, mais de s’inspirer des fondamentaux d’une communauté qui, bien qu’offrant une image teintée de pénurie, semble infiniment moins intéressée par les biens matériels que par la transmission et la qualité de la pensée. Sans céder à la naïveté d’idéaliser ces hommes et ces femmes, confrontés aux mêmes difficultés que tous les autres (ego, pouvoir, identité, émotions, violence...), tâchons plutôt de comprendre comment ils s’y confrontent.

Mère Nature

À l’heure où nos sociétés cherchent à tâtons les clés du développement durable, les Kogis nous invitent à nous interroger sur la notion même de «durabilité». Pour eux, qui perçoivent le monde comme un vaste équilibre organique, les rivières symbolisent le sang, le vent incarne le souffle, les arbres le système pileux, les rochers les os, les sommets la tête et le charbon le foie. "Nous vivons dans des univers différents, les Kogis et nous, décrypte le psychosociologue Jean-François Maréchal. Rien de ce qui constitue notre monde n’existe chez eux. On y retrouve cependant les racines de notre société : un rapport à l’environnement frugal et respectueux, le souci que la Terre continue à offrir des ressources." Pour les Kogis, l’homme n’est rien de plus que l’une des expressions vivantes de la nature, "notre mère à tous". Impossible, dès lors, d’espérer la contrôler, "tout au plus est-il possible de passer des alliances", explique Éric Julien dans Les Indiens kogis. La Mémoire des possibles.
 

Fondée sur un système de don et de contre-don, la société kogie place les individus en perpétuelle interaction (Crédit : Eric Julien)
Fondée sur un système de don et de contre-don, la société kogie place les individus en perpétuelle interaction (Crédit : Eric Julien)
La pratique de la permaculture constitue l’une de ces alliances. Tous agriculteurs, ou plutôt jardiniers, les Kogis exploitent de nombreuses petites parcelles de terre – les huertas (jardins) –, où sont cultivés en association maïs, haricots, ananas, malanga, igname, tomates, bananes, citrons... Des plantations associées à des cultures non alimentaires comme celles de la calebasse, du totumo ou du coton. Après quatre à cinq ans, les terres sont abandonnées et remplacées par d’autres, ce qui permet à la forêt de se régénérer.

Alors qu’aujourd’hui de nombreux agronomes redécouvrent les vertus de la permaculture et que, plus largement, des scientifiques et des dirigeants politiques s’interrogent sur une gestion durable des ressources, il semblerait donc que ce "peuple-racine" ait quelques précieux conseils à nous livrer. Philippe Roch, ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement suisse, relate sa visite chez les Kogis, en 2006, en compagnie de plusieurs diplomates internationaux : "Juan Mayr [le ministre colombien de l’Environnement de l’époque, NDLR] a expliqué aux autorités kogies que nous étions venus leur demander conseil à propos des problèmes que rencontre le monde dans le domaine de l’eau et des changements climatiques." "Il s’agit d’un problème d’autorité, ont répondu les Kogis. Vous êtes les chefs de l’eau, du climat. Vous ne parviendrez pas à résoudre les problèmes si vous n’êtes que les chefs de l’environnement matériel. Vous devez devenir les ministres spirituels de l’environnement."

Ce qui fait de ce peuple le meilleur allié de la nature, c’est d’abord son appartenance, sans rien même posséder ou presque, à un monde d’abondance encore étranger au concept de rareté. "Les Kogis n’ont certes aucun des conforts ou “sécurités sociales”, qui constituent pour les économistes des avantages évidents d’une vie moderne, admet Majid Rahnema, écrivain et diplomate. Mais [...] ils vivent encore bien mieux que les quatre milliards de déracinés que l’économie moderne a déjà acculés à la misère."

Un pour tous

Au sein de la communauté, tout se partage : le temps, le travail, les émotions, les idées, les projets... "C’est sans doute là quese situe le cœur de la pensée kogie, et finalement ce qui nous différencie. D’un côté, une société “en lien”, portée et liée par des valeurs partagées ; de l’autre, une société déreliée, régie par des lois imposées", estime René Barbier, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation. Autant de liens qui favorisent la pratique de "l’intelligence collective" : "Une intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences", définissent Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot dans Vive la corévolution!, un ouvrage qui présente le phénomène collaboratif comme un mode d’action nécessaire à la construction d’un monde plus durable.

Chez les Kogis, la pratique de l’intelligence collective engendre un système politique horizontal. "Si l’autorité morale d’un mamu [le chamane kogi, NDLR] est reconnue [...], il n’y a pas de “chef” au sens où nous l’entendons dans nos sociétés plus ou moins militarisées, poursuit René Barbier. C’est la parole qui prime. Une parole collective qui pousse chacun dans ses retranchements pour aboutir à une action réellement responsable, parce que collective." Pour décider ensemble, hommes, femmes, enfants et vieillards réunis, encore faut-il savoir. Et si les Kogis ne disposent pas d’un système scolaire en bonne et due forme, ils n’en n’acquièrent pas moins des connaissances tout au long de leur vie. Ce, par le biais d’expériences partagées et à travers la parole des mamus, hommes ou femmes dont la formation – qui peut durer jusqu’à dix-huit ans – balaie des domaines aussi divers que la médecine, l’éducation, l’astronomie, la justice ou la botanique.
 

Kogi management

Les fondements de la société kogie peuvent aussi nous inviter à repenser la vie en entreprise. Pour pallier l’accroissement des tensions dans le monde du travail, Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot insistent sur "la manière dont nous pourrions nous inspirer de la nature pour coopérer dans notre développement économique, jusque dans notre management". Face à l’écrasante majorité des politiques managériales pyramidales, avec des fiches de poste qui attribuent à chaque salarié une tâche unique, une nouvelle génération de chefs d’entreprise a décidé d’emprunter un autre chemin, dont les "peuples-racines" sont les premiers porteurs. Ne se contentant plus de dicter des missions, certains dirigeants incitent désormais leurs salariés à s’impliquer collectivement dans l’élaboration des projets.

Des Kogis (Crédit : Eric Julien)
Des Kogis (Crédit : Eric Julien)
Alors que son entreprise de marketing en ligne, Digitaleo, se développait à vitesse grand V, Jocelyn Denis a rencontré Éric Julien. En 2011, la découverte des Kogis lui a permis de réaliser que sa jeune société n’avait pas encore défini ses "fondamentaux""Nous avons proposé aux équipes de se réunir pour élaborer les valeurs de l’entreprise et les grandes actions qui, selon elles, devaient être menées. Cette démarche participative a beaucoup plu aux salariés, dont 80% sont issus de la génération Y." Cinq mots clés sont ressortis des échanges : sens du client, réactivité, simplicité, esprit d’équipe et créativité. Des notions désormais affichées dans l’entreprise, qui s’est métamorphosée : "Nous avons mis en application le concept de village, qui consiste à casser les barrières entre les services et permet aux différents métiers de travailler ensemble."

Renforcée par des séances de sport, du théâtre et des petits déjeuners collectifs, la formule a porté ses fruits. Le jeune chef d’entreprise, qui emploie aujourd’hui 47 salariés, a vu son chiffre d’affairesaugmenter de 85 %. En partie du fait de la croissance de son activité, mais pas seulement. "Pour une entreprise, la notion de lien est facteur de performance. Les dirigeants ont tout intérêt à laisser s’exprimer les talents de leurs salariés, en les incitant à 'savoir devenir ensemble' ", assure Jean-Luc Guillou, délégué général de Germe, un réseau de formation de cadres et dirigeants de TPE. Le psychosociologue Jean-François Maréchal, qui accompagne des équipes de direction autour du "mieux travailler ensemble", rappelle toutefois que de telles innovations restent encore marginales. "Après les années 1970, où l’on a commencé à parler de développement personnel, les années 1990 ont été celles d’un recentrage sur la notion de performance. Nous sortons difficilement de cette conception moyenâgeuse du travail, même si certaines entreprises mènent des initiatives intéressantes."

Afin d’accompagner ce virage, Éric Julien a créé dans la Drôme l’École de la nature et des savoirs, "un lieu 'systémique' de formation et de recherche qui permet d’expérimenter, mettre en œuvre et former aux principes de développement humain durable". La vocation de cette ancienne ferme autonome, située à 1300 mètres d’altitude, est d’accueillir des chefs d’entreprise et des étudiants des grandes écoles, pour des séminaires de rupture axés sur la vie dans (et avec) la nature : ateliers, promenades, échanges... "Il ne s’agit pas de faire comme les Kogis, mais de se demander pourquoi nous nous sommes coupés du vivant, ce que l’on peut faire pour remettre de la vie, de l’échange dans la société", explique l’initiateur du projet, qui souligne que pour coconstruire, mais surtout pour mieux gérer les conflits, l’accent doit être mis sur la verbalisation. Considérant, comme les Kogis, que le non-dit entraîne un trop-plein de colère, de peur et de souffrance, Éric Julien voit dans les récentes vagues de suicide en entreprise "une rupture de la communication, du sens et de la culture partagée". Un phénomène impensable "à partir du moment où il est inscrit dans les gènes d’une société que l’on peut parler de tout. Ce qui n’existe pas chez nous, à part dans les cabinets de psy."

Des Kogis (Crédits : Eric Julien)
Des Kogis (Crédits : Eric Julien)

Le secret de la santé

Les Kogis ont beau être coupés de la médecine moderne, leur état de santé a de quoi étonner. C’est du moins ce que rapporte Jean- Louis Crouan, médecin de l’équipe de Nicolas Hulot, qui a ausculté une vingtaine d’entre eux en 2011 lors du tournage d’un épisode d’Ushuaïa nature dans la Sierra Nevada. "Après un examen clinique de plusieurs Indiens kogis au sein de leur village, j’ai été interpellé : leurs yeux et leurs oreilles ne coulaient pas, leur peau, leur dentition étaient saines et ils ne présentaient pas de blessure surinfectée." Bien que succincts, les examens n’ont ainsi révélé aucune pathologie nécessitant une évacuation sanitaire. Jean-Louis Crouan y voit plusieurs explications. D’abord, le fait que les Kogis aient une alimentation saine – presque exclusivement végétarienne – et consacrent chaque jour un temps important à leur hygiène corporelle.

Ensuite, l’environnement préservé dans lequel évolue la communauté. "Les Indiens d’Amazonie, eux, sont déjà contaminés par l’alimentation occidentale. On voit les enfants en short de foot, canette de Coca à la main, les dents ravagées par le sucre. Si les Kogis descendaient dans la vallée, nul doute que leur mode de vie évoluerait et que leur état de santé se détériorerait." L’apparition récente de quelques cas de cancer au sein de la communauté, "à la suite de l’épandage de produits chimiques pour éradiquer la culture de la coca", explique Éric Julien, pourrait venir corroborer l’importance du facteur environnemental.

Le véritable secret de la bonne santé des Kogis pourrait finalement se trouver en eux-mêmes. "Nous savons que c’est une
population qui consacre une bonne partie de son temps à méditer,
poursuit Jean-Louis Crouan. Je pense que cela participe de leur
bonne santé. Si la médecine occidentale ne se pose pas la question de savoir pourquoi nous tombons malades, se consacrant à soigner l’organe malade, les Indiens kogis, eux, se la posent, car ils perçoivent la maladie comme la conséquence d’une rupture de lien entre l’individu et les choses du vivant. Leur art thérapeutique se consacre à rétablir ce lien. Nous gagnerions à ajouter cette vision holistique à notre médecine occidentale, notamment en nous posant la question de cette perte de lien fondamental à l’équilibre de l’individu au sein d’une communauté et des bienfaits préventifs d’une méditation quotidienne."


Les Kogis s’intéressent en effet moins à la médecine en tant que telle qu’à un système global de préservation d’équilibre. Ce dernier inclut certes des connaissances médicales, mais aussi la verbalisation, les rituels, les relations entre êtres vivants, l’accès de chaque famille à la terre et à l’éducation, indispensable pour connaître les pratiques préventives. Le chirurgien, psychothérapeute et écrivain Thierry Janssen se prend à espérer : "Un jour, peut-être, nous choisirons d’arrêter d’abimer pour ne plus réparer. Ce jour-là, nous aurons enfin compris et adopté l’attitude que les “peuples-racines” tentent désespérément de nous enseigner. Pourvu que ceux-ci ne tombent pas dans le piège de nos névroses et ne finissent pas par croire, eux aussi, aux illusions d’une société qui promet le bonheur en niant ses liens avec la nature qui lui a donné naissance."

Des Kogis (Crédit : Eric Julien)
Des Kogis (Crédit : Eric Julien)

Protéger son modèle

Au cours de son histoire, la société kogie a développé une capacité unique à résister aux interactions. L’exemple, il y a quelques années, de l’introduction de la culture du café en son sein par l’État colombien parle de lui-même. Réalisant que les revenus liés à cette culture engendraient des classes sociales, qui menaçaient elles-mêmes la cohésion du groupe, les mamus ont tout simplement décidé de laisser disparaître les plantations et d’abandonner l’argent qui en était issu. Soucieuse de conserver la maîtrise de son destin, la communauté traverse aujourd’hui un vaste questionnement. "Il faut faire le distinguo entre les interactions non voulues, comme la déforestation ou la raréfaction de l’eau, et les interactions choisies, comme le possible raccordement des villages à l’électricité, qui divise les Kogis selon qu’ils sont plus ou moins traditionalistes, explique Éric julien. Pour l’heure, la jeune génération reste en tout cas fidèle à la communauté".

Loin de lorgner sur la brillance des biens qu’ils ne possèdent pas, les Kogis de passage à Paris se montrent, au contraire, dubitatifs quant à notre mode de vie : "Lorsqu’on traverse un tunnel, ils demandent : “Pourquoi donc faites-vous des trous dans la terre?” En ville, ils s’étonnent de l’absence de chemins, d’oiseaux, de végétation..." raconte Muriel Fifils, compagne d’Éric Julien et membre de Tchendukua. Conscients de leurs forces et optimistes par nature, les Kogis vont néanmoins devoir s’employer à préserver leur modèle. Et nous, à repenser le nôtre. Un jour, un Indien a soufflé à Éric Julien : "Ne copiez pas les Kogis, ni les Touaregs ou les Inuits, mais retrouvez les principes dont ils sont porteurs et que vous avez perdus. Nous sommes des frères humains, tous embarqués sur le même bateau. Nous devons nous entendre pour trouver un cap commun." 














Newsletter : recevez chaque semaine
une sélection de nos meilleurs articles



wedemain.fr sur votre mobile