Société-Économie

Municipales 2020 : des candidats à la mairie de Paris s'engagent contre Uber

Par I Publié le 10 Mars 2020

À travers la campagne #TrueCostOfUber, trois associations appellent les candidats à la mairie de Paris à s’engager contre la pollution des véhicules VTC ainsi que la politique sociale de leurs plateformes. Leur pétition en ligne a dépassé les 20 000 signatures.


Pollution, bouchons, exploitation sociale... les plateformes VTC sont au coeur de nombreuses critiques.   (Crédit : Flickr)
Pollution, bouchons, exploitation sociale... les plateformes VTC sont au coeur de nombreuses critiques. (Crédit : Flickr)

#TrueCostOfUber : c'est l'intitulé de la campagne lancée le 21 novembre par une coalition d’ONG européennes et américaines telles que le Sierra Club, Respire, Les Chercheurs d’Air et Transport & Environment pour révéler les coûts sociaux et environnementaux des plateformes de VTC comme Uber, qui détiendrait 80 % du marché français selon ces dernières. Elles appelaient notamment des métropoles européennes comme Paris, Berlin et Amsterdam à prendre des mesures pour limiter leur impact sur la pollution.

À l’approche des élections municipales, trois associations issues de cette coalition ont décidé d'interpeller directement les candidats à la mairie de Paris à ce sujet.

Les élections municipales sont l’opportunité de mettre fin aux pratiques irresponsables des plateformes VTC à Paris”, écrivent-elles dans leur pétition en ligne, qui a déjà recueilli plus de 23 000 signatures. Les candidats Anne Hidalgo (PS), David Belliard (EELV) et Danielle Simonnet (LFI) ont annoncé leur soutien à la campagne.
 


Passer au tout-électrique

Parmi les revendications de Respire, Transport&Environnent et SumOfUs : la conversion des flottes VTC en véhicules “100 % propres” (électriques ou hydrogènes) d’ici 2025. Elles s’appuient sur les résultats d’une étude réalisée par l'ONG européenne Transport et Environment, révélant qu’à Paris, les trajets effectués par les véhicules VTC génèrent environ 180 kilotonnes d'émissions de CO2 par an. 

À cela s’ajoute une pollution aux particules fines, puisqu'en France 90 % des VTC enregistrés sont des véhicules diesel.
 

À lire aussi : Paris : objectif zéro voiture diesel en 2020, que font nos voisins européens ?


Il est d'ores et déjà possible de choisir de rouler en véhicule électrique ou hybride dans certaines villes de France, notamment grâce à l'option Uber Green. Mais la plateforme ne s'est pas encore engagée dans un véritable plan en faveur de l'électrique, contrairement à d'autres applications, comme Marcel et Kapten. Ces dernières ont annoncé, ces dernières semaine, qu'elles allaient investir dans des flottes de électriques afin de répondre à la demande.

Car une majorité d'utilisateurs se déclarent prêts à payer davantage pour réduire l’impact carbone de leurs trajets : selon un sondage YouGov publié en janvier 2020, 61 % des clients Uber français accepteraient de payer une surcharge de 15 à 20 centimes par kilomètre pour voyager dans une voiture zéro-émission. La plateforme applique déjà ce principe à Londres, où elle prévoit de passer au tout-électrique d'ici 2025.


Fiscalité, droit du travail... les autres défis des plateformes VTC

La lutte contre la pollution n’est pas le seul objectif des associations. Elles appellent également les plateformes VTC à assurer des “trajets 100 % safe” pour ses utilisateurs et utilisatrices. Cela fait suite au scandale #UberCestOver, qui avait mis en lumière, fin 2019, les manquements de la plateforme dans des cas de harcèlement et d'agressions sexuelles.

Autre revendication des ONG : des “contrats 100 % éthiques” pour les chauffeurs. “En 2017, Uber a payé à peine 1 million d’euros d’impôts en France car il ne déclare qu’une infime partie de son chiffre d’affaire. Il exploite les chauffeurs qui travaillent dans des conditions de plus en plus difficiles”, pointe la pétition.

Ce dernier point fait écho à la décision du 4 mars dernier de la Cour de cassation, qui a requalifié le statut d’un ancien chauffeur Uber. Ce dernier est considéré comme salarié de la plateforme et non travailleur indépendant. Le gouvernement a annoncé dans la foulée le lancement d'une mission sur le statut de ces travailleurs, avec des propositions à rendre “d’ici l’été”.












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