Société-Économie

#MonPostPartum : de jeunes mères brisent le tabou de l’après-accouchement

Par I Publié le 18 Février 2020

Donner la vie, un acte merveilleux ? Pas pour toutes. Via le hashtag #MonPostPartum, des femmes sortent du silence et racontent sans tabou leur expérience, parfois traumatisante aussi bien physiquement que mentalement, de l'après-accouchement.


"Si on racontait la bouch… Le bonheur que c’est. L’humanité pourrait s’éteindre en 50 ans à peine", lance Florence Foresti dans l'un de ses sketchs. Faut-il vraiment tout savoir sur l'accouchement avant d'être mère et briser ce que l'humoriste appelle "la clause de confidentialité" à laquelle seraient tenues les jeunes mamans ?

Ces derniers jours, des centaines de femmes ont elles décidé de raconter sans tabou leur quotidien post-accouchement sur Twitter, via le hashtag #MonPostPartum. Très loin des clichés circulant sur les réseaux sociaux de jeunes mamans rayonnantes ayant retrouvé la ligne en quelques jours, ces femmes évoquent les douleurs, les saignements, les couches, les transformations de leur corps...

Des problèmes certes évoqués dans des livres de grossesse, sur des forums spécialisés, ou parfois entre femmes, mais peu médiatisés, et donc peu connus du grand public.
 
Tout commence le soir de la cérémonie des Oscars, le 9 février. Une publicité pour une marque d’hygiène américaine, montrant les désagréments d’une jeune maman allant aux toilettes, jugée "trop crue", est alors refusée par la chaine ABC.
    

"Levez la main si vous ne saviez pas que vous alliez devoir changer vos propres couches"

La première à réagir est la mannequin Ashley Graham, postant une photo d’elle enceinte sur Instagram, où elle compte plus de 10 millions d’abonnés, et racontant que personne ne l'avait prévenue de l'ampleur des difficultés liées à la grossesse ou à l’accouchement. "Levez la main si vous ne saviez pas que vous alliez devoir changer vos propres couches", écrit-elle.

En France, c’est une militante féministe, doctorante en communication et sociologie, Illana Weizman, qui poursuit le débat, toujours sur Instagram. Elle poste une photo d’elle, portant une couche. En légende, elle parle des saignements, de son ventre gonflé, des contractions, des sensations de brûlure au moment d’uriner, de douleurs lorsqu’elle s’assoit…  
   
"Si on parlait davantage de ces sujets, si on ne les invisibilisait pas de façon systématique, les mères se sentiraient moins isolées, moins démunies", fait-elle valoir.


​Se sentir moins seule

Morgane Koresh, Ayla Linares et Masha Sacré, trois autres militantes, ont par la suite lancé et relayé le hashtag #MonPostPartum, en incitant les mamans à partager leurs histoires. Rapidement, des centaines de jeunes femmes reprennent le mot-dièse et racontent leur expérience.


Pour d'autres femmes, ces témoignages risquent de couper l’envie d’avoir des enfants. Ou relèvent de la vie intime et ne devraient pas être partagés sur les réseaux sociaux...

Comme pour tout dans la grossesse, à chacun son ressenti, différent d'une femme à l'autre, et même d'une grossesse à l'autre. Le débat reste donc ouvert.

Et vous, qu'en pensez-vous ?
 










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