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Les Universités des abeilles : une matinée pour trouver des solutions à la sauvegarde des butineuses

Par Sofia Colla I Publié le 12 Mai 2017

Jeudi 11 mai dernier, Guerlain organisait les Universités des abeilles dans sa boutique du 68 avenue des Champs-Élysées. De nombreux spécialistes étaient présents pour débattre des menaces et des solutions possibles pour sauver les butineuses.


La charte de Développement Durable de Guerlain. (Crédit : Arnaud Joron)
La charte de Développement Durable de Guerlain. (Crédit : Arnaud Joron)
Si les abeilles venaient à disparaître, nous ferions face à une crise alimentaire mondiale. En plus de voir 30 à 40 % de nos étals de fruits et légumes disparaître, leur prix augmenterait fortement.

C'est pour essayer d'y remédier que la maison a organisé les Universités des abeilles, toute une matinée pour discuter des menaces qui touchent ces insectes et des solutions envisageables.
 
Laurent Boillot (Président-Directeur Général de Guerlain) et Sandrine Sommer (Directrice développement durable de Guerlain) ont été les premiers à prendre la parole pour rappeler à l’assemblée les grands objectifs de la maison. Notamment de continuer à protéger la biodiversité, et en particulier l’abeille, symbole de Guerlain depuis 1853.
 

De gauche à droite : Frédéric Denhez, Hélène Soubelet, Sandrine Bélier, Sylvie Bénard et Lionel Garnery. (Crédit : Arnaud Joron)
De gauche à droite : Frédéric Denhez, Hélène Soubelet, Sandrine Bélier, Sylvie Bénard et Lionel Garnery. (Crédit : Arnaud Joron)
Ce sont ensuite les invités qui ont pris le relai autour de deux tables rondes, menées par le journaliste Frédéric Denhez. La première question qui s’est posée : quelles sont les menaces qui touchent les abeilles, et donc les hommes ?
 
"La nature fait tout, il suffit de la préserver", explique Lionel Garnery, chercheur au CNRS et naturaliste de l’abeille.

La menace, c’est l’homme

"L’homme modifie son environnement, contrairement aux autres espèces ", rajoute t-il. Les nouveaux pesticides néonicotinoïdes restent deux ans dans les sols, tuant ainsi plusieurs générations d‘abeilles. Il faut donc ensuite reconstituer les cheptels, souvent avec des races hybrides importées, qui ne s’adaptent pas aisément à leur nouvel environnement.
 
 "L’homme est une espèce destructrice, mais aussi fragile, parce qu’elle détruit son propre environnement", développe Sandrine Bélier, Directrice de l’Association Humanité et Biodiversité.
 
L’objectif est donc de préserver l’environnement, et parfois même de le reconstituer, afin de permettre aux abeilles de repeupler naturellement leur cheptel. 
 
"Nous essayons de prendre les décisions les plus éclairées possibles, en fonction de ce que nous savons. Car quand nous vendons un produit nous vendons un écosystème", explique Sylvie Bénard, Directrice environnement LVMH.

De gauche à droite : Frédéric Denhez, Émilien Dautrey, Thierry Dufresne, Jacques Kermagoret et Eric Lelong. (Crédit : Arnaud Joron)
De gauche à droite : Frédéric Denhez, Émilien Dautrey, Thierry Dufresne, Jacques Kermagoret et Eric Lelong. (Crédit : Arnaud Joron)

La solution : travailler ensemble

"Prendre les bonnes décisions", là était l’objet de la deuxième table ronde : quelles solutions pour sauver les abeilles ? Selon Thierry Dufresne, Président de l’OFA (Observatoire Français d’Apidologie), il y a une "nécessité de professionnaliser ce monde". Seul 5 % des apiculteurs sont des professionnels et y consacrent tout leur temps. Ils sont environ 1 600 en France et ils représentent à eux seuls 50 % de la production.
 
40 000 tonnes de miel sont consommées en France chaque année et 60 % proviennent de l’importation. "Il y a 25 ans, c’est la France qui exportait du miel", se rappelle Jacques Kermagoret, Président de l’Association Conservatoire de l’Abeille Noire d’Ouessant.  

Laurent Boillot, Président-Directeur Général de Guerlain. (Crédit : Arnaud Joron)
Laurent Boillot, Président-Directeur Général de Guerlain. (Crédit : Arnaud Joron)
Un autre problème : la déconnexion de la nature dans les villes. "Il faut offrir le gîte et le couvert à l’ensemble des pollinisateurs" explique Émilien Dautrey, Responsable du pôle Espèces de Noé Conservation, notamment en mettant des ruches dans les zones urbaines et en replantant des espèces végétales issues de la région.

Mais une des solutions les plus efficaces à long terme, qui semble pourtant de moins en moins évidente, serait selon Hélène Soubelet, Directrice de la FRB (Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité), de "laisser la nature se restaurer elle-même" afin de permettre le "réensauvagement des espèces"

La sauvegarde des abeilles est une expérience complexe, conclut Laurent Boillot. "Notre volonté chez Guerlain c’est de faire notre part pour participer à la sauvegarde de l’Abeille, cela fait aussi partie du bel héritage que nous voulons transmettre". Les mots d’ordre de la maison : créativité, respect, travail et surtout ensemble. C’est de cette manière, à travers des actions communes, qu’il y aura des résultats. 

C'est dans cet objectif que la maison Guerlain soutient l’association du Conservatoire de l’Abeille Noire Bretonne de l’île d’Ouessant, avec qui elle développe les produits de la gamme Abeille RoyaleL’abeille d’Ouessant est une race pure et rustique qui ne vit que sur l’île bretonne du même nom. Bénéficiant de son isolement, cette dernière ne semble pas être touchée par le syndrome d’effondrement auquel les autres abeilles font face. Il est alors important de la protéger et de la préserver afin que cette race d'abeille persiste et puisse continuer à exister encore de longues années. 

Guerlain soutient également l’OFA, Observatoire d’Apidologie Français et accompagne Thierry Dufresne, le fondateur de cette association, dans sa mission pour repeupler l’Europe d'abeilles et d’apiculteurs.


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