Société-Économie

Les "reborn", ces bébés artificiels qui soignent leurs "parents"

Par Texte : Charlotte Vannier / Photos : Didier Bizet I Publié le 7 Septembre 2020

PORTFOLIO. Ce sont des bébés artificiels ultra-réalistes, fabriqués en vinyle mou et possédants parfois les traits de leurs "parents adoptifs". Ces poupons appelés "reborns" peuvent offrir aux personnes souffrant d'Alzheimer ou de dépression le réconfort qui leur manquait.


Retrouvez l'intégralité de notre reportage sur ces bébés artificiels dans notre numéro d'automne, disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne.

Voilà de nombreuses années qu’Amanda lutte contre la dépression. En 2017, cette photographe londonienne découvre par hasard l’existence d’A.J. sur Internet, et c’est le coup de foudre. Dans ce petit visage joufflu, elle assure retrouver des traits familiaux : la fossette sur le menton de son grand-père, la couleur des yeux et des cheveux des membres de sa famille. Un bébé qui lui ressemble, mais à 100 % constitués de vinyles et de poils mohair.

Cette poupée, qu'elle a adoptée sur-le-champ et qu'elle chérit depuis comme sa propre chair, est un reborn.

Dans le cas d'Amanda, la traduction littérale du mot "reborn" ("renaissance") prend tout son sens. Depuis l'arrivée d'A.J., plus de crise d'angoisse. Et elle a remarqué que ses épisodes dépressifs étaient beaucoup moins handicapants qu'auparavant.

Hyperréalistes, personnalisables et parfois dotés d'appareils permettant d'imiter le battement du cœur ou la respiration... Les reborns sont un phénomène international, mais encore marginal. Dans We Demain n°31 , la journaliste Charlotte Vannier et le photographe Didier Bizet partent à la rencontre de cette communauté d'adoptants.
 

Certains reborns sont équipés d'appareils qui permettent d'imiter les battements de coeur, la respiration ou la succion des bébés. Ils sont rechargeables en USB, grâce à une prise soigneusement cachée dans le rembourrage de la poupée.
(Crédit : Didier Bizet)
(Crédit : Didier Bizet)


Amanda, quadragénaire britannique photographie en septembre 2019, à Londres, ne s'endort jamais sans son reborn A.J. Ses parents et ses proches ont fini par accepter son désir.
(Crédit : Didier Bizet)
(Crédit : Didier Bizet)


À Madrid, dans le magasin de Maria Valle Escudero, les clients peuvent se procurer un kit de reborn. On peut aussi acheter séparément des yeux, des vêtements, des cils, des tétines, des bracelets de naissance, des biberons, des ciseaux à cheveux ou des pinceaux à lèvres.
(Crédit : Didier Bizet)
(Crédit : Didier Bizet)


Delphine Trevel est infirmière et hypnothérapeute à Caen, ici en mai 2019. Elle passe 5 heures par semaine en moyenne à réaliser des reborns qu'elle distribue bénévolement aux Ephad de sa région.
(Crédit : Didier Bizet)
(Crédit : Didier Bizet)


Le stand de Bianca Franke, venue d'Allemagne pour présenter ses reborns au Doll Show de Valence (Espagne) – le salon le plus important du genre en Europe – en avril 2019. Reborneuse depuis 2013, elle vend ses créations sur Internet à un prix dépassant le millier d'euros.
(Crédit : Didier Bizet)
(Crédit : Didier Bizet)











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