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Partez en week-end à la ferme pour soutenir les producteurs

Se mettre au vert le temps d’un week-end tout en apportant un complément de revenu aux agriculteurs. Voilà le projet de “Oh la vache !”, qui a collecté 35 000 euros depuis son lancement fin 2017.

Par Pauline Vallée I Publié le 15 Janvier 2019


Pas question de se tourner les pouces ! Les invités participent à la vie quotidienne de la ferme. (Crédit : Oh la vache)
Pas question de se tourner les pouces ! Les invités participent à la vie quotidienne de la ferme. (Crédit : Oh la vache)

Le premier couple que l’on a accueilli, c’était des jeunes qui vivaient à seulement 15km de chez nous ! Ils achetaient même nos produits via ‘La ruche qui dit oui’.” Une drôle de coïncidence qui fait encore sourire Rémi et Victorien. Le couple d’agriculteurs, à la tête d’une exploitation maraîchère et d’élevage près de Rennes, a rejoint le réseau “Oh la vache !” au printemps 2018, quelques mois seulement après la création du projet.
 


Sur leur exploitation, Rémi et Victorien élèvent des races locales dont certaines sont en voie de disparition. (Crédit : Le Pré de la rivière)
Sur leur exploitation, Rémi et Victorien élèvent des races locales dont certaines sont en voie de disparition. (Crédit : Le Pré de la rivière)
Plusieurs fois par an, ils reçoivent des visiteurs dans leur ferme au cours d’un week-end immersif, où chacun est prié de mettre la main à la pâte ! En aidant à ramasser les oeufs ou à nourrir les animaux, les invités découvrent ainsi le travail quotidien de leurs hôtes. L’occasion de dégommer les idées reçues sur la profession et d’éduquer tout doucement au bien-manger.

Beaucoup de gens ne connaissent rien à l’agriculture. Ils ne reconnaissent pas forcément les légumes par exemple”, soulignent Rémi et Victorien. “Un couple nous a dit une fois qu’ils avaient plus appris sur l’agriculture en un week-end que le reste de leur vie."
 
Avec “Oh la vache !” on peut faire changer les mentalités. Sur la question du juste prix par exemple, c’est important que les consommateurs sachent les étapes de production d’un légume. lls se rendent ensuite compte que le choux acheté au supermarché n’est pas cher par rapport au boulot que qu’il a nécessité.

Chaque petit séjour leur rapporte 160 euros. Outre ses valeurs de partage et de pédagogie, “Oh la vache !” reverse en effet une partie du prix des séjours (entre 60 et 70 %) aux producteurs. 

Ce soutien financier ne doit cependant rester qu’un coup de pouce occasionnel, met en garde sa fondatrice Clara Béniac. Hors de question que les fermes se transforment en chambres d’hôte à temps plein.
 
“Accueillir des personnes en immersion au moins une fois par mois, c’est déjà bien. L’agriculture doit rester leur activité principale, nous ne voulons pas qu’ils se transforment en attraction touristique.”

Le goût de transmettre

L’idée d’”Oh la vache !” germe alors qu’elle séjourne elle-même dans une ferme en Allemagne. Ce séjour en woofing lui apporte tant que Clara Béniac veut trouver une solution pour offrir des rencontres authentiques à ceux qui manquent de temps et/ou de moyens pour partir pendant trois semaines. 

Aux côtés des agriculteurs, les visiteurs découvrent le travail derrière les produits qu'ils consomment au quotidien. (Crédit : Oh la vache)
Aux côtés des agriculteurs, les visiteurs découvrent le travail derrière les produits qu'ils consomment au quotidien. (Crédit : Oh la vache)
Lancé en en fin d’année 2017, “Oh la vache !” propose ainsi des séjours courte durée, à la journée ou sur le week-end, chez des producteurs partenaires. Une escapade à mi-chemin entre le woofing, où l'on travaille gratuitement en contrepartie du gîte et du couvert, et la simple mise au vert où les vacanciers se prélassent sans remuer le petit doigt

Les participants logent directement chez l’habitant et suivent un programme d’activités détaillé en ligne sur le site. Le tout pour des prix allant de 160 euros à 320 euros. 


Il y en a pour tous les goûts : fabrication de fromage de chèvres en montagne, taille de vignes en Champagne, maraîchage en permaculture, apiculture... et même un élevage de bisons dans le Vercors ! Si l’immense majorité du réseau pratique une agriculture biologique, le critère principal reste l’envie de transmettre et le goût de la rencontre.

Le label n’est pas obligatoire pour rejoindre notre réseau”, assure Clara Béniac. “Je pense par exemple à Frédéric, un producteur de cognac local qui gère une exploitation familiale en Charente. Même s’il ne fonctionne pas en bio, il a énormément à partager.












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