Santé

Ouïe : un milliard de malentendants en 2050

Par Kyrill Nikitine I Publié le 29 Juin 2018

L’homme de la fin du 21ème siècle sera-t-il myope, sourd, obese, le nez congestionné et totalement imberbe ? Nos cinq sens sont quotidiennement agressés. Et s’ils n’étaient pas immuables ? Modifiés, fragilisés par notre vie urbaine et l’utilisation d’outils technologiques, il est pourtant urgent de les préserver. Troisième volet de notre série: les dangers qui guettent notre ouïe.


© The Guy Bourdin Estate, 2017
© The Guy Bourdin Estate, 2017
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,1 milliard de personnes entre 35 et 45 ans risquent la surdité. En cause, la fréquentation de lieux bruyants et l’utilisation des technologies auditives (casques, écouteurs, etc.). Et une sérieuse épidémie de surdité se répand parmi les plus jeunes.

En 2015, 32 millions d’enfants (0,5 % de la population mondiale) étaient atteints d’une déficience auditive handicapante. Perçu « uniquement » comme un facteur de stress par le grand public, le bruit est un véritable danger. Un stress sonore prolongé augmente la sécrétion d’hormones comme l’adrénaline et le cortisol. Les effets directs sont l’apparition de maladies cardio-vasculaires, dont les tachycardies. À noter que ce stress se détecte souvent lorsque l’on dort et contribue aux problèmes de sommeil dont souffre 1 Français sur 3. Ces troubles peuvent apparaître dès une exposition quotidienne de plusieurs heures à 40 dB (le bruit d’une voiture équivaut à 68 dB). Selon une étude européenne validée par l’Observatoire du bruit en 2015, plus de 75 000 années de vie « en bonne santé » seraient perdues chaque année dans une ville telle que Paris. La pollution sonore est d’ailleurs le deuxième facteur de risque environnemental après la pollution atmosphérique.

Selon l’acousticienne Catherine Lavandier, " cette détérioration est d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est pas décelée tout de suite. Ce n’est que lorsque nous vieillissons que nous prenons conscience de notre surdité ". Saviez-vous que c’est l’étrier, minuscule os situé dans l’oreille, qui ajuste l’intensité du son afin de protéger l’oreille interne et active pour cela un réflexe. Mais, attention : ce réflexe, assuré par le muscle stapédien, dure 15 minutes à 100 dB, et seulement quelques secondes au-delà de 120 dB.
     
" Les cellules de l’oreille interne ne se régénèrent pas, explique Pierre Ahnoury, médecin à l’institut Curie. Toutes ces nuisances sonores accélèrent la destruction précoce des cellules qui sont en nombre limité à notre naissance. Aucun médicament n’existe pour les faire repousser. "
      
L’OMS prédit un milliard de malentendants sur terre en 2050...














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