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On a testé Cityscoot, le scooter électrique bientôt en libre service dans les rues de Paris

Par I Publié le 9 Juin 2016

Après le Vélib' et Autolib', Paris va accueillir d'ici fin juin des scooters électriques en libre service. Bonne nouvelle : il n'y aura plus à se battre pour avoir accès à une borne. On vous explique pourquoi, test à l'appui.


Un Cityscoot devant le Trocadéro. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Un Cityscoot devant le Trocadéro. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Paris... ses terrasses de café, sa tour Eiffel et ses bouchons interminables. Tandis que je mets mon clignotant, je me rappelle tout à coup pourquoi je n'aime pas conduire dans cette ville.

Trop tard, il me faut traverser en diagonale ce rond-point à trois voies qui m'attend tel un piège infernal. Qu'à cela ne tienne, je suis à bord d'un scooter électrique dernière génération : Un coup d'accélérateur et me voici inséré dans le trafic. De toute façon, si j'ai un accident, je serai géolocalisé !

Ce scooter appartient à la start-up Cityscoot , qui va en déployer mille dans les rues de la capitale à partir de la fin du mois de juin. Son objectif ? Compléter l'offre de véhicules en libre service à Paris, aux côtés de l'Autolib', qui fête ses cinq ans, et du Vélib', qui en a presque le double. Le tout, avec le soutien de la mairie de Paris. Une idée intéressante pour tous ceux qui ne se sentent pas la force de pédaler ou n'aiment pas être bloqués en voiture dans les bouchons.

Un système sans bornes de recharge

Mais le principal avantage de Cityscoot par rapport au vélo ou la voiture est ailleurs : "Grâce à la géolocalisation, il n'y a plus besoin de se bagarrer pour trouver une borne disponible", m'expliquera plus tard Alexis Marcadet, le porte-parole de l'entreprise qui m'a remis le scooter.

L'application pour smartphone permet en effet de trouver le véhicule le plus proche grâce à une carte interactive. Une fois arrivé à destination, il suffit de déposer l'engin dans n'importe quelle rue, le stationnement pour deux-roues étant gratuit.

L'application permet de géolocaliser les scooters disponibles. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
L'application permet de géolocaliser les scooters disponibles. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Mais si ces scooters n'utilisent pas de bornes, comment se rechargent leurs batteries ? "Il y a 50 kilomètres d'autonomie et lorsque le niveau de charge est trop bas, le scooter est rendu indisponible à la location. Nous venons ensuite remplacer la batterie par une neuve et nous effectuons un rapide contrôle technique", précise Alexis Marcadet.

Aucune pollution sonore

Une fois le rond-point passé, je ralentis doucement en approchant un feu. Les freins répondent bien. Au feu vert, j'accélère. Le départ est un peu mou... mais après tout, ce n'est qu'un véhicule bridé à 45 km/h, pas l'une de ces bêtes de course électrique à 15 000 euros, comme on en voit de plus en plus dans les rues de Paris.

Le plus surprenant reste l'absence de bruit. Une sensation très relaxante, une fois que l'on s'y est habitué. Je me prends à rêver : Si un jour, tous les véhicules deviennent électriques, il n'y aura plus de pollution sonore ni aérienne. Et moins d'accidents : L'engin est assez haut et d'un blanc vif, difficile de le manquer dans un rétroviseur. La direction répond bien, aucune boîte de vitesse à gérer... Tout est automatique sur ce scooter.

Un code permet de déverrouiller le scooter et de récupérer le casque dans le coffre (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Un code permet de déverrouiller le scooter et de récupérer le casque dans le coffre (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Je retrouve Alexis Marcadet devant le Trocadéro. Je remets le casque dans le coffre et retire la charlotte fournie avec le scooter pour se protéger les cheveux. Le scooter est prêt pour une nouvelle location. Place aux questions.

Entre deux et six euros la course

Comment feront les usagers qui n'ont pas l'habitude de conduire en ville sur un deux-roues ? "Nous allons offrir des stages d'initiation gratuits mais il faudra de toute façon être majeur et justifier du permis de conduire ou au moins du BSR". En cas d'accident, l'assurance de Cityscoot couvre le conducteur, le passager et tous les dommages éventuels. Une garantie incluse dans le prix du service.

Le coffre contient un casque ajustable, des charlottes ainsi que les documents et accessoires de sécurité standards. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Le coffre contient un casque ajustable, des charlottes ainsi que les documents et accessoires de sécurité standards. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Combien cela coûtera, de rouler en Cityscoot ? "Nous allons bientôt annoncer le prix, mais ce sera un peu plus que le bus et beaucoup moins qu'un taxi". Il devrait falloir tabler entre 2 et 6 euros selon la distance que vous voulez effectuer dans Paris.

Limité à Paris

C'est d'ailleurs l'une des limites du service actuel : pour l'heure, impossible de déposer le scooter en dehors de Paris. De même, son utilisation sera impossible entre 23 heure et 7 heures du matin. Dommage pour les habitants de la petite et grande couronne qui voudraient rentrer de soirée en scoot.
 
"On espère bientôt élargir ce périmètre et implanter le service dans d'autres villes", m'assure cependant Alexis Marcadet.

Risque-t-on de se faire voler son Cityscoot ? "Ce serait difficile car il y a beaucoup de capteurs, dont le GPS, qui facilitent l'enquête post vol. Pour l'instant, aucune Autolib' n'a été volée de toute façon". Une sécurité de rigueur, lorsque l'on sait que ces engins fabriqués en Allemagne valent tout de même autour de 6 000 euros.

En route vers un prochain test ! (Crédit : Jean-Jacques Valette)
En route vers un prochain test ! (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Bilan : Facile à utiliser, efficace dans la circulation et presque exempt de formalités, il y a de bonnes chances que Cityscoot connaisse le succès dans les prochains mois. On regrettera seulement la limitation à Paris intra-muros et le fait que ce soit une start-up, et non la mairie, qui ait pris l'initiative d'un tel service.

Une bonne idée en tout cas pour la qualité de l'air, dans une ville dont certains pics de pollution ont réussi à dépasser ceux de Pékin en 2015.




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