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Ma maison demain

On a testé le lombricompostage au bureau (et nous avons survécu)

Par Alice Pouyat I Publié le 29 Juin 2018

La rédaction a adopté une colonie de vers de terre et s'est lancée dans le lombricompostage. Objectif : réduire nos ordures et offrir de l'engrais à nos plantes. Récit d’une aventure frétillante.


Les déchets frais sont placés dans le plateau supérieur du lombricomposteur que les vers de terre transforment en compost, dans les bacs inférieurs (Crédit : We Demain)
Les déchets frais sont placés dans le plateau supérieur du lombricomposteur que les vers de terre transforment en compost, dans les bacs inférieurs (Crédit : We Demain)
L’idée a fait son trou, doucement. Embauchée il y a peu chez We Demain, j’ai lancé cette proposition saugrenue avec la fraicheur des nouveaux venus : et si l’on testait ensemble le lombricompostage ? 
 
Saugrenue mais pas si folle, l’idée : d’abord car notre rédaction dispose d’une cuisine et déjeune souvent sur place,  avec des bouts de salade, des épluchures de fruits, du marc de café et du carton à gogo… Autant de détritus dont raffolent les vers de terre. Bref, une bonne solution, a priori, pour réduire nos ordures quotidiennes (dont 25 à 40% sont compostables), nourrir les plantes tropicales qui s’épanouissent dans nos locaux et vivre un peu plus en harmonie avec les principes défendus par We Demain. 
 
La proposition, avouons-le, était aussi intéressée. Le lombricompostage en entreprise, voilà une bonne façon de tester ce qui peut soulever quelques inquiétudes à domicile. Juliette, notre stagiaire : "Je meurs si je vois un vers me grimper sur les mollets !". Un autre collègue, poli : "Ca va pas ‘sentir un peu’ cette histoire ?"… Autre avantage de l’adoption collective : nul besoin de "nounous à vers" pour les vacances, l'entreprise restant ouverte toute l'année (supposément, les vers peuvent survivre seuls quelques semaines...)

L’installation

Après le blanc-seing amusé de la direction, commence donc notre quête de lombricomposteur. Sur les conseils d'une amie, nous penchons pour le modèle City Worms de la société Vers La Terre, qui est aussi distribué par la mairie de Paris. Et qui se prête au jeu : un beau matin, l'objet nous est gracieusement livré avec en bonus un "maître composteur" - s’il vous plaît - pour une formation collective. Pas question de nous rater dans l’aventure !

Les Eusenia digèrent et se reproduisent à grande vitesse (Crédit: We Demain)
Les Eusenia digèrent et se reproduisent à grande vitesse (Crédit: We Demain)
Pendant une petite heure, trois journalistes volontaires suivent donc les conseils de Thierry pour l'assemblage des bacs et l’alimentation des vers - des fruits et légumes non assaisonnés principalement, mélangés à 30% de carton. Nous retenons aussi que pain, riz, pâtes, protéines animales, agrumes, ail et oignons sont formellement proscrits. Quelques jours plus tard, nous recevons enfin notre colonie d'Eisenia dans un sac de terreau : des vers adaptés à la tâche, graciles et voraces. 

Durant les deux premiers mois, aucun souci. Notre lombricomposteur sur roulettes, discret, trouve sa place dans un coin de la rédaction, visiblement bien alimenté : aucune tentative de fugue à signaler (les lombrics meurent très vite à la lumière et semblent le savoir).  Nos vers s'acclimatent. Ils boulottent et copulent allègrement… 

Remuer la terre, aller donner à manger à nos lombrics, devient même un moment de détente, l’occasion de faire une petite pause "nature". De généreux collègues se donnent la peine de ramener des épluchures domestiques (merci Emilie) et nourrissent les bêtes spontanément.
Nous relâchons donc l’attention…

Epluchures, fanes de légumes, carton, marc de café peuvent être recyclés  (Crédit : We Demain)
Epluchures, fanes de légumes, carton, marc de café peuvent être recyclés (Crédit : We Demain)

Nos vers en crise

Quand, à l’arrivée de l’été, panique à bord ! Un fumet fétide s’échappe soudain du bac supérieur, à l’apparence molle et visqueuse… Un coup de chaud ? Des peaux de bananes trop mûres ou d’autres déchets non recommandés jetés par erreur ?

Pour épargner les collègues les plus proches, et en quête de fraîcheur, nous emmenons d’urgence notre composteur à la cave pour une opération de sauvetage. Des mésaventures qui semblent assez banales à en croire les moult solutions trouvées sur internet : rajouter du carton à foison, du marc de café, remuer la terre pour l’oxygéner…

Enfin, après dix jours de soins intensifs, soulagement, tout est rentré dans l’ordre ! Plus aucune odeur, les vers frétillent, le bac supérieur a bonne allure.

Le bilan

Le moment de récupérer une bouteille de jus de compost, aussi appelé poétiquement "thé de vers", un super engrais liquide (à diluer par dix), et le bac inférieur chargé de compost, distribués comme prévu à nos plantes. Le rédacteur en chef du site, conquis, repart même chez lui avec quelques lombrics.

Au bout de trois mois, nous avons une bouteille pleine d'engrais liquide pour nos plantes, à diluer par dix (Crédit : We Demain)
Au bout de trois mois, nous avons une bouteille pleine d'engrais liquide pour nos plantes, à diluer par dix (Crédit : We Demain)

Aux entreprises qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure, un petit conseil toutefois : mieux vaut désigner quelques responsables prêts à se relayer. Un seul participant se sentira un peu seul car les vers demandent tout de même une attention suivie. Trop de contributeurs élève les risques d'erreurs.

Et n’hésitez pas à nous rendre visite, nous partagerons volontiers avec vous nos vers et nos conseils !
 





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