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PORTFOLIO – Un livre pour changer de regard sur les animaux

Par Léna Hespel I Publié le 8 Mars 2018

S’interroger sur la place des animaux dans notre société. C’est le fil conducteur du livre "Animalité, 12 clés pour comprendre la cause animale" qui sortira le 20 mars, à l’occasion de la journée mondiale sans viande.


NOURRITURE, l'animal carcasse (Crédit : Laurent Baheux)
NOURRITURE, l'animal carcasse (Crédit : Laurent Baheux)
"Le 20 mars est la date que nous avons choisie pour éditer un livre sur les animaux dont une des fonctions est de fournir annuellement 310 millions de tonnes de viande". Audrey Jougla, écrivain, et Laurent Baheux, photographe, co-signent ce livre qui questionne la place de l’animal dans nos sociétés.
 
Les textes se mêlent à 70 photos pour mettre en lumière le paradoxe sur le regard que portent nos sociétés envers les animaux. D’un côté la violence dont on fait preuve à leur égard, de l’autre l’infantilisation de notre rapport à eux.
 
Les photos, au cœur du livre, montrent les animaux comme de vraies personnes. Prises comme des portraits, elles inspirent sympathie et empathie.
 
Parmi les douze clés abordées, la vulnérabilité, la liberté, la violence, le règne ou encore la nourriture, thème au cœur de l’actualité. Chaque thématique ouvre le débat avec des citations philosophiques, des articles juridiques ou des données statistiques. Quelques extraits sont à découvrir ci-dessous. 
 

(Crédit : Laurent Baheux)
(Crédit : Laurent Baheux)
Extrait p.36-37 :  VIOLENCE, de la bête ou de l'homme

MAL - « La faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. »
Hannah Arendt, Responsabilité et jugement, 1967.  

(Crédit : Laurent Baheux)
(Crédit : Laurent Baheux)
Extrait p.120-121 : NOURRITURE, l'animal carcasse

CONNAISSANCE - Alors que la législation européenne s’apprêtait à imposer aux éleveurs des cages de plus grande taille, une étude menée par l’INRA conclut en 2012 que les poules préféreraient les cages. Un résultat à l’opposé du sens commun et des critiques militantes de l’élevage en batteries. Certains dénoncent alors la collusion et l’instrumentalisation de la science par des intérêts industriels.
« En exagérant à peine, la question ne serait donc même pas de se demander comment une poule parvient à survivre en si dure captivité, mais bien de prouver scientifiquement qu’entre la basse-cour et la batterie industrielle la poule préfère la cage. Il n’y aura bientôt plus lieu de s’étonner qu’à l’aube du XXIe siècle, dans une société “avancée”, de haut niveau (sic) culturel, scientifique et technique (resic), on se propose de prouver et d’imprimer, en toutes lettres, noir sur blanc, dans des publications officielles destinées à informer ou à convaincre, qu’un être vivant à qui la nature a donné des membres pour courir, des ailes pour voler, un bec pour picorer, lorsqu’il a le choix entre la liberté et la détention, préfère être incarcéré. »
Armand Farrachi, Les poules préfèrent les cages, 2012.

(Crédit : Laurent Baheux)
(Crédit : Laurent Baheux)
Extrait p.160-161 : RÈGNE, pour quel progrès moral

DEGRÉS - « Néanmoins, si considérable qu’elle soit, la différence entre l’esprit de l’homme et celui des animaux les plus élevés n’est certainement qu’une différence de degrés, et non d’espèce. »
Charles Darwin, La descendance de l’homme et la sélection sexuelle, I, 1871.

LIBERTÉ, maltraiter pour divertir (Crédit :Laurent Baheux)
LIBERTÉ, maltraiter pour divertir (Crédit :Laurent Baheux)
Extrait p.86-87 : LIBERTÉ, maltraiter pour divertir

AQUARIUM - En France, l’arrêté du 3 mai 2017 interdit l’usage du chlore en aquarium dans les six mois, et impose l’agrandissement des bassins de 150 % dans les trois ans. Cet arrêté interdit également la reproduction des cétacés en captivité. À terme, il devait amener à la fin des delphinariums et des parcs aquatiques. Mais le 30 janvier 2018, le Conseil d’État annule ce texte pour vice de procédure. Cette décision ne remet pas en cause les améliorations des conditions de détention des animaux, comme l’interdiction des produits chlorés, la mise en place de zones d’ombre ou l’augmentation du volume des bassins. Il autorise cependant la reproduction des cétacés dans les delphinariums, et donc la poursuite de leur activité.

(Crédit : Laurent Baheux)
(Crédit : Laurent Baheux)
Extrait p.41-42 : VALEUR, l'animal trophée

Le scandale du roi Juan Carlos chassant l’éléphant, la mort du lion Cecil : autant de récentes indignations publiques pour des pratiques qui représentent un business à part. Selon le Safari Club International, 18500 touristes occidentaux s’offrent chaque année des parties de chasse en Afrique, ce qui représente un chiffre d’affaires annuel de 200 millions de dollars, et dépasse les 20 millions de dollars pour plusieurs États comme le Botswana, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Zambie et la Namibie. Le tarif d’une chasse au lion ou à l’éléphant se situe autour des 50 000 €.

DOMESTIQUE, le lien qui nous unit (Crédit : Laurent Baheux)
DOMESTIQUE, le lien qui nous unit (Crédit : Laurent Baheux)
Extrait p.144-145 : DOMESTIQUE, le lien qui nous unit

L’homme a classifié les animaux en fonction de leur degré de proximité par rapport à lui ou de la qualité de la relation : animal de compagnie, animal domestique, animal sauvage, animal nuisible. C’est signifier que ce lien de l’animal à l’homme compte pour ce dernier plus que l’animal en tant que tel.
 

Animalité, 12 clés pour comprendre la cause animale 
de Audrey Jougla et Laurent Baheux
Atlande éditions
19 euros
Date de parution : 20 mars 2018




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