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Pas blême, ce HLM intègre une ferme urbaine

Par Emma Derome I Publié le 17 Mai 2018

En 2019, à Tours, "Les Jardins Perchés" sortiront de terre. Ce HLM d'un genre nouveau accueillera en son coeur une ferme maraîchère de 2000 m².


Ce ne sont pas les HLM qui vont aux champs, mais les champs qui viennent aux HLM (Crédit : Résidence Les Jardins Perchés et Tours Habitat)
Ce ne sont pas les HLM qui vont aux champs, mais les champs qui viennent aux HLM (Crédit : Résidence Les Jardins Perchés et Tours Habitat)
"Putain c'qu'il est blême, mon HLM!", chantait Renaud en 1980. Aujourd'hui, certains logements sociaux prennent des couleurs, et tirent même vers le vert.  “Les Jardins Perchés” est le nom d'un vaste projet d'HLM, à Tours (Indre-et-Loire), au coeur duquel sera construite une ferme maraîchère de plus de 2 000 m². Le but, "renouer un contact entre l’urbain et la culture maraîchère tout en créant du lien social”,  expliquent les dirigeants de Tour(s)Habitat, le bailleur social de l'immeuble, dans un communiqué de presse. 

Ce projet hybride est l’un des premiers en France qui prévoit dès sa conception de mêler habitat social et production maraîchère. Il vient de gagner le prix “Habitat” du concours européen organisé par “Le Monde Smart Cities” pour récompenser les innovations urbaines. Le jury a salué la démarche écologique et sociale du futur HLM.
 

Les habitants invités à jardiner

Composée de trois bâtiments de trois étages reliés par des passerelles aériennes, la résidence abritera 75 logements du T1 au T5 . À leurs pieds, un jardin avec 1 200 m² de surfaces cultivables et, sur les toits, 776m² de serres hydroponiques. Le tout sera exploité par un maraîcher professionnel, “sans pesticides”.

En plus de produire des denrées quasiment biologiques - impossible d'obtenir le label bio pour des produits cultivés hors sol - les serres devraient aussi “isoler la toiture et améliorer la performance énergétique des bâtiments”, souligne Grégoire Simon, directeur général de l’office HLM de Tours, interrogé par Le Monde. La consommation énergétique du bâtiment devrait être réduite de 20% par rapport à la réglementation en vigueur.

Et pour les habitants ? Tours Habitat promet que les volontaires seront associés à l’activité agricole. Un espace cultivable au sol leur sera destiné. Ils devraient aussi avoir"la possibilité de participer à des activités proposées par un maraîcher souhaitant partager et transmettre sa passion".  

Le coût total du bâtiment devrait approcher les 10 millions d'euros, selon Infos-Tours. Un projet pas simple à mettre en oeuvre : le maraîcher qui devait cultiver les espaces verts, Macadam Farm, a récemment abandonné le navire, en invoquant des “difficultés de pilotage et de gestion”. L’office HLM est la recherche d'un nouveau partenaire. 

Un modèle "reproductible"

Pour faire en sorte que le projet soit économiquement viable, Tours Habitat a fait appel, en autres, à des experts de l'INRA (l’Institut national de la recherche agronomique), de la chambre d’agriculture départementale et de Fermes d’avenir, une association qui propose une alternative écologique et locale à l’agriculture intensive. 

Le bailleur souhaite que le modèle de l'immeuble soit "reproductible" : "Il est libre de droit. L'objectif est de tester et de démontrer la viabilité du concept afin d’être copiés, critiqués, améliorés", poursuit le communiqué.

Écologique, social et nourricier, le concept de potager urbain est dans le vent, tant sur les toits, dans les parkings, ou au coeur des immeubles.

Dans des HLM, à Toulouse, un maraîcher s'est approprié de lui-même les espaces verts environnants, alors qu'à Sarcelles, ce sont les habitants de logements sociaux qui ont créé leur potager de toute pièce





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