Planète

Pollution plastique : 3 bateaux pour nettoyer les mers

Par Séverine Mermilliod I Publié le 14 Mai 2018

The Ocean Cleanup, le projet de nettoyage des océans du jeune néerlandais Boyan Slat, a annoncé son déploiement cet été. Alors que plusieurs millions de tonnes de déchets continuent d’être déversées dans les océans chaque année, des initiatives de ce type se multiplient pour dépolluer les eaux du globe. WeDemain vous présente trois d’entre elles.


Installation du prototype en mer du Nord, 2016. Crédits: The Ocean Cleanup
Installation du prototype en mer du Nord, 2016. Crédits: The Ocean Cleanup
Plusieurs millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetées chaque année dans les océans. Dans le Nord de l'Atlantique et du Pacifique, les courants marins en ont piégé une partie et formé deux immenses zones, souvent appelées "continents de plastiques". 

Sur la seule année 2010, selon une étude parue dans la revue Science, 8 millions de tonnes s’y sont ainsi accumulées. Alors plutôt que d’attendre que ces plastiques se dégradent lentement en de micro fragments polluants ingurgités par les animaux marins, des citoyens et associations ont décidé de prendre le problème à bras le corps.

1-The Ocean Cleanup : un barrage flottant qui récupère les déchets

WeDemain en parlait dès 2014 : The Ocean Cleanup, le projet du jeune ingénieur néerlandais Boyan Slat, pourtant critiqué à ses débuts, est entré dans une phase décisive. Il prendra la mer durant l’été 2018, et l’association a annoncé sur Twitter avoir assemblé la première section de 120 mètres de long (sur 600 au total), qui va être testée dans la baie de San Fransisco.

Le concept : récupérer les déchets plastiques grâce à un immense barrage flottant et mobile. Les 51 flotteurs sont attachés à des filets très fins en polyuréthane, pour capter les débris jusqu’à trois mètres de profondeur. Ils sont pour cela lestés par des ancres immergées à 600 mètres. Quand le système de récupération sera plein, le plastique sera extrait et chargé sur un bateau qui le ramènera sur la terre ferme pour recyclage. Grâce à ce procédé, The Ocean Cleanup estime pouvoir nettoyer 50% du vortex de déchets de du Pacifique nord en 5 ans.
 



2- Le projet Manta : collecter le plastique et le transformer en carburant

Le navigateur franco-suisse Yvan Bourgnon a fondé l’association The Sea Cleaners en 2016. Avec un projet derrière la tête : la création du Manta, un voilier quadrimaran collecteur de déchets.  Il en a présenté la maquette finale en avril, et le tout devrait être prêt dans quatre ans.

Le Manta fera 49 mètres de large et 70 de long. Des tapis roulants situés entre les coques du navire vont aspirer les déchets à environ un mètre de profondeur. Ces derniers seront ensuite compactés et stockés. Avec un défi majeur : faire avancer le bâtiment grâce aux énergies renouvelables. Le plastique collecté sera donc réutilisé comme carburant du navire, qui fonctionnera par ailleurs grâce aux voiles et à quatre moteurs alimentés par énergie éolienne et solaire.

Ce projet pharaonique a toutefois un coût, estimé à 25 millions d’euros. Quelque 25% des fonds ont été réunis pour le moment.
 



3-Plastic Odyssey : un catamaran écologique qui s'attaque au problème à la source

Comme le Manta, ce bateau va être propulsé grâce au recyclage et aux énergies renouvelables. Les deux fondateurs sont français : Simon Bernard et Alexandre Dechelotte en sont arrivés à la conclusion que le plastique a trop de valeur économique pour être jeté et laissé à l’abandon dans l’océan. Pour cela, ils ont imaginé un catamaran écologique, qui va partir en 2019 pour trois ans autour du monde, grâce aux énergies renouvelables et au recyclage des déchets.

"Des centaines de personnes pourraient collecter du plastique pour vivre tout en nettoyant les côtes par la même occasion, évitant ainsi que les plastiques finissent dans l’eau", expliquent-ils. À chaque escale, ces derniers seront ramassés à terre puis triés et réutilisés à bord comme carburant par pyrolyse, qui permet de produire un litre de combustible par kilo de plastique traité.
Autant de projets évalués à des millions d'euros, ce qui leur a valu des critiques de la part d'écologistes pour qui la lutte contre les déchets plastiques passe avant tout par l'éducation, qui aurait pu bénéficier de cet argent. 
Mais comme le rappelle Boyan Slat, les deux combats sont à mener de front car le plastique déjà présent dans les océans est voué à se dégrader en micro-débris, qui contamineront toute la chaîne alimentaire.
 











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